Afrique: 7ème augmentation du capital de la BAD - Alassane Ouattara appelle à mobiliser 125% du capital actuel

4 Novembre 2019

Un soutien de poids pour la BAD. Le président de la République, Alassane Ouattara, a procédé, jeudi 31 octobre, à l'ouverture de la 5ème réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) sur la 7ème augmentation générale du capital.

A cette occasion, le chef de l'Etat a félicité la Banque pour cette initiative et a appelé à mobiliser 125% du capital actuel en vue de faire face aux nombreux défis, d'ordre économique, sécuritaire, social et climatique du continent.

« Nous sommes convaincus que les gouverneurs prendront la bonne décision, celle d'une augmentation générale du capital (AGC VII) à hauteur de 125%, qui ferait passer le capital de la Banque de 100 (50 000 milliards de FCFA) à 225 milliards de dollars américains (112 500 milliards de FCFA).

Le succès de cette importante rencontre permettra à la BAD d'accroitre ses fonds propres, d'améliorer ses ratios prudentiels et de maintenir sa notation triple A (AAA) », a-t-il relevé.

Indiquant que les objectifs du développement durable des Nations unies et de l'agenda 2063 de l'Union africaine nécessitent d'importantes ressources financières, le président Ouattara a souligné que seuls l'appui financier et l'assistante technique des partenaires bilatéraux et multilatéraux, dont le Groupe de la BAD, permettra d'atteindre ces objectifs. Aussi a-t-il salué le soutien de la Banque en faveur du développement des pays africains, particulièrement envers la Côte d'Ivoire.

En effet, le pays a bénéficié d'un appui multisectoriel de la Banque à hauteur de 1730 millions d'Unité de Compte (UC), soit plus de 865 milliards de FCFA entre 2011 et 2019, et d'un appui financier de 487 millions de dollars US, soit 243,5 milliards de FCFA concernant le Programme social du gouvernement (PSGouv 2019-2020).

Malgré tous ces appuis en faveur du développement en Afrique, beaucoup reste à faire, aux yeux d'Alassane Ouattara.

Car, a-t-il rappelé, « selon les dernières estimations de la Banque africaine de développement, le déficit annuel de financement des besoins en infrastructures du continent se situerait entre 68 et 108 milliards de dollars».

Pour ce faire, le président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina a tenu à rassurer l'auditoire, soulignant que l'augmentation générale du capital permettra de « faire un grand pas en avant pour l'Afrique ».

Avant de préciser que ces actions se résumeront à développer pleinement l'initiative « du désert à l'énergie », qui permettra de donner l'accès à l'électricité à 250 millions de personnes dans tout le Sahel, dans ce qui deviendra la plus grande zone solaire du monde ; à mettre en œuvre l'Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA) visant à leur accorder 3 milliards de dollars US de nouveaux financements.

Il s'agira, pour la BAD, de réaliser l'autoroute Lagos-Abidjan ; d'appuyer les infrastructures régionales pour faire de la Zone de libre-échange continentale africaine une réalité et d'aider les pays à mettre en place des zones de transformation agro-industrielles spéciales qui aideront à transformer les denrées agricoles et à leur ajouter de la valeur.

En outre, le président Adesina a indiqué que l'augmentation du capital permettra de doubler le financement climatique pour le porter à 25 milliards de dollars US à l'horizon 2025 et d'organiser le Forum pour l'investissement en Afrique, en vue attirer davantage d'investissements privés sur le continent. « Nous avons encore tant à faire.

Pour accomplir tout ce qui nous attend, nous devons faire preuve de plus de détermination pour être plus à la hauteur de notre mission. Et nous veillerons à ce que l'augmentation générale du capital profite à tous, les pays à faible revenu comme à revenu intermédiaire », s'est-il engagé.

Pour sa part, la ministre du Plan et du Développement, par ailleurs présidente du Conseil des gouverneurs, Nialé Kaba, a réitéré leur bonne volonté de préserver les intérêts du continent africain.

« Nous, gouverneurs, savons que l'Afrique nous regarde, sans appréhension, avec espoir, car nous avons toujours su mettre ses intérêts au-devant de nos délibérations.

C'est pourquoi, je reste convaincue que nous arriverons à fédérer nos efforts afin d'aboutir à la résolution tant attendue », a-t-elle déclaré.

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