Afrique de l'Ouest: Monnaie électronique dans l'Uemoa - Le nombre de comptes a connu une hausse de 38% entre 2015 et 2018

Au niveau de l'Umoa, l'activité d'émission de monnaie électronique a connu une croissance soutenue. Cette phrase a été prononcée ce mercredi par le gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné. Il s'exprimait lors de la cérémonie d'ouverture de la conférence internationale sur le thème « FinTech : défis, opportunités et perspectives pour les pays en développement ».

La rencontre se tient les 30 et 31 octobre au siège de l'institution. «Le nombre de comptes de monnaie électronique est ressorti à 62,9 millions à fin 2018 contre 25 millions en 2015, soit une hausse moyenne annuelle de 38%. En valeur, le montant total des transactions via la téléphonie mobile a été estimé à 23.534 milliards de francs CFA contre 7.415 milliards en 2015 », révèle le gouverneur de la Bceao. Il souligne que les actions de la Bceao, qui a adhéré à l'AFI en 2011, ont permis de faire passer le taux d'utilisation des services financiers dans l'Union, donc le taux d'inclusion financière, de 26% en 2010 à 57,1% en 2018, avec une contribution de services financiers numériques dépassant le tiers.

L'objectif est d'atteindre, sur un horizon de 5 ans, un taux d'inclusion financière de 75%. Selon M. Koné, les initiatives de type FinTech observées à ce jour dans l'Uemoa concernent principalement les segments des services de paiement et de financement. Selon lui, le nombre d'institutions autorisées à émettre de la monnaie électronique a fortement augmenté pour s'élever à 38. 21. De plus, des partenariats entre des entreprises de téléphonie et de technologie et des institutions de crédit ont été noués afin de développer une offre de crédit digital dans l'Union. Cette offre s'appuie sur des activités de notation ou credit scoring, qui devront également être encadrées, car les promoteurs de ces sociétés pourraient être appelés à concurrencer les Bureaux d'Information sur le Crédit.

Par ailleurs, poursuit le gouverneur, de nombreuses initiatives en matière de monnaie virtuelle privée, bien qu'au stade d'annonces, ont été recensées. Une attention particulière devrait être accordée à ces initiatives, compte tenu du risque de levées de fonds frauduleuses ou de création de fausses plateformes d'échanges.

S'agissant des services de financement, des initiatives de financement participatif ou crowdfunding ont été recensées dans l'Union depuis quelques années. Face à ce constat, la Banque Centrale a entamé des travaux en vue de l'élaboration d'un cadre réglementaire spécifique pour encadrer le financement participatif. 24. Il convient également de signaler l'agrément en 2019 de la première banque digitale de l'Union, 100% mobile, qui met à la disposition de ces clients des services de paiement, d'épargne ainsi que de crédits à la consommation et immobilier. Messieurs les Gouverneurs, Chers collègues 25. Fort des différentes expériences réussies dans nos pays respectifs, les banques centrales doivent aujourd'hui relever les défis posés par les FinTech.

Il nous revient ainsi d'adopter des stratégies et un cadre qui favorisent l'innovation financière et une concurrence saine entre les acteurs de l'écosystème. Enfin ils doivent aussi apporter des réponses claires à la protection des consommateurs et à la stabilité financière. 26. Le renforcement de l'éducation financière, la formation des régulateurs aux nouvelles technologies, ainsi qu'une collaboration étroite entre nos pays, au plan régional, feront partie des éléments indispensables à notre succès.

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