Burkina Faso: Suzanne Songa / Ouédraogo, Promotrice des RIPO - «Nous peignons l'image d'un Burkina vivable»

4 Novembre 2019
interview

L'artiste-peintre, Suzanne Songa/ Ouédraogo: "Les RIPO sont une opportunité pour les artistes de faire connaître leurs œuvres.»

La capitale burkinabè abrite du 2 au 9 novembre 2019, la 3e édition des Rencontres internationales de peinture de Ouagadougou (RIPO).

A cette occasion, sa promotrice, Suzanne Songa / Ouédraogo, artiste-peintre, revient sur les objectifs, les innovations majeures de cet événement qui regroupe des artistes de 18 nationalités.

Quels sont les objectifs poursuivis par les Rencontres internationales de peinture de Ouagadougou (RIPO) ?

Il s'agit à travers les RIPO, de promouvoir le brassage culturel et de renforcer les liens entre artistes.

Au regard de la situation sécuritaire, les touristes se font de plus en plus rares, et les artistes n'arrivent pas écouler leurs produits. Ces rencontres permettront au monde de voir ce que font les artistes burkinabè.

Le rôle de tout Burkinabè dans cette situation difficile est d'apporter sa touche pour la stabilité du pays. Ce festival constitue une forme de sensibilisation des populations à travers la peinture.

Contrairement à ce qui se dit à l'extérieur, nous voulons montrer que le Burkina Faso reste malgré tout, un pays vivable et qu'on peut y venir pour faire de bonnes affaires. La preuve, nous avons avec nous, une trentaine d'artistes professionnels venus de 18 pays du monde.

 Quelles sont les grandes lignes de cette édition ?

Au-delà de la cérémonie d'ouverture, il y a la visite de l'exposition internationale. Des expositions d'œuvres d'artistes Burkinabè qui ne font pas partie des sélectionnés seront faites. Il y a vraiment des œuvres de qualité.

Nous avons également une rue marchande sur le site du festival pour permettre aux festivaliers de savourer nos mets locaux. Des conférences thématiques, des tables rondes et des animations d'artistes- musiciens sont aussi au programme.

 Ce troisième rendez-vous connaît-il des innovations majeures?

Contrairement aux éditions précédentes qui se passaient à la Maison du peuple, nous avons décidé de tenir cette édition des RIPO dans le quartier Bilbalgo (arrondissement 1). Pour ce faire, nous avons impliqué les jeunes et des familles qui y vivent.

Car, notre ambition est de lutter contre cette idée reçue, selon laquelle la peinture est une affaire d'Occidentaux. Nous avons ainsi donné des cadres à des familles et nos assistants vont les aider à peindre pour montrer que l'art n'est pas seulement fait pour les professionnels. Il suffit de le vouloir et d'aimer.

Lors de cette rencontre, nous avons également initié une soirée au cours de laquelle une vente aux enchères sera organisée.

Elle réunira des collectionneurs, des entreprises, des professionnels et des artistes. Nous avons créé un concept « Une entreprise, une œuvre ». L'idée est que chaque entreprise acquiert une œuvre d'artiste.

Avez-vous rencontré des difficultés dans l'organisation des RIPO ?

Nos difficultés sont surtout d'ordre financier. Pour un budget initial de 85 millions FCFA, nous n'avons pu mobiliser que 25 millions FCFA, c'est-à-dire moins de 30%.

Du moment où, nous avions fait un appel à candidature et que des artistes ont été retenus, il était de notre devoir de tenir cette édition.

Nous sommes toujours à la recherche de 60% de notre budget afin que les artistes puissent passer un bon séjour et que les RIPO se passent dans de meilleures conditions.

Nous remercions déjà nos partenaires et nous attendons toujours des soutiens pour accomplir notre promesse. L'art a de l'avenir et nous n'entendons pas en rester là.

Quel bilan peut-on faire des éditions précédentes ?

Le bilan est satisfaisant. La première édition était comme une aventure. C'est en s'inspirant de ce que les autres pays font, que nous avons décidé d'initier cette rencontre.

Les débuts n'ont pas été pas faciles, mais avec les conseils des uns et des autres, nous avons osé. Nous avons commencé avec 12 pays et cette année nous avons 18 pays invités.

 L'art plastique occupe-t-elle une place importante au Burkina Faso ?

L'art plastique n'est pas très connu au Burkina Faso. Quand on parle de culture, on ne voit que la musique, le cinéma et le théâtre. L'art plastique est le parent pauvre de tous les arts. Dans d'autres pays, les artistes vivent bien de leur art.

Nous devons également commencer à nous inscrire dans cette dynamique. Ce festival peut contribuer à améliorer les conditions de vie des artistes et à valoriser l'art plastique, et la peinture en particulier au Burkina Faso.

Quels sont vos attentes à l'entame de cette édition ?

Mon souhait est de voir tout le programme des RIPO exécuté, et que chacun des artistes, professionnels, et entreprises tirent leur épingle du jeu.

Car, les artistes ont besoin de vivre de leur art. Mon vœu est que les artistes qui participent au RIPO puissent tisser des relations qui les conduiront plus tard à faire des affaires hors du pays.

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