Congo-Kinshasa: Réhabilitation des agents de l'Etat révoqués ou admis à la retraite - Seul le chef de l'Etat est compétent

23 Octobre 2019

Hier vers 9h30', des centaines d'agents des ministères des Finances, Budget, Agriculture, Affaires Etrangères, Transports et Communications, Santé Publique, Economie, Culture et Arts, ainsi que ceux des Régies génératrices des recettes financières, à savoir, DGRAD, DGI, DGDA se sont donné rendez-vous devant le nouveau bâtiment pimpant neuf situé sur l'avenue Batetela.

Portant et exhibant des calicots, banderoles et effigies de leurs directions respectives, ils ont dansé et chanté à tue-tête pour revendiquer ce qu'ils considèrent comme leurs droits acquis. Particulièrement ceux concernant leurs décomptes finals, salaires non payés depuis leurs révocations arbitraires, à ce jour dix à onze ans. Malgré la forte pluie qui s'est abattue sur la ville, ces pères et mères des familles nombreuses ont tenu le coup.

On a observé trois groupes d'hommes et femmes d'un certain âge. Ces agents de carrière dénonçaient avoir été révoqués abusivement par les ordonnances présidentielles irrégulières du 31 juillet 2009 et 2 janvier 2010.

A ce sujet, l'opinion se rappellera les cris de cœur lancés par des compatriotes victimes de ces décisions arbitraires. On avait remarqué des compatriotes qui n'avaient pas encore atteint l'âge légal pour être déclarés admis à la retraite légale et honorable. D'autres avaient été purement et simplement révoqués sans autre forme de procès et sans motif valable.

Des pères et mères des familles s'étaient retrouvés, sans avoir été prévenus, jetés dans la rue comme de vulgaires malfrats. Bon nombre d'entre eux sont décédés car, surpris, par des crises d'hypertension artérielle ou devenus handicapés physiques pour le reste de leur vie sur terre. Que de familles disloquées, d'enfants chassés de leurs écoles, faute des moyens financiers pour payer les frais scolaires at académiques ainsi que les fournitures scolaires.

Comme d'habitude, pour classer un dossier, l'on recourt à une commission technique interinstitutionnelle de recours qui va aller de recours en recours jusqu'à fatiguer les intéressés et la question principale sera classée sans suite dans les méandres des dossiers administratifs ou jetés aux poubelles.

Pour ce dossier de revendications des agents de carrière, cela fait dix ans que ces infortunés pères et mères des familles battent le pavé des ministères concernés sans que leurs doléances ne soient résolues.

Mieux, les différentes directions compétentes n'ont pas pris le soin de saisir l'autorité compétente, à savoir le Chef de l'Etat, car c'est par ordonnance que ce dernier nomme, révoque ou décide de la mise à la retraite des agents de carrière de l'Etat. Chacun des ministres saisis s'est contenté de se croire compétent pour proposer des voies de solution aux problèmes posés.

Pourtant, connaissant la voie royale à suivre, les ministres saisis auraient dû s'adresser directement au chef de l'Etat et non le considérer comme ampliateur, avec comme risque de violer inutilement la constitution en cours.

Seul le chef de l'Etat est compétent...

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat l'a si bien compris qu'il signale que la copie lui adressée lui est parvenue et à l'occasion, il m'a chargé de relever ce qui suit : « il est tout à fait équitable et normal que ces cadres et agents qui auraient dû être réintégrés dans leurs grades et fonctions depuis plus de dix ans le soient maintenant en attendant les Ordonnances de régularisation actuellement en préparation au niveau des services de la Présidence de la République ». Pour cela, tous les responsables de l'Administration Publique dont relèvent ces cadres et agents dont les recours ont été jugés recevables et fondés par la commission interinstitutionnelle doivent être replacés dans les services respectifs. Quant à ceux qui avaient été admis irrégulièrement à la retraite, qu'ils soient réintégrés pour une durée de deux ans en attendant leurs décomptes finals. F.M.

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