Maroc: La presse malmenée par les "siens" - Quid de l'éthique et de la déontologie ?

USFP : Pourquoi la réconciliation ?

De l'éthique, de la déontologie, de la crédibilité, ils n'en ont cure.

Si seulement cela s'appliquait à cette ribambelle de scribouillards qui se sont improvisés journaleux au gré du foisonnement de sites électroniques trop peu scrupuleux ! Le comble, c'est quand un quotidien connu de la place et qui a pignon sur rue se hasarde à faire dans le mensonge, dans la diffamation et l'intox.

Les militantes et les militants ittihadis, qui se sont réunis récemment à Casablanca dans le cadre des préparatifs de la célébration du 60ème anniversaire de l'USFP, étaient les premiers à s'étonner du contenu d'un «article» supposé être journalistique qui était truffé de contre-vérités et autres balivernes et dans lequel la mauvaise foi était plus que manifeste. Comment, nom de Dieu, un individu qui se prétend journaliste peut-il se permettre de se ridiculiser de la sorte et porter un coup assassin à la plus noble des professions?

Impensable. A moins que l'on soit téléguidé grave. A moins que l'on ne soit pas plus qu'un pantin, maniable à souhait par un commanditaire véreux. Et dans ce cas, il faut penser à changer dare-dare de métier.

Et que dire d'un autre illuminé qui s'en est allé inventer tout un scénario à dormir debout ?

De sa tour d'ivoire, il croit tout voir. Même ce qui se passe dans la cour, à côté ou bien au-delà!

Dans le remaniement du gouvernement, il aurait vu ce que personne d'autre n'a été en mesure de voir, pour la simple raison que c'est tout bonnement une invention de son esprit (... ).

Il a poussé le génie fabulateur, l'indécence plutôt, jusqu'à attribuer à des sommités ittihadies, des leaders connus pour leur probité, leur dignité et un respect profond des institutions des actes qui ne cadrent nullement avec leur sagesse, leur sagacité et leur personnalité.

Mais, et c'est connu, depuis l'ère des temps, l'USFP dérange ces gens mal intentionnés. Leur problème, c'est qu'il continuera à le faire dans le seul intérêt du pays et celui des forces populaires.

Libération

USFP : Pourquoi la réconciliation ?

L'USFP organisera le 29 de ce mois au Théâtre Mohammed V à Rabat les festivités commémorant le 60ème anniversaire de l'Union nationale/Union socialiste des forces populaires (1959). Une manifestation qui revêt une forte charge symbolique pour l'ensemble des Ittihadis et qui reflète une volonté politique aspirant à lancer une dynamique de renaissance renouvelée : une dynamique de renouveau et de réouverture.

1- La signification de la célébration du 60ème anniversaire du parti va dans le sens de l'étroite liaison entre l'anniversaire de la naissance de l'USFP et la mémoire de son militantisme tout au long de six décennies.

- La tenue de la réunion des Universités unies du parti de l'Istiqlal en janvier 1959, puis la constitution de l'Union nationale des forces populaires en septembre de la même année ont été une annonce retentissante de l'adhésion des forces populaires du pays dans un projet sociétal, moderniste et progressiste qui répond aux exigences de la nouvelle étape qu'avait abordée notre pays. L'étape de la consolidation de l'indépendance et la mise en place des fondamentaux du développement, tout en étant en harmonie avec les dispositions de la modernité et les exigences du progrès économique et social escompté.

- Tout au long de la phase constitutive (1959-1963), la mémoire militante de l'Ittihad a été marquée par des épopées dont la plus notoire a été le bilan du gouvernement progressiste présidé par feu Moulay Abdellah Ibrahim, et auquel a participé le ministre de l'Economie et des Finances, feu Abderrahim Bouabid.

- L'expérience de ce gouvernement a constitué une phase riche en réalisations économiques, sociales, financières et monétaires, ce qui a permis au Maroc de consolider son indépendance politique, et ce en libérant son économie et ses finances de la dépendance vis-à-vis de l'Etat colonisateur, d'une part, et en instaurant une stratégie prometteuse de développement national autonome, via des réformes structurelles, institutionnelles, agraires et éducatives d'autre part.

