Afrique de l'Ouest: La recherche actionnée pour un basculement réussi vers un budget-programme dans la zone UEMOA

4 Novembre 2019

Sept ans après la date butoir retenue pour le basculement du budget de moyens vers le budget de programme, seuls le Niger et le Burkina Faso, ont fait le saut et tentent avec plus ou moins de difficultés de mettre en place les outils nécessaires à son effectivité.

Devant cet état de fait la méthodologie de la recherche sur les leviers à actionner est mise en branle pour lever les goulots d’étranglement et aspirer à plus de transparence et d’efficacité dans la gestion des finances publiques.

L'Atelier méthodologique de la Recherche sur les leviers de la mise en œuvre de la Réforme du Budget-Programme dans l’espace UEMOA, qui s’est tenu du 29 au 31 octobre 2019 à Dakar, a indiqué la voie à suivre.

Les acteurs ayant pris part à ce conclave de trois jours ont esquissé les voies et moyens devant permettre de contourner les obstacles qui obstruent la bonne mise en œuvre de la réforme du budget-programme comme stipuler au niveau communautaire.

C’est ainsi que ces trois jours d’échanges ont permis aux parties prenantes de revisiter l’état de la littérature, des questions de recherche et paramètres généraux de la recherche, ainsi qu’à la validation de la méthode de collecte et d’analyse des données à partir des éléments énoncés dans la proposition de recherche initiale.

S’en est suivi la définition d’un réseau de partage de la recherche, à la préparation d’un plan de communication des résultats et à la conception d’une stratégie de mobilisation de financement complémentaire.

Des indications se profilent pour changer un statu quo qui renseigne des difficultés observées dans le basculement après huit ans que la réforme en question est lancée.

En effet, depuis 2009, les pays membres de l’UEMOA se sont engagés à moderniser et à réformer leurs finances publiques en adoptant une série de directives à mettre en place et en fixant la date butoir de janvier 2012 pour effectuer le basculement du budget de moyens vers le budget de programme.

Toutefois, ce basculement a été reporté à plusieurs reprises, d’abord à 2017, puis à 2020. Ces reports successifs témoignent des difficultés que les Etats et les acteurs institutionnels et individuels éprouvent à opérationnaliser ces changements définis et avalisés au niveau régional.

Selon M. Boubacar Aw, coordonnateur du projet Clear (Center For Learning On Evaluation And Results) d’Afrique francophone,le présent atelier a constitué, en effet, l’occasion de développer, de manière participative et interactive, la méthodologie propice à une conduite efficace de la recherche.

Une démarche qui met l’outil-recherche comme un élément déclencheur devant faciliter un basculement réussi du budget-programme dans tous les huit Etats membres.

Selon lui « deux pays, le Niger et le Burkina Faso, ont effectué le basculement au budget de programme et tentent avec plus ou moins de difficultés de mettre en place les outils nécessaires à son effectivité. Certains pays, comme le Sénégal, ont mis en place un projet pilote et travaillent à l’adoption de mesures devant permettre de faire le basculement ».

Un blocage que certains praticiens justifient par la réticence au sein de certaines administrations qui ne maitrisent pas encore la réforme dont la finalité est d’instaurer plus de transparence dans la gestion des finances publiques.

Ce qui fait dire au directeur général du Cesag, M. Serge Auguste Bayala toute l’importance de la recherche dans nos Etats et au cœur de la bonne gouvernance. « Il faut situer cet agenda de recherche dans notre stratégie de développement ».

Le Pr Bachir Wade de la Faseg qui est le directeur scientifique du projet Clear, pour sa part, précise que c'est une recherche action dont l'objectif est de faire réussir une réforme majeure dans l'Uemoa.

A son avis, le caractère complexe de la réforme fait qu'il n'est pas facile de s'y lancer. « Il faut beaucoup de précautions et les écoles de commerce doivent s'impliquer », a-t-il indiqué.

Sur cette lancée, M. Boubacar Yatassaye, expert sénior en planification au ministère du Plan et du développement de la Côte d’Ivoire estime que le chemin est long et qu’il y a des échanges à faire pour lever les obstacles relevés.

M. Yatassaye qui juge cette réforme bénéfique pour les populations appelle ces dernières à faire preuve de civisme fiscale pour accompagner ces genres d’initiatives.

Un appel d’autant plus pertinent du moment que, selon lui, la réforme milite pour de renforcement de la transparence et de la rigueur dans la gestion des finances publiques.

Plus de: allAfrica

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