Ethiopie: Plus de 350 personnes arrêtées après les tensions ethnico-religieuses

(Archives) - Les manifestants ont bloqué des routes dans plusieurs villes de la région d'Oromia

En Éthiopie, les autorités de la région Oromia ont annoncé l'arrestation de 350 personnes après la vague de violence à caractère ethnico-religieux qui a frappé la zone la semaine dernière.

Plus de 350 personnes arrêtées et le chiffre pourrait augmenter disent les autorités, à mesure que l'enquête se poursuit. Sur le terrain, l'armée fédérale s'est déployée et les violences se sont calmées.

« Presque tous les leaders d'opposition, les anciens, les religieux et moi-même avons appelé les gens à rester calmes, à rentrer chez eux, à lever les barrages et à être patients. La situation est revenue à la normale », explique le célèbre activiste Oromo Jawar Mohamed, dont le message avait initié les troubles. Mercredi 23 octobre, Jawar Mohamed avait lancé un message expliquant que les autorités s'apprêtaient à l'arrêter. S'en sont suivis plusieurs jours de troubles. Le dernier bilan officiel s'élève à 67 morts.

Pour autant, il ne s'estime pas responsable. Selon lui, les violences ont été fomentées par « des gens extérieurs venus attaquer les manifestants, et par des voyous vivant dans les villes ».

Abiy Ahmed: « un test pour les Éthiopiens »

Le Premier ministre éthiopien s'est dit très attristé, tout en affirmant que le pays restait uni. Selon Abiy Ahmed, « c'est un test montrant que si les Ethiopiens ne travaillent pas ensemble, la situation va devenir effrayante ».

Le Prix Nobel, encensé dans le monde suite à la paix avec l'Érythrée, doit faire face à une forte poussée des violences ethniques en Ethiopie. Dans ce dernier épisode, le leader éthiopien, lui-même d'ethnie Oromo, est face à un dilemme. « Soit il s'en prend à Jawar Mohamed et la région Oromo s'enflammera, soit il est conciliant et les autres groupes dénonceront un deux poids deux mesures », explique le chercheur William Davison.

En tout cas la situation est très préoccupante à l'approche d'une année 2020 cruciale avec des élections en mai. « Si le chef du gouvernement ne contrôle pas ces violences, ce scrutin ne pourra pas avoir lieu », a déclaré Berhanu Nega, chef du parti ECSJ.

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