Botswana: Elections générales au scénario inédit

Photo: Twitter/ Dr. Mokgweetsi E.K Masisi
Mokgweetsi Masisi, le président sortant gagne les élections au Ghana
23 Octobre 2019

Le scrutin de ce mercredi se déroule dans un contexte inédit dans le petit pays d'Afrique australe. L'ancien président a mené campagne contre son successeur, et l'opposition espère en profiter.

C'est jour d'élections générales ce mercredi 23 octobre au Botswana. Une démocratie considérée comme l'une des plus stables sur le continent. Et pourtant, le scénario est inédit. L'ancien président, Ian Khama, s'oppose ouvertement à son successeur et il mène même une fronde contre lui parlant de "menace contre la démocratie". Une situation originale : les 2,2 millions d'habitants du pays sont en effet habitués à des campagnes plus calmes.

Depuis l'indépendance en 1966, le Parti démocratique du Botwsana (BDP) gère le pays. Alors qu'un changement soit possible aujourd'hui surprend dans la population. "Il y a un transfert de pouvoir d'un régime à l'autre, d'un chef à l'autre, qui n'est pas aussi simple que le transfert auquel nous sommes habitués", raconte Gladys Mokhawa, professeure en sciences politiques à l'université du Botswana.

Issue incertaine

Mais si le BDP et Mokgweetsi Masisi au pouvoir semblent affaiblis, tout n'est pourtant pas gagné pour l'opposition. Car le fait que Ian Kama, l'ancien président (il a démissionné au printemps dernier, cf tweet ci-dessous) appelle à voter pour le parti d'opposition de gauche, Coalition pour un changement démocratique (UDC), ne profite pas forcément au parti. Cela pourrait même repousser une partie des électeurs. "Duma Boko a été critiqué en tant que dirigeant de l'UDC pour avoir permis à Ian Khama de soutenir l'UDC et de continuer à se déplacer avec eux lors des rassemblements parce qu'il a été l'un des plus grands critiques de l'administration commune sous son règne", explique encore Gladys Mokhawa.

Le deuxième plus gros syndicat qui soutient normalement le parti UDC a lui aussi pris ses distances et se dit neutre cette année. D'où une élection très disputée à l'issue incertaine.

Stabilité malgré tout

Le positif dans cette histoire, c'est que quelque-soit le résultat, la stabilité du Botswana ne devrait pas être menacée, contrairement à ce qu'on voit parfois dans d'autres pays sur le continent. Le Botswana a de solides bases démocratiques, reconnues internationalement depuis longtemps.

"Au cours des 30 premières années, on a construit, partant de rien, une démocratie parlementaire, une démocratie de partis avec toutes les institutions qu'on imagine dans une démocratie : un parlement et une juridiction indépendante, un exécutif, une bureaucratie très indépendante de la politique, un gouvernement vraiment honnête, qui a réinvesti dans le pays les recettes des mines et surtout l'industrie diamantaire, construit des routes, construit des écoles et un système de santé et tout ce qui s'y rattache", explique Ulrich Golszinski, le directeur du bureau de la fondation allemande Friedrich Ebert Stieftung à Gaborone.

Le président sortant Mokgweetsi Masisi assure d'ailleurs qu'il respectera le verdict des urnes. 900.000 Botswanais sont appelés à se prononcer aujourd'hui. Résultats attendus pour la fin de la semaine.

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