Congo-Kinshasa: Bus de Lufu, Transco et Esprit de vie brûlés - Les «Wewa» exagèrent !

5 Novembre 2019

En moins de dix jours, trois bus de transport en commun avec des passagers à bord ont été brûlés dans la capitale, Kinshasa, par des conducteurs des taxis motos communément appelés « Wewa ». Cependant, les conditions dans lesquelles tous ces actes de vandalisme et d'extrême incivisme ont été commis suscitent de nombreuses questions aussi bien sur le rôle et la responsabilité des forces de l'ordre que sur la motivation de tout cela.

On rappelle que la semaine écoulée, des «Wewa» avaient brûlé deux bus en l'espace de deux jours. Le premier appartenait à la société de transport public de l'Etat « Transco », incendié quelque temps seulement après l'incident ayant causé la mort d'un conducteur de taxi-moto. Ce dernier a été tué par un élément de la police à l'issue d'une altercation entre des policiers et des « Wewa » qui ne voulaient pas respecter le sens unique de l'avenue Kasa-Vubu, parce que l'avenue Bokassa venait d'être rouverte au trafic.

Comme si cela ne suffisait pas, le lendemain, ils ont réédité leur vandalisme, cette fois-ci en sommant tous les passagers qui se trouvaient à bord d'un bus « Esprit de vie » de descendre avant d'incendier le véhicule sans la moindre crainte d'être inquiétés.

Le plus étonnant est que tous ces actes d'incivisme doublés de banditisme d'un genre exceptionnel se sont déroulés dans un périmètre de proximité avec les postes de cantonnement des forces de l'ordre. D'abord, la maison communale de Kinshasa est située à quelques encablures de là, tout comme l'inspection générale de la PNC qui se trouve à moins de deux kilomètres du théâtre de violences.

Voilà qui suscite des questions : comment des paisibles citoyens peuvent-ils se comporter ou agir ainsi sans que personne ne les inquiète ? Où est passée l'autorité de l'Etat pour que des jeunes- gens puissent la défier de la sorte ? Qu'est-ce qui explique l'impuissance de l'Etat face à un banditisme à ciel ouvert ?

Pourtant, les violons s'accordent pour reconnaitre à l'unanimité la mauvaise conduite de ces jeunes-gens qui roulent sans jamais se référer au code de la route. Dès qu'ils se mettent sur la route, il n'y a qu'eux seuls qui pensent avoir les droits de vie et de mort sur tous les autres usagers de la voie publique. Ils peuvent passer ou doubler des véhicules de n'importe quelle manière, au point de forcer le passage même là où ça semble impossible. Mauvais stationnement et dépassement, excès de vitesse, surcharge... bref, ils sont champions en violations du code de la route.

En cas de remarque, ils passent aux injures et menaces. Pire, si l'un d'eux tombe victime de sa mauvaise conduite sur la route, ses compairs envahissent l'automobiliste pour lui régler des comptes.

Il importe de rappeler que la plupart des « wewa » sont sans aucun document de bord leur donnant l'autorisation de conduire (permis de conduire, plaque d'immatriculation). Face à la situation qui prend de plus en plus des dimensions inquiétantes, il est plus qu'impérieux que les autorités prennent leurs responsabilités pour qu'il ne soit pas trop tard pour agir. Dom

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