Congo-Kinshasa: Les liens économiques entre la Russie et la RDC de plus en plus renforcés

L'histoire entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Russie est en train de s'écrire en gras. Les liens économiques, eux, se raffermissent davantage depuis la récente visite de travail du président Félix Tshisekedi Tshilombo qu'accompagnaient quelques membres du gouvernement.

Aux côtés de ce déplacement du président de la République pour la Russie, la moisson est grande. Un protocole d'accord signé avec la partie russe (500 millions USD) dans le domaine de transports. Des discussions sont avancées entre les parties quant aux potentiels investissements russes dans l'industrie minière congolaise.

En marge de la rencontre Russie-Afrique tenue à Sotchi du 23 au 24 octobre, la fédération de Russie s'intéresse comme plusieurs autres partenaires à Inga 3, le gros projet de barrage hydroélectrique. Le secteur agricole intéresse également la Russie. Pour Moscou, malgré l'omniprésence des partenaires au développement et au vu de l'ouverture affichée du nouveau chef de l'État, il y a aujourd'hui une place pour la Russie dans le microcosme économique de la RDC.

Appui au transport ferroviaire

Russian Railways, une firme russe a signé un protocole d'accord avec les autorités congolaises pour la réhabilitation et l'extension du réseau ferroviaire vétuste de la RDC. Le 23 octobre, un protocole d'accord sur la coopération a été signé dans le cadre du forum économique Russie-Afrique à Sotchi, entre le premier adjoint au PDG de la Société russe des chemins de fer, Alexandre Micharine et le ministre des Transports et Communications de la RDC, Didier Mazengu Mukanzu. La signature du protocole d'accord porte sur la modernisation et la construction de chemins fer en RDC et sur le développement de la logistique ferroviaire du pays. Selon les sources de la présidence de la RDC, les investissements russes dans ce projet pèsent 500 millions de dollars américains. Le protocole d'accord prévoit l'arrivée en RDC d'une délégation russe le 10 novembre 2019.

La renaissance

Dans sa communication au premier sommet Russie - Afrique auquel il a pris part le 23 et 24, le président Félix Tshisekedi a souhaité que les échanges de Sotchi aboutissent à la «promotion d'un partenariat Russie - Afrique mutuellement avantageux » avec entre autres, « la modernisation des infrastructures » côté africain.

Selon des médias russes, le gouvernement de RDC tout comme ceux du Niger et de la Guinée ont conclu des accords avec une agence fondée par un homme d'affaires russe lié au Kremlin, Konstantin Malofeïev.

« M. Malofeïev, qui fait l'objet de sanctions américaines et européennes, conseillera les trois pays sur les moyens de réunir plus de 2,5 milliards de dollars pour la construction d'un oléoduc au Niger et la construction de chemins de fer et de routes en Guinée et en RDC », ont annoncé les médias russes.

Les relations entre la RDC et la Russie datent de longtemps. L'arrivée au pouvoir de Patrice Lumumba, en 1960, avait offert de belles perspectives à Moscou. Sous le maréchal Mobutu, ce fut l'ère glaciaire. Dans les années 1990, les années de perestroïka, Moscou se désintéressera même du terrain africain.

En 1999, Laurent-Désiré Kabila alors président de la République, signe une convention militaire avec la Russie. Convention qui ne sera ratifiée que 19 ans plus tard, lorsque Joseph Kabila, le fils, sera sur le point de quitter la présidence.

Au début des années 2000, la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, a joué un rôle actif dans le Comité international d'accompagnement de la Transition (CIAT), soutenant la posture présidentialiste du tout jeune chef de l'État, Joseph Kabila. Elle n'est cependant jamais devenue une actrice majeure sur le plan économique jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2018. Certains spécialistes affirment qu'il y a eu des rencontres entre responsables congolais et russes. Beaucoup de déclarations d'intentions ont été enregistrées mais peu de contrats signés entre Kinshasa et Moscou, sous la présidence de Joseph Kabila.

Les mines intéressent

A l'occasion du sommet Russie-Afrique, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, n'a pas caché le vœu de son pays d'investir dans l'industrie minière en RDC.

« En termes absolus, notre chiffre d'affaires est encore faible mais, à la fin de 2018, son volume avait augmenté de 45%. Nous voyons des perspectives importantes dans l'industrie minière. Nous comptons sur le soutien de nos entreprises intéressées à travailler dans votre pays. Nous sommes prêts à travailler dans d'autres domaines : c'est l'ingénierie des transports, c'est l'infrastructure. J'espère que nous en reparlerons plus en détail maintenant », a déclaré M. Poutine au cours d'une réunion de contact entre les délégations congolaise et russe.

L'industrie minière était donc au centre des discussions entre les délégations de la RDC et de la Russie. La Russie convoite notamment la moitié des réserves mondiales du stratégique cobalt.

Julien Paluku, ministre congolais de l'Industrie a également pris part aux échanges. Il en a profité pour présenter des facilités accordées par la RDC aux entreprises désireuses d'œuvrer dans les zones économiques spéciales congolaises dont la zone pilote se situe à Maluku (Kinshasa).

Un des ateliers organisés au sommet de Sotchi était axé sur « les technologies nucléaires, un moteur de développement et une solution durable aux problèmes systémiques du continent ». Dans cette optique, la RDC, pays producteur de l'uranium, s'est senti concerné par cette thématique d'autant qu'elle possède un «Centre de recherche sur l'énergie nucléaire», à Kinshasa.

La démarche entreprise par le président Tshisekedi vise le retour de la RDC dans le concert des nations. A cette allure, l'économie congolaise se lance dans une bonne direction.

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