Congo-Kinshasa: Un chef de guerre congolais évadé inspire de nouvelles attaques

communiqué de presse

Environ 20 combattants fidèles au tristement célèbre chef de guerre Gédéon Kyungu Mutanga les forces de sécurité gouvernementales à Lubumbashi dans le sud-est de la République démocratique du Congo le 11 octobre dernier. Les combattants de la milice Bakata Katanga étaient armés de fusils, de machettes ainsi que d'arcs et de flèches.

Les autorités de la province ont déclaré que les forces de sécurité ont tué six des combattants et en ont arrêté deux autres. Neuf membres des forces de sécurité ont été blessés. Gédéon avait été condamné 10 ans auparavant, mais il s'est évadé de prison et fait maintenant ouvertement étalage de sa condamnation.

Un meeting du parti politique de Gédéon, le Mouvement des indépendantistes révolutionnaires africains (MIRA), était prévu ce même jour à Lubumbashi, mais il a ensuite été annulé.

Le responsable de la communication du MIRA, Thierry Mukelekele, a expliqué à Human Rights Watch que les combattants sont entrés en ville pour participer au meeting et rencontrer Gédéon.

L'attaque offre un aperçu du passé sanglant de Gédéon et de ses combattants de la milice Bakata Katanga. De 2002 à 2006, les forces de Gédéon ont commis de nombreuses atrocités dans une zone du centre du Katanga, qui a vite été surnommée le « triangle de la mort ».

Les attaques ont terrorisé les civils, ont fait des centaines de morts et ont forcé près de 150 000 personnes à quitter leurs maisons.

Gédéon s'est rendu en 2006 et, en 2009, un tribunal militaire à Katanga l'a jugé coupable de crimes contre l'humanité et l'a condamné à la peine de mort. Bien que Human Rights Watch s'oppose à la peine capitale dans tous les cas, sa condamnation aurait dû servir d'avertissement à d'autres auteurs éventuels de violations des droits humains.

Mais il s'est évadé de prison en 2011 et a continué à commettre des abus graves jusqu'à ce qu'il se rende aux autorités locales en octobre 2016. Depuis, Gédéon vit confortablement à Lubumbashi. Les autorités ne l'ont jamais renvoyé en prison.

Le meeting prévu le 11 octobre visait à célébrer le troisième anniversaire de sa reddition. Alors que les autorités locales souhaitent peut-être fermer les yeux sur le passé de Gédéon, il est peu probable que ce soit aussi le souhait de ses nombreuses victimes et de leurs familles.

L'incursion des combattants de Bakata Katanga est sans aucun doute un rappel douloureux des crimes horribles qu'il est capable de commettre.

Les autorités congolaises devraient rapidement renvoyer Gédéon dans une prison sécurisée. Des procédures judiciaires sur les crimes présumés commis depuis l'évasion de Gédéon devraient être ouvertes.

Ses victimes devraient obtenir la justice qu'elles méritent et les autres chefs de guerre devraient se rendre compte qu'ils ne peuvent pas commettre des atrocités sans craindre de conséquences.

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