Congo-Kinshasa: L'ONU condamne l'assassinat d'un animateur radio impliqué dans la lutte anti-Ebola

4 Novembre 2019

Le Gouvernement de la RDC et les Nations Unies ont condamné lundi le meurtre d'un agent de santé de la riposte à la Maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo.

« Je suis attristé et très préoccupé par le meurtre d'un travailleur communautaire qui était aussi journaliste en RDC », a déclaré le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son compte Twitter .

Cet animateur de radio locale impliqué dans la lutte contre la maladie à virus Ebola a été tué samedi soir 2 novembre par des hommes armés. L'assassinat a eu lieu dans le village de Lwemba, près de Mambasa, dans la province de l'Ituri, au Nord-Est de la RDC.

Ces violences ont également laissé la compagne de la victime dans un état critique avec de multiples blessures, selon un communiqué commun le Secrétariat technique du Comité multisectoriel de la riposte à l'épidémie à la Maladie à virus Ebola, le Ministère congolais de la Santé et les partenaires des Nations-Unies (OMS, UNICEF et UNEERO).

La victime était engagé dans la sensibilisation de sa communauté, face à cette dixième épidémie qui touche depuis août 2018 les provinces de l'Ituri, du Nord Kivu et du Sud Kivu.

« Il a aidé les gens à comprendre comment se protéger contre Ebola. Ce genre de violence est inacceptable. Nous nous joignons à nos partenaires pour le condamner », a ajouté Dr Tedros sur son compte twitter.

Six décès et plus de 300 attaques contre les personnels de la santé cette année

Selon l'OMS, les motivations des assaillants n'étaient toujours pas clairement établies à l'heure actuelle.

Les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour élucider les circonstances de ce meurtre et son éventuel lien avec la riposte à la maladie à virus Ebola. D'ores et déjà, deux suspects ont été appréhendés, selon des sources policières.

Les organismes humanitaires continuent à collaborer avec toutes les autorités compétentes, y compris la Police nationale congolaise (PNC), l'Agence nationale de renseignement (ANR) et les Forces armées de la RDC (FARDC) pour veiller à ce que les auteurs de cet acte odieux soient traduits en justice aussi rapidement que possible.

En attendant, l'Agence onusienne rappelle que tout acte de violence à l'encontre des personnes impliquées dans la riposte à l'épidémie d'Ebola est inacceptable et compromet la capacité des agents de santé et des équipes de la riposte à fournir une assistance aux communautés touchées par les effets dévastateurs du virus Ebola.

Depuis le 1er janvier 2019, plus de 300 attaques contre les personnels de la santé ont été documentées. Elles ont causé six (6) décès et 70 blessés, particulièrement des agents de la santé luttant au front contre Ebola ainsi que des patients pris en charge.

Or selon l'Agence onusienne basée à Genève, chaque attaque retarde la riposte à l'épidémie de la maladie à virus Ebola qui ne peut fonctionner que dans « un environnement favorable », permettant aux équipes d'intervention d'accéder à la population et de leur apporter assistance.

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