Congo-Kinshasa: La RDC appelée à parachever le processus de ratification de la Convention de Kampala

Débutée le 22 octobre, la Conférence internationale sur les solutions durables aux situations de déplacement en RDC s'est clôturée ce jeudi 24 octobre 2019 à Kinshasa. Parmi les recommandations formulées, à l'issue de cette importante réunion humanitaire, il a été recommandé à la RDC de parachever le processus de ratification de la convention sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées internes, en déposant les instruments de ratification auprès de la commission de l'Union africaine (UA).

Le Vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, Gilbert Kankonde Malamba a clôturé, le jeudi 24 octobre 2019, les travaux de la conférence internationale sur les solutions durables aux situations de déplacement en République démocratique du Congo (RDC).

Plusieurs thèmes ont été développés par les professeurs, les experts des ministères, les fonctionnaires des Nations Unies, le Comité International de la Croix rouge (CICR) et les autres intervenants de l'administration. Et à l'issue de ces travaux de trois jours, les parties prenantes ont adopté une feuille de route commune, tout en formulant quelques recommandations aux uns et aux autres.

À l'État congolais

Au gouvernement congolais, les conférenciers recommandent, entre autres,de parachever le processus de ratification de la convention sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées internes (dite Convention de Kampala), en déposant les instruments de ratification auprès de la commission de l'Union africaine (conformément à l'article 16 alinéas 2 de la Convention de Kampala).

Il est demandé aussi à l'État congolais d'organiser le recensement biométrique national de la population ;de mettre en œuvre le Pacte de la CIRGL et ses protocole notamment ; adopter une loi spécifique sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées internes accompagnée, d'une politique nationale ainsi que d'un cadre d'application ; organiser un programme d'information et d'éducation sur la convention de Kampala à l'attention des acteurs de la Société civile, des déplacés internes et des communautés hôtes y compris la traduction de la convention de Kampala dans les 4 langues nationales ; financer la stratégie nationale sur les solutions durables ; s'attaquer aux problèmes de développement qui se posent dans les situations de déplacement interne ;...

Aux acteurs humanitaires, de développement et de paix

À l'intention des acteurs humanitaires, de développement et de paix, les participants ont recommandé de poursuivre auprès du gouvernement de la RDC, le plaidoyer en faveur de la ratification, de l'intégration et de la mise en œuvre intégrale de la Convention de Kampala ;d'encourager les dialogues communautaires et identifier tous les acteurs politiques qui jouent le rôle de tireur de ficelle afin de perpétuer les conflits ; de promouvoir un leadership et une coordination interinstitutionnelle et intersectorielle efficace et responsable en matière de solutions durables au déplacement interne ; d'opérationnaliser le cadre de concertation humanitaire et renforcer la redevabilité envers les bénéficiaires ; d'assurer que les processus de planification humanitaires, de développement et de paix appuient la politique nationale de la RDC de mise en œuvre des solutions durables au déplacement interne ;...

D'autres recommandations ont été formulées à l'endroit des bailleurs de fonds. Il s'agit notamment pour eux, de financer la stratégie nationale sur les solutions durables ; d'engager des fonds de développement dans les zones à forte concentration de déplacés ou réfugiés, ou dans les zones de retour des futurs rapatriés ; d'encourager l'État congolais à développer une politique nationale liée au déplacement interne et la question des réfugiés...

Travailler en amont des crises

En guise de solution à la problématique de protection de déplacés internes, la RDC devrait aussi travailler en amont des crises de déplacement, en mettant en place des mécanismes visant à renforcer le tissu social et à promouvoir la cohabitation pacifique entre les communautés en conflits, en impliquant pleinement les femmes et des autres groupes à risque (notamment les personnes appartenant à des groupes minoritaires et autochtones) dans les efforts de gestion des conflits, de réconciliation et de reconstruction.

Le pays doit aussi améliorer les mécanismes d'alerte rapide pour prévenir les crises qui entrainent le déplacement des populations et s'assurer que la réponse d'urgence ne constitue pas la seule réponse aux problématiques du déplacement. En plus le gouvernement congolais doit mettre en place un cadre national devant contribuer à garantir les droits au logement, terre et propriété.

Par ailleurs, la RDC doit s'approprier le cadre de recherche des solutions durables et mettre en œuvre des dispositions concrètes visant à assurer aux personnes déplacées des conditions d'un retour digne, sécurisé et durable dans leurs milieux d'origine ou de leur intégration durable dans les communautés d'accueil. Mais aussi, l'État doit assurer la justice et réparation aux victimes de violations de droits humains et du droit international humanitaire y compris les survivants des violences sexuelles.

Ces assises ont été organisées conjointement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), avec l'appui du ministère congolais de l'Intérieur et de la Sécurité à travers la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

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