Congo-Brazzaville: Paludisme - Le manque de moyens freine la stratégie nationale d'éradication de la maladie

Selon un récent rapport d'experts, l'absence des produits consommables pour les tests de diagnostic rapides et d'un mécanisme de suivi ne permettent pas au Congo d'atteindre son objectif de réduire la maladie de moitié d'ici à 2023.

L'étude intitulée "Malaria futures for Africa" (MalaFa) pour l'Afrique centrale est une extension de l'étude globale consacrée à la lutte contre le paludisme dans le monde. Les résultats de l'enquête ont été présentés à Abuja (Nigeria), le 22 octobre, en marge d'une conférence internationale organisée par le Partenariat Roll Back Malaria.

Dans un chapitre consacré à la République du Congo, le Dr Richard Kamwi, ambassadeur des pays participants à l'initiative Elimination 8, et le Dr Parfait Touré, responsable des programmes d'accès en Afrique de l'ouest et centrale pour Novartis Social Business, ont fustigé la qualité du système sanitaire local.

« L'achat centralisé de médicaments n'intégrait pas encore les produits consommables pour les tests de diagnostic rapides, ce qui a entraîné une utilisation continue des microscopes. La mauvaise surveillance, l'absence de données sur l'incidence ainsi que l'absence de suivi et d'évaluation des activités de programme ont été considérées comme des obstacles majeurs à l'élimination », soulignent les auteurs du rapport.

Le paludisme est la cinquième cause de décès dans le pays et également la troisième cause de décès prématurés. Au cours de leur étude, les enquêteurs ont pu interroger des personnes sur le terrain, lesquelles ont noté une diminution de l'appui des donateurs, en particulier le retrait du Fonds mondial du Congo.

Le rapport a souligné le fait que le pays s'était engagé à supporter ses propres programmes de santé pendant le boom pétrolier, avant de devenir complètement dépendant du Fonds mondial. Les personnes interrogées disent ne pas être au courant du budget national consacré au paludisme ni du fait que le financement était réservé à une activité spécifique contre cette maladie.

« Il y avait de l'optimisme sur le fait que le nombre de décès pourrait être réduit de moitié d'ici à 2023 si des changements dans les stratégies de distribution et un investissement accru étaient réalisés. Actuellement, sans surveillance fournissant des données précises, il n'est pas possible de suivre l'évolution des objectifs », ont conclu les enquêteurs.

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