Congo-Kinshasa: Force interarmées RDC-Rwanda-Ouganda-Burundi - Divergence des vues à l'Assemblée nationale

Des documents attribués à l'État-major des FARDC et qui auraient fuité laissent entrevoir l'organisation des opérations militaires conjointes entre la RDC, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi contre les groupes armés qui écument l'Est de la RDC.

La question suscite moult réactions dans l'opinion. La surprise, c'est que le député MS-G7 (Opposition) Christian Mwando soutient une telle initiative moyennant quelques cadrages alors que le député CACH (pouvoir) Juvénal Munubo s'y oppose. Il a même déjà amorcé une initiative de contrôle parlementaire sur la question.

Invité du magazine d'analyse politique « Act'U » de la télévision Univers Groupe, le député national Christian Mwando appuie l'initiative des opérations militaires conjointes RDC-Rwanda-Burundi-Ouganda contre les groupes armés étrangers et locaux encore actifs dans l'Est de la RDC.

Pour l'élu de Moba et Kalemie dans le Tanganyika, une telle coalition permettra à ces Etats d'arrêter de se rejeter la balle sur les actions à mener pour ramener la paix que recherche les populations dans la partie Est de la RDC. « Je pense que cette coalition est une nécessité. Il y a des groupes armés qui viennent de l'Ouganda, les ADF, etc., qui viennent opérer au Congo et, de fois, traversent vers l'Ouganda. Il y a des groupes qui viennent du Rwanda, opèrent au Congo et qui attaquent aussi le Rwanda. Il y a des groupes qui sont au Burundi qui attaquent le Congo et vice-versa. Il est temps que les gens du côté de l'Est du pays vivent en paix. Et cette coalition va empêcher que ces Etats continuent de se rejeter la balle. Si cette coalition est constituée, et si par exemple les ADF sont traqués au Congo et fuient vers l'Ouganda, puisque nous serons en coalition avec l'armée ougandaise, nous pourrons les poursuivre jusqu'en Ouganda. Si c'est du côté du Rwanda, la même chose. Je crois que cette coalition est indispensable pour mettre fin et arrêter les faux-fuyants »,a-t-il souligné.

Néanmoins, le soutien de Christian Mwando à la démarche militaire est conditionnel. A ce sujet, il a ajouté ce qui suit : « Cette coalition ne pourra marcher véritablement que si le commandement du côté congolais à l'Est est changé par des unités fraîches, des commandants frais qui ne sont pas impliqués dans toutes les magouilles qui se déroulent à l'Est. C'est la condition sine qua non, sinon on va arriver aux mêmes résultats avec les mêmes commandements qui vont livrer les plans, qui vont trahir et indiquer des positions et on n'arrivera à rien. Je suis d'accord pour cette coalition, mais commençons par changer le commandement et les troupes à l'Est ».

Une question orale avec débat adressée au ministre de la Défense

De son côté, le député UNC (CACH), Juvénal Munubo s'est montré très critique sur son compte twitter avant d'enclencher une action de contrôle parlementaire. « Autoriser l'entrée des troupes rwandaises, ougandaises et burundaises en RDC, c'est une bêtise qu'il faudra absolument éviter. L'apport de nos voisins doit se limiter à l'échange des renseignements pour combattre les rebelles FDLR, ADF et FNL et pas d'opérations conjointes », a-t-il réagi.

Dans la foulée, l'élu de Walikale (Nord-Kivu) a transmis depuis lundi 21 octobre au bureau de l'Assemblée nationale, sa question orale avec débat adressée au ministre de la Défense et Anciens combattants.

Dans sa démarche, Juvénal Munubo veut d'abord se rassurer de l'évidence de ces opérations militaires. Et si oui, il attend du ministre un éclairage suffisant sur les motivations, les objectifs, les approches et les finalités de cette initiative.

Quel sera donc le rôle de la Monusco dans un tel scénario ? La voix de la mission onusienne en RDC a été donnée. « Notre mandat ne nous le permet pas. C'est un mandat avec la priorité des protections des populations civiles qui passent par un soutien aux FARDC. Ce qui exclut un soutien à une coalition régionale. Notre plus grande préoccupation, c'est de protéger les populations civiles, s'il faut le faire pour une coalition régionale, ça ne dépendra pas de nous. C'est le Conseil de sécurité qui doit nous mandater à ce sujet », avait précisé Florence Marchal, porte-parole de la Monusco.

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