- L'histoire militante du parti a été rehaussée par la résistance et les sacrifices consentis par les Ittihadis au cours de l'étape suivante (1963-1974), pour défendre des revendications ayant trait à la démocratie, aux droits de l'Homme et à la justice sociale.

Face aux divergences et déchirements qu'a connus le mouvement ittihadi liés à la conjoncture d'après juillet 1963 d'une part, et aux changements politiques et développements géostratégiques ayant caractérisé la situation nationale, à commencer par la bataille de libération du Sahara marocain d'autre part, l'USFP n'a pas hésité à franchir une nouvelle étape dans son parcours militant : l'étape de la reconstitution ittihadie (janvier 1975), en réponse aux exigences d'une nouvelle étape historique dans le cadre d'une stratégie de militantisme démocratique, comme l'avait adoptée le Congrès national exceptionnel.

- Lors de cette étape cruciale, la mémoire militante de l'USFP a connu des épopées de militantisme national en faveur de l'intégrité territoriale, de la réforme constitutionnelle et du redressement du processus démocratique.

Pour la concrétisation de ses objectifs nationaux vitaux qui reflètent les principes et les valeurs encadrant le militantisme de l'USFP, le parti n'a pas hésité à assumer pleinement ses responsabilités, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur des instances gouvernementales, particulièrement lors de la nouvelle ère prometteuse que connaît le Maroc sous la conduite éclairée de S.M le Roi Mohammed VI.

2- La commémoration du 60ème anniversaire de l'USFP reflète une forte volonté politique visant à œuvrer avec détermination au lancement d'une nouvelle dynamique qui répond aux exigences des profonds changements sociétaux que connaît notre pays aujourd'hui. Cette nouvelle étape, l'étape de la résurrection et de l'ouverture, traduit l'interaction positive et constructive entre l'orientation militante ancrée du parti et les exigences du redressement de la situation nationale aux niveaux politique et social.

- L'importante initiative lancée, il y a quelques semaines, par le Premier secrétaire de l'USFP, Driss Lachguar, s'inscrit dans ce contexte. Elle consiste à appeler à une réconciliation globale et constructive inspirée par l'esprit et les valeurs du militantisme ittihadi, d'une part, et qui permet d'autre part de scruter l'horizon de la transformation politique souhaitée dans un Maroc de démocratie, de développement, de modernité et de progrès.

- De ce fait, le devoir de respect et de fidélité aux principes et aux valeurs nobles qui ont fondé la création de «l'Union nationale/ l'Union socialiste des forces populaires», tracé son parcours politique et établi sa ligne militantiste dans les différentes étapes exige que les Ittihadi(e)s s'unissent de nouveau sur la base des mêmes principes et valeurs qui ont fait de leur parti un formidable exemple de fidélité et d'engagement envers les causes du peuple et de la nation, quel que soit le coût du sacrifice et de l'altruisme.

- Il va sans dire que le fait de parvenir à une réconciliation ittihadie consiste à tourner la page des différends conjoncturels qui relèvent désormais du passé et à briser les barrières psychologiques qui ont jusqu'à présent empêché la réintégration de nombreux cadres et militants dans leur parti. L'initiative de réconciliation s'inscrit sans aucun doute dans le cadre du renforcement de la dynamique d'ouverture et d'intégration des catégories et potentialités vives de la société, notamment les cadres professionnels, les intellectuels, les jeunes, et les mouvements sociaux, ouvriers, de femmes, et d'étudiants, etc.

Loin de toute polémique et des attitudes nihilistes qui ressassent la thèse du déclin de la gauche en tant que choix progressiste lié aux revendications des larges couches sociales et à leurs aspirations à la démocratie, au développement et à la justice sociale, le problème de la gauche réside principalement dans la crise des militants de la gauche eux-mêmes qui ont été isolés de la dynamique collective et ont réduit l'affiliation à la gauche au simple fait d'entonner des slogans et de prononcer des jugements gauchistes, au lieu de faire avancer leur projet sociétal de la gauche avec toutes ses composantes intellectuelles et militantes.

