Afrique: Plus d'un Africain sur quatre pensent que la violence domestique est justifiée

28 Octobre 2019
communiqué de presse

Accra, Ghana — Le plus récent sondage d'Afrobarometer révèle qu'environ un quart des femmes africaines - et encore plus d'hommes - accepteraient qu'un homme batte sa femme. Dans certains pays, jusqu'à sept citoyens sur 10 approuvent la violence domestique.

Tandis qu'une grande majorité (71%) d'Africains affirment qu'il n'est « jamais justifiable » qu'un homme batte son épouse, 28% - dont 24% de femmes - affirment que les violences faites aux femmes sont « parfois » ou « toujours » justifiées. L'acceptation des violences faites aux femmes est particulièrement répandue en Afrique Centrale et Afrique de l'Ouest et parmi les répondants sans instruction formelle.

Ces résultats provenant des sondages nationaux de 34 pays font partie d'une analyse de la série Pan-Africa Profiles qui sera bientôt rendue publique, se basant sur un module spécial de sondage portant sur l'égalité des sexes. Le nouveau rapport étudiera également le soutien populaire à l'égalité des sexes, la performance des gouvernements quant aux droits des femmes, et les écarts entre sexes relatifs à l'éducation, à l'emploi, à l'autonomie, et à l'accès à la technologie.

Résultats clés

- En moyenne à travers 34 pays, plus d'un Africain sur quatre (28%) - dont 24% de femmes et 31% d'hommes - affirment que les violences domestiques sont « parfois » ou « toujours » justifiées.

- La tolérance envers les violences faites aux femmes est bien plus élevée dans certains pays, atteignant sept sur 10 citoyens au Gabon (70%) et au Libéria (69%). Des majorités au Niger (60%), au Mali (58%), en Guinée (58%), au Cameroun (53%), et au Burkina Faso (53%) pensent également que la violence domestique est une pratique acceptable.

- Dans la plupart des pays, les femmes sont moins susceptibles que les hommes de considérer les violences faites aux femmes justifiables, y compris des écarts à deux chiffres dans 11 pays avec en tête le Sénégal et le Kenya (16 points de pourcentage chacun) et la Côte d'Ivoire et le Togo (14 points chacun). Mais au Libéria et au Niger, les femmes et les hommes affichent des niveaux élevés d'acceptation des violences faites aux femmes avec peu de divergence.

- En Afrique Centrale (46%) et Afrique de l'Ouest (40%), l'acceptation de la violence domestique est deux fois plus répandue que dans les régions Nord (17%), Est (16%), et Sud (14%) du continent.

- Les citoyens sans instruction formelle (41%) sont sensiblement plus susceptibles de cautionner les violences faites aux femmes que ceux affichant une instruction primaire, secondaire, ou post-secondaire (23%-25%). Les jeunes adultes (29% des 18-35 ans) sont quelque peu plus enclins à cautionner la violence domestique que leurs aînés (25%-27%).

Afrobarometer

Afrobarometer conduit un réseau de recherche panafricain et non-partisan qui mène des enquêtes d'opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques, et d'autres questions connexes dans les pays d'Afrique. Après six rounds d'enquêtes étendus à 38 pays entre 1999 et 2015, les enquêtes au titre du Round 7 ont couvert 45.823 entretiens réalisés dans 34 pays entre septembre 2016 et septembre 2018. Le module spécial sur l'égalité des sexes a été réalisé par Afrobarometer en partenariat avec la Fondation Bill & Melinda Gates.

Afrobarometer mène des entretiens face-à-face dans la langue du répondant avec des échantillons représentatifs à l'échelle nationale qui produisent des résultats nationaux avec des marges d'erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%.

Pour plus d'informations, veuillez visiter www.afrobarometer.org

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