Congo-Kinshasa: Désarroi et grincements de dents se conjuguent après les pluies diluviennes

Les Kinois sont anxieux, dès qu'une pluie s'annonce. Car, à chaque pluie, les dégâts sont enregistrés dans les quartiers, surtout ceux de la banlieue.

Le spectacle est désolant, après chaque pluie diluvienne qui s'abat sur la ville de Kinshasa. C'est le cas, du mardi 22 octobre. Si elle n'a pas causé mort d'hommes, la pluie diluvienne a à tout le moins provoqué d'importants dégâts matériels.

Les Kinois se sont réveillés avec un temps relativement calme. Alors qu'ils espéraient vivre un beau temps pendant la journée, après la pluie qui s'était abattue auparavant la nuit, comme dit-on, une autre, avec beaucoup plus d'intensité, a débuté vers 8 heures du matin. Cette pluie a pratiquement pris de court beaucoup de personnes qui traînaient encore chez elles. Les rues et avenues étaient inondées au point qu'il était difficile, voire impossible de les emprunter.

Les eaux de pluie en furie ont débordé des caniveaux sous-dimensionnées dans certaines communes. C'était le cas notamment à Binza-Ozone (Ngaliema), sur le boulevard du 30 Juin à son croisement avec l'avenue des Forces armées (ex-avenue du Haut commandement), sur le tronçon de l'avenue Libération (ex-avenue du 24 Novembre) séparant les communes de Bumbu et Selembao, sur l'avenue Gambela, dans son tronçon compris entre les avenues Sandoa et Momboyo, dans la commune de Kasa-Vubu.

D'autres qui étaient hors de leurs maisons avant la tombée de la pluie, ont vécu un véritable calvaire parce que, soit bloqués dans un embouteillage à bord de bus et obligés de prendre leur mal en patience, soit ayant cherché refuge dans un endroit, peu importe les conditions, l'essentiel étant de ne pas être mouillé.

Les Kinois qui habitent les quartiers où il pleuvait abondamment craignaient pour leur vie au cas où il y avait éboulement de terrain, inondation ou écroulement d'un pan d'un mur de leur maison ou de celui du voisin.

Si du côté humain, aucun mort ni blessé n'ont été enregistrés, du moins officiellement, le bilan matériel est lourd.

En effet, les abords de la rivière Lukunga, au niveau du pont jeté sur l'avenue qui conduit vers Kimbwala et Don Bosco, ont cédé. Le glissement de terrain menace d'emporter les maisons environnantes. C'est donc la panique qui a gagné leurs propriétaires à l'idée qu'ils vont devenir, avec les membres de leurs familles respectives, des sans-logis.

Avec la pluie qui s'est abattue sur la capitale mardi dernier, les eaux ont ramollila terre au point que cette avenue est devenue impraticable. Les véhicules et les motos-taxis patinaient. Le spectacle amusait les enfants mais non les adultes qui ne cessaient de se plaindre des conditions difficiles auxquelles la population de ce coin de la capitale est confrontée. Et cela depuis des années.

Non loin de ce pont, c'est-à-dire dans les parages du saut-de-mouton en construction à l'arrêt Pompage, les gens ont marché dans la boue et salir les pieds, pour ceux portant des sandales ou babouches et les souliers pour ceux qui étaient chaussés.

A l'arrêt DGC, à Binza-Ozone, toujours dans la commune de Ngaliema, la circulation des véhicules avait été ralentie à la suite du débordement des eaux du caniveau érigé le long de la Route de Matadi, dû à son sous-dimensionnement. Des gens ont dû marcher en file indienne pour se frayer un chemin. Cela pour éviter de se faire mouiller par l'éclaboussement des eaux projetées par des chauffeurs pressés.

Au croisement du boulevard du 30 juin à son croisement avec l'avenue des Forces armées, il y a eu inondation. Les conducteurs des véhicules ont eu à se frayer un chemin. Certains, qui craignaient voir les carburateurs de leurs véhicules trempés d'eau, ont dû déserter le boulevard du 30 juin. « Nous n'arrivons pas à comprendre qu'à la moindre pluie diluvienne à Kinshasa, il y a inondation à cet endroit, malgré les travaux de réhabilitation effectuée dans le cadre des 'Cinq chantiers', initiés par le régime Kabila. Travaux qui ont été exécutés par une société de construction chinoise », s'est plaint un conducteur de taxi-bus desservant le trajet DGC-Marché central de Kinshasa.

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