3 - Face aux composantes du champ partisan national qui ne remplissent pas leurs obligations constitutionnelles et qui ne s'acquittent pas activement de leurs tâches politiques et militantes, notre pays est aujourd'hui dans l'urgente nécessité d'établir un pôle politique, partisan, moderniste et progressiste capable de combler le fossé grandissant entre la classe politique partisane, renfermée sur elle-même, et les forces populaires motivées, et puis d'assurer une réponse efficace aux besoins fondamentaux et aux attentes légitimes du peuple, en plus d'explorer un nouvel horizon et d'adopter de nouvelles approches pour l'encadrement politique de la société et la mobilisation de ses forces vives, afin de poursuivre le processus de changement, de modernisation et de développement.

Dans ce cadre, l'Union socialiste des forces populaires qui a été fondée et s'est développée dans un environnement militant pour la consolidation de la démocratie, la réalisation de la justice sociale, l'adoption des moyens de développement global et le renforcement de l'Etat de droit et des institutions, réaffirme sa ferme volonté de renforcer les ponts de communication et les dynamiques d'interaction avec les forces vives du pays, avec lesquelles elle est liée par une charte de cohésion et de militantisme. Et ce dans le but d'élever le pays au plus haut niveau de développement et de progrès en termes de sécurité, de stabilité et de prospérité ...

C'est une grande responsabilité et une noble mission que tou(te)s les Ittihadi(e)s doivent impérativement assumer pour gagner le pari du progrès et de la modernité et pour garantir un avenir radieux aux générations futures.

L'Ambassadeur Mohamed Lakhssassi

Rabat 19 octobre 2019

(Traduit par la rédaction)

Le parti des forces populaires

L'UNFP trouve son origine première dans le Mouvement du 25 janvier, c'est-à-dire la révolte de l'aile gauche de l'Istiqlal contre la direction du parti et notamment contre son attitude vis-à-vis du gouvernement Abdallah Ibrahim.

Le Congrès fondateur du parti des forces populaires a eu lieu le 6 septembre 1959 au cinéma Kawakib à Casablanca avec la participation de nombreuses organisations anciennement rattachées à l'Istiqlal, dont les Comités régionaux des fédérations unies, les représentants de l'UMT, et des délégués de l'Union marocaine de la jeunesse et de l'UNEM.

Le Congrès déboucha sur une résolution demandant aux signataires de "renoncer à leurs affiliation et couleur politiques, pour fonder, dans un climat de sincère fraternité, l'Union nationale des forces populaires».

La suite de l'histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Loin s'en faut. La répression qui s'est abattue sur le parti fut violente. Arrestations, procès, enlèvements, envois de colis piégés égrenèrent la vie de ce parti et eurent comme points d'orgue la déclaration de l'état d'exception et les années de plomb.

A l'aube des années soixante-dix, l'histoire s'accéléra.

Le 15 septembre 1974, le Comité central a tenu, en effet, une importante session à Rabat pour étudier la situation du parti. Pour mettre fin à tout amalgame, il a décidé de changer le nom du parti en Union socialiste des forces populaires, délimité les responsabilités des instances du parti et précisé que l'USFP a agi dans le cadre de la légalité en vue de l'élargir et que c'est la politique de répression et d'étouffement des libertés qui a constitué une violation de la légalité.

Quelques mois plus tard, et précisément le 10 janvier 1975, les assises du Congrès extraordinaire ont été ouvertes, à Casablanca.

Le Congrès a défini, clairement, les options de l'USFP et fait la liaison entre les trois volets de sa lutte : la libération, la démocratie et le socialisme. Il a élu une direction homogène sous la direction d'Abderrahim Bouabid, et élaboré un projet sociétal, une vision de l'avenir, un programme économique et social. Le Congrès a constitué un tournant historique qui a abouti à l'option démocratique.

L'histoire a démontré qu'il s'agit d'un programme qui s'inscrit dans le long terme qui a nécessité un travail de longue haleine. La preuve en est que ses fruits ne sont apparus qu'au cours des années 90 et ont abouti aux réformes constitutionnelles et économiques, à l'alternance consensuelle et, partant, à la réforme constitutionnelle de 2011 et à l'alternance par les urnes.

La décision du 30 juillet fut importante parce qu'elle avait conduit au choix de la lutte démocratique qui a mis le Maroc sur la voie du développement et du changement, et permis de mettre en lumière les valeurs démocratiques, les droits de l'Homme, les libertés publiques, l'équité et la modernité.

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