Ile Maurice: De Washington à Plaisance - Giovanni Merle, candidat

Il a rejoint le Parti Kreol Morisien (PKM) et se porte candidat aux élections générales dans la circonscription n°19 (Stanley-Rose-Hill). Giovanni Merle, qui a fait la une de l'actualité à cause de ses dreads, n'a jamais caché son envie de faire de la politique.

Le jeune homme de 30 ans, originaire de Plaisance, avait été propulsé audevant de la scène alors qu'il était employé comme messenger à l'ambassade de Maurice à Washington. Ce sont de ses dreadlocks dont il était question à l'époque, soit en 2017. Sur une bandeson qui avait été rendue publique, l'on entendait l'ambassadeur de Maurice à Washington, Sooroojdeo Phokeer, lui demandant de les couper afin «d'assurer son avenir». Chose qu'il n'a jamais voulu faire.

Plus tard, fin 2018, Giovanni Merle avait aussi été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat, dans une missive envoyée par l'ambassade. Cela faisait suite à ses «explications concernant certains incidents». Le jeune homme était sommé de rendre ses clés et de retirer ses effets personnels de l'enceinte de l'ambassade au plus tôt.

«Plus de respect pour les rastas»

Giovanni Merle est désormais candidat aux législatives. Le jeune homme n'a jamais caché son intention de se tourner vers la politique. Et explique que tous ses démêlés avec l'ambassade de Maurice aux États-Unis n'ont été qu'un moyen pour lui de tirer la sonnette d'alarme sur des dysfonctionnements et que cela joue aujourd'hui en sa faveur.

A-t-il tiré un trait définitif sur Washington ? «Non.» Au contraire, il estime avoir ouvert un chemin pour les jeunes Mauriciens qui veulent faire des études. La politique est une façon pour lui d'obtenir des réponses à ses questions. «Dosié ki mwéna la konténir bokou kestion san répons é apart mwa, okenn lot parlmanter pa pou trouv répons à sa... »

Il veut aussi influencer autant que possible sa circonscription, les jeunes du quartier. Et le travail, pour l'ex-employé de l'ambassade, a déjà commencé. Chaque jour, il enchaîne réunions et porte-à-porte.

Quid de la dépénalisation du cannabis, son cheval de bataille ? Le candidat souligne que le combat reste le même et que rien n'a changé. Cependant, il ne plaide pas pour une dépénalisation «totale». «Je dis juste que chaque religion à ses droits et je pense qu'il faut aussi avoir plus de respect pour les rastas. Nous avons également nos droits.»

Pourquoi avoir choisi le PKM ? Il se contentera de dire : «Mo mari kontan so labréviasion.» Entre-temps, il espère pouvoir combattre les préjugés sur les dreads et casser les stéréotypes.

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