Afrique: Il faut davantage de financements et de cerveaux pour gérer durablement nos océans

communiqué de presse

Oslo — A la Conférence «Notre océan» à Oslo, le Directeur général de la FAO demande instamment d'inverser la «fracture dangereuse de la durabilité» dans la gestion des pêches

Des investissements de taille dans la durabilité des océans permettront d'accroître la quantité de poissons pour nourrir les populations pauvres, contribuant ainsi à accélérer les progrès vers l'éradication de la faim, qui est l'axe central de la réalisation des autres Objectifs de développement durable, a déclaré aujourd'hui le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu.

«Nous ne pourrons protéger nos océans que si nous consacrons nos capacités financières et intellectuelles à la conception de solutions durables», a précisé M. Qu Dongyu dans un discours liminaire prononcé lors de la Conférence Notre Océan à Oslo.

La Conférence «Notre océan» 2019 porte notamment sur le changement climatique, la pollution marine et la sécurité maritime, les pêches durables, sans oublier l'attention traditionnelle aux initiatives de conservation. La Conférence, lancée en 2014 par le Secrétaire d'État des États-Unis de l'époque, John Kerry, a pour but de promouvoir les engagements volontaires des gouvernements en faveur des océans. Depuis sa création, elle a généré des engagements d'environ 18 milliards de dollars et 12,4 millions de kilomètres carrés d'aires marines protégées.

«Les océans nous offrent une multitude de services», a souligné M. Qu Dongyu, notant que la consommation mondiale est passée à 20,3 kilos par habitant et par an et que les pêches et l'aquaculture offrent des moyens de subsistance à plus de 10 pour cent de la population mondiale. «Si l'océan échoue, c'est notre propre échec».

Le Directeur général a mis en garde contre le «fossé dangereux qui s'est créé en matière de durabilité», à mesure que la pêche dans les régions développées devient de plus en plus durable et que les stocks se reconstituent, tandis que les progrès sont plus lents dans les régions en développement.

Selon la FAO, un tiers des stocks halieutiques mondiaux sont surexploités et le changement climatique risque d'avoir un impact négatif sur les stocks des zones tropicales.

Les océans doivent être considérés comme une solution et non comme un problème, selon M. Qu. Il a appelé de ses vœux à relancer les investissements dans leur croissance durable et à déployer des efforts significatifs dans le domaine de l'aquaculture, en particulier en Afrique.

Le Directeur général a pris la parole devant un groupe d'experts sur la gouvernance des pêches aux côtés de Bernard Esau, Ministre de la pêche et des ressources marines de Namibie, et de Harald Tom Nesvik, Ministre des pêches et des produits de la mer de Norvège, et d'autres experts.

Le Directeur général a proposé de s'engager à assurer une durabilité effective «à 100 pour cent» des ressources de nos océans et a indiqué que la FAO organisera un grand colloque à Rome en novembre afin de recenser les solutions techniques nécessaires à la réalisation de cette vision.

La Conférence Notre océan se tiendra l'an prochain aux Palaos.

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