Cote d'Ivoire: Alpha Blondy - "Alassane Ouattara est un bosseur"

28 Octobre 2019

C'est un Alpha Blondy préoccupé par la situation sociopolitique de son pays qui était mercredi nuit sur le plateau de l'émission « Afronight » de la chaîne de télé 3A Telesud. Le chanteur était l'invité de l'ex-présentateur vedette de la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne), Serge Fatoh Elleingand, aujourd'hui installé à Paris, en France, qui officie sur ce média.

D'entrée, Alpha Blondy a affiché, sans détours, ses inquiétudes pour la présidentielle de 2020. « J'ai des appréhensions sérieusement quand on entend les discours des uns et des autres. Ça fait peur parce qu'ils (les acteurs politiques ivoiriens) nous donnent leur peur », a confié le chanteur.

Ensuite, il a plaidé pour un scrutin apaisé dans un an : «Nous voulons aller voter dans la sérénité et l'amour. On parle de jeu politique. Il faut que la famille politique (entendez l'ensemble des acteurs politiques tous partis confondus) nous montre les bons signaux».

Se prononçant sur la situation actuelle du pays, Jagger a salué le travail abattu par le président Ouattara depuis son premier mandat jusqu'à ce jour. « C'est un bosseur, qu'on l'aime ou pas », a martelé l'auteur de « Human Race».

Pour lui, le problème de la Côte d'Ivoire, c'est « cette fameuse réconciliation » des Ivoiriens. « Elle n'a pas été effective car, ceux qui demandent aux Ivoiriens de se réconcilier sont incapables de se réconcilier eux-mêmes », a asséné Alpha Blondy.

A ses yeux, la réconciliation ne peut pas être un acte pensé par un groupe de personnes ou une famille politique ; elle doit plutôt être l'affaire de tous les Ivoiriens. Et la vedette du reggae de poursuivre : « Si la famille politique (ivoirienne) veut la réconciliation, qu'elle nous montre le chemin.

Que les acteurs politiques se réconcilient eux-mêmes d'abord. Nous avons composé des chansons, donné des concerts pour la réconciliation.

Mais, eux, qu'est-ce qu'ils ont fait ? ». Autre sujet abordé au cours de ce talk-show, la sempiternelle question de la candidature ou non du président Alassane Ouattara à sa propre succession en 2020.

Là, sur le dossier, Alpha Blondy a été sans équivoque : « La Constitution de la 3ème République (ndlr, adoptée avec 93,42% de voix favorables au cours d'un référendum le 30 octobre 2016) lui en donne le droit. Il a dit qu'il va s'en saisir en 2020.

On lui laisse la latitude (de se décider)». L'artiste a, par ailleurs, demandé aux hommes politiques d'éviter aux Ivoiriens « les guerres bêtes ».

De même, il a fustigé les agissements de quelques-uns d'entre eux, en particulier Guillaume Soro cité nommément par le présentateur. «Certains, ailleurs, se croient encore étudiants de la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire).

On va demander pardon à Bédié et Gbagbo, et on insulte Ouattara. C'est quelle paix deux poids, deux mesures ça ? C'est ridicule», a lâché Alpha Blondy, un brin, écœuré. Enfin, il a appelé les uns et les autres à la raison et à la retenue.

« Nul n'est parfait. Chacun a ses qualités et ses défauts. Rassurons-nous », a conseillé Alpha Bondy, avant de conclure : « Les acteurs politiques oublient qu'on les regarde. Ils n'ont pas le droit de nous décevoir ».

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