Congo-Kinshasa: Contrairement aux affirmations du PPRD concernant 2023 - Kabila reste recalé

28 Octobre 2019

Le Professeur André Mbata ne décolère pas au sujet des affirmations des caciques du PPRD selon lesquelles Joseph Kabila serait encore éligible au poste de Président de la Répubolique : « Mais quels tambourinaires distillent encore ces hérésies selon lesquelles Mr J.Kabila pourrait revenir au pouvoir?

L'on dirait que l'usine de fabrication de diplômes universitaires, de faux juristes et constitutionnalistes continue de fonctionner merveilleusement. Nous avions déjà dit qu'il y avait « une vie après la présidence » et l'intéressé avait compris. Redevenir Président de la RDC? Il en a les compétences et le droit, mais à une seule et simple condition : que l'ancien Rais, «Père de la démocratie » et depuis peu « Père de la gratuité de l'éducation » peut facilement remplir s'il le veut: « mourir et ressusciter le troisième jour ». Ne lui prêtez pas des intentions car il n'a dit à personne qu'il voulait se suicider! Revenez me poser des questions quand il aura fait un tel choix de « mourir pour ressusciter le troisième jour »().

Nous pourrons alors débattre entre les rares vrais constitutionnalistes que compte ce pays. Je vous ai toujours dit que tout le monde, tout juriste et même tout professeur de droit n'est pas constitutionnaliste! Dans tous les cas, sur cette question de droit constitutionnel approfondi, en attendant que le Sénateur à vie dise à la Nation assoiffée de miracles s'il a choisi de mourir pour ressusciter le troisième jour afin d'être éligible à la Présidence de la République pour un troisième mandat, il faut s'interdire de débattre avec des guignols scientifiques, des politiciens du ventre, des étudiants aux idées fumeuses, des professeurs de droit commercial ou byzantin, des politologistes, des journaleux et d'autres marchnds d'idées qui s'improvisent constitutionnalistes et n'ont qu'une connaissance brumeuse des méthodes modernes d'interprétation constitutionnelle».

Pour être plus clair au sujet de la possibilité de voir un sénateur à vie briguer un autre mandat présidentiel, il y a lieu de souligner que ce statut viager n'est pas à la disposition du bénéficiaire pour être susceptible de renonciation. Dans la mesure où la Constitution a établi un régime d'incompatibilité entre le statut de sénateur et tout autre mandat électif et que, d'après la loi et le Règlement Intérieur du Sénat, celui-ci est soumis aux mêmes incompatibilités que tous les autres sénateurs (sauf une fonction dans le cadre des Organisations internationales), il ne peut donc briguer à nouveau un tel mandat, tranche le célèbre constitutionnaliste.

Ceux qui émettent cette opinion brumeuse se fondent apparemment sur la possibilité pour l'ancien Raïs de renoncer à son statut de sénateur à vie. Ils oublient que ce statut est lié à une qualité qui lui restera collé au corps jusqu'à la fin de sa vie. Il s'agit de sa qualité d'ancien Président de la République, poste qu'il a déjà assumé à deux reprises, tombant ainsi sous le coup des articles intangibles de la Constitution.

Il faut savoir lire les signes des temps Pour Crispin Nlanda Ibanda, président sortant du Calcc, « ces gens n'ont pas encore compris ou plutôt refusent de comprendre. Joseph Kabila, qu'ils appellent le père de la démocratie et de l'alternance pacifique du pouvoir au sommet de l'État, était le même qui a tenté sans succès pendant 5 ans de modifier la constitution du pays pour obtenir la possibilité d'un troisième mandat. Il a fait face à une résistance populaire et diplomatique que l'on n'a vue dans aucun pays limitrophe de la RDC pour la même cause. Remettre Kabila sur scène entraînera des perturbations irréparables pour lui-même et pour tous ceux qui le soutiennent.

Diriger une nation, en particulier la RDC, exige de savoir lire les signes de temps pour comprendre la volonté souveraine de Dieu. La mission de Kabila est terminée depuis le 1er novembre 2015. Le Seigneur Dieu l'avait élevé pour d'une part garder unie la RDC prise dans la tempête et d'autre part montrer à tous ceux qui œuvrent au plan de balkanisation de la RDC l'impossibilité de ce plan quand bien même, il y a à la tête de l'État une personne qu'ils contrôlent. Dans sa dernière adresse au Congrès, Joseph Kabila a clairement reconnu que la RDC subit des assauts de tous genres visant sa balkanisation. Mais, par la détermination du peuple et la volonté de Dieu, ce pays reste uni.

Kabila a ainsi dit à ceux qui lui avaient donné le pouvoir et la mission de faire imploser le pays de l'intérieur l'impossibilité d'y arriver. Vouloir le remettre sur la scène après cela, c'est comme lui demander de suivre les enfants d'Israël traversant la mer Rouge. Et Crispin Nlanda de conclure en Lingala : « Oyo azali na matoyi ya koyoka, ayoka » (comprenne qui pourra ou, littéralement, " que celui qui a des oreilles pour entendre, entende" ).

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