Congo-Kinshasa: Industries extractives - Félix Tshisekedi fait une offre à Poutine

Pays aux immenses ressources naturelles, la République démocratique du Congo ne profite pas de son industrie extractive. Entre 2010 et 2014, sur les 48 milliards Usd des revenus générés par les industries minières et pétrolières de la RDC l'Etat n'en a tiré que 6,9 milliards USD. Un déséquilibre que Félix Tshisekedi entend corriger.

Présent à Sotchi au forum Russie - Afrique, Félix Tshisekedi demande que des industries de transformation des minerais soient installées en RDC.

Malgré toutes les mesures de libéralisation engagées depuis 2002, dont la promulgation d'un Code minier et d'un nouveau Code forestier, sans compter le Code des hydrocarbures, la République démocratique du Congo ne profite pas de son industrie extractive. Dans le secteur minier, le boom minier qui a fait suite à la promulgation d'une nouvelle législation minière ne profite pas à l'Etat.

Dans les faits, les retombées de l'industrie minière et pétrolière sont minimes. Pour illustration, entre 2010 et 2014, sur les 48 milliards des revenus générés par les industries minières et pétrolières présentes en RDC, l'Etat n'en a tiré que 6,9 milliards USD. Pour le chef de l'Etat Félix Tshisekedi, il est temps d'inverser cette tendance en imposant une répartition juste et équitable des revenues des industries extractives. C'est le cri de cœur qu'il a lancé, hier jeudi, dans son intervention au forum Russie - Afrique.

Décidemment, Félix Tshisekedi n'a pas prêché dans le désert. Son message a heurté la sensibilité du président russe, Vladimir Poutine. En effet, le président russe a pleinement donné raison à Félix Tshisekedi. Il partage sa vision selon laquelle la RDC doit finalement profiter de ses immenses ressources naturelles. En cette matière, a dit Poutine, la Russie a une expérience qui pourrait inspirer les dirigeants de la RDC. Le président russe est convaincu que parvenir à une « répartition juste » des revenus des industries extractives est possible. La Russie, dit-il, est passée par là entre les années 1990 et 2000 en renégociant les accords de concession qui la liait à ses partenaires.

Si la Russie a réussi à récupérer le contrôle de l'exploitation de ses ressources naturelles, Félix Tshisekedi pense que rien ne pourrait empêcher la RDC d'emprunter la même voie. Certes, le président congolais accorde plus d'importance à l'agriculture, laquelle devrait, selon lui, avoir le « primat » sur les mines. Il est temps, note-t-il, que la RDC et son peuple profitent des ses ressources naturelles.

A Sotchi, Félix Tshisekedi a tendu la main à la Russie pour la mise en œuvre d'un nouveau modèle d'exploitation des ressources naturelles où la RDC trouvera son compte. Son souhait est que cette exploitation se fasse de manière juste et équitable, à l'instar de ce qu'a fait la Russie. Prudent, il a indiqué qu'il attend « demeurer en dehors des rivalités des puissances mondiales ». Sa seule motivation est de donner la chance à la RDC de profiter de ses immenses ressources naturelles.

Albert Yuma doit se frotter les mains

Le point de vue défendu à Sotchi par le chef de l'Etat a trouvé du répondant dans le combat que livre actuellement Albert Yuma, président du Conseil d'administration de la Gécamines. Depuis un temps, Yuma se bat pour la renégociation de divers partenariats qui lient la Gécamines et dans lesquels l'Etat n'a tiré que de maigres revenus. Albert Yuma n'arrête de clamer que les choses doivent changer pour que la RDC trouve enfin son compte dans l'exploitation de ses ressources minières.

Apparemment, il émet sur la même longueur d'ondes que le chef de l'Etat qui, à Sotchin a relevé que la Russie de Poutine est parvenue à imposer sa loi dans le secteur.

Il faut cependant reconnaitre que la RDC n'est pas la Russie. Là où Moscou réussi à faire plier les puissantes multinationales, il n'est pas évident que Kinshasa y parvienne sans heurts.

Quoi qu'il en soit, Félix Tshisekedi a fait une offre à Poutine pour rationaliser le secteur de l'industrie extractive. Reste cependant à concrétiser le nouveau partenariat qui se met en place entre Moscou et Kinshasa pour le grand bonheur du peuple congolais.

En attendant d'y parvenir, le chemin à parcourir est parsemé d'embûches et de divers obstacles à franchir. On a encore frais en mémoire la grande détonation à l'échelle internationale qu'ont eue en 2007 les contrats « mines contre infrastructures » signés avec la Chine. En sera-t-il encore le cas avec ce qui se prépare entre la RDC et la Russie ? Difficile à dire pour l'instant.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.