Cameroun: Bafoussam, plus jamais ça !

4 Novembre 2019

Le bilan officiel de la catastrophe survenu au quartier Gouatchie la semaine dernière fait état de 43 morts, 13 maisons ensevelies, une dizaine de blessés et plusieurs personnes disparues. La solidarité nationale a aussitôt été enclenchée. Mais, l'on appelle déjà à la proactivité des gouvernants afin que le Cameroun ne vive plus des moments aussi dramatiques.

Le glissement de terrain survenu dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 octobre 2019 à Bafoussam a plongé le Cameroun dans le deuil. Suite à des pluies torrentielles qui s'abattaient sur la capitale de la région de l'Ouest depuis plusieurs jours, la falaise de Gouache, déjà accidentée, a cédé sous la pression des eaux. Créant un éboulement sans précédent dans cette partie du pays. Les habitants de la zone, déjà endormie pour la plupart, sont surpris et n'ont pas tous le temps de se sauver. Ils sont traînés sur plus de 150 mètres le long de la colline par une traînée de terre argileuse.

La nouvelle se répand très vite. Les populations riveraines et les sapeurs-pompiers venus les rejoindre organisent tant bien que mal les secours dans la nuit, avec les moyens de bord. Au petit matin, plusieurs corps sont déjà extirpés des décombres et l'ampleur des dégâts est mieux perçue sous la lumière du jour. Les engins arrivent vers 9 heures pour remplacer pioches et pelles des secouristes. Au fur et à mesure que la journée du mardi passe, les corps sont découverts à la pelle. En fin d'après-midi, l'on parle déjà de plus de trente corps sans vie découverts. La plupart sont des enfants et des adolescents, passés de vie à trépas sous ce déferlement de la nature. Mais avec le temps, il y a peu d'espoir de retrouver des survivants.

Après plus de 48 heures de fouille, le bilan est lourd. Officiellement, la catastrophe de Bafoussam a causé 43 morts. Parmi les décédés, on dénombre 5 bébés, 22 femmes dont 4 enceintes au moment du triste événement, et 16 hommes. l Au petit matin, la nouvelle de l'accident commence à circuler. La proportion des enfants et adolescents est importante. On regrette aussi plus d'une dizaine de blessés. Au sein de la population, l'on est convaincu que tout le monde n'a pas été retrouvé ; il y aurait donc de nombreux disparus. Jusqu'à présent, l'on est en attente de l'estimation des dégâts matériels causé, en dehors des 13 maisons ensevelies par la coulée de boue.

Solidarité agissante

Frappé par le Cameroun s'est aussitôt mobilisé pour accompagner les victimes. Outre les messages de compassion et d'hommages adressés aux nombreuses familles touchées par l'éboulement, de nombreuses actions ont été annoncées pour leur venir en aide. Mercredi, le chef de l'Etat, Paul Biya, a ordonné le déblocage de 200 millions de FCFA pour une assistance d'urgence aux sinistrés et des personnes à déplacer de cette zone. 100 millions de FCFA seront utilisés pour accompagner les 50 familles endeuillées, et le reste de l'enveloppe est destiné aux 150 familles devant quitter cette zone qui reste toujours dangereuse. Jeudi, des sites de recasement ont été trouvés dans les localités de Loumgouo et Latsit, sur une superficie globale de 17 hectares. Un recensement des besoins des populations a été effectué.

En attendant, les appuis des Camerounais affluent. Un sénateur de la région de l'Ouest a annoncé la mise à disposition de 25 millions de FCFA, un député a décidé d'ouvrir son hôtel de 60 chambres (encore en construction) pour loger les sans-abris. Dans les hôpitaux, les soins des blessés sont entièrement pris en charge par l'Etat, mais les mécènes comme le sultan Mbombo Njoya leur ont accordé des soutiens financiers. L'on annonce ça et les mouvements de solidarité, avec certains résidents qui ont spontanément accueilli des victimes dans leurs domiciles les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. En somme, toute la République s'est mobilisée pour apporter du réconfort aux sinistrés. Un élan de solidarité émouvant. Mais, qui effacera difficilement les torrents de pleurs versés par le Cameroun depuis la semaine dernière...

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