Congo-Kinshasa: Ebola en Ituri - La MONUSCO annonce le déploiement des casques bleus dans les zones affectées par l'épidémie

L'annonce est faite par le coordonnateur des interventions d'urgence des Nations Unies pour la lutte contre Ebola en RDC, David Gresly. Ce, à cause de l'assassinat d'un journaliste , dans le territoire de Mambasa (Ituri).

David Gresly annonce que les Casques bleus de la Force de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) seront déployés dans les zones affectées par l'épidémie en province de l'Ituri en vue de renforcer la sécurité des équipes de la réponse à Ebola sur le terrain. Cette décision est consécutive à l'assassinat, samedi dernier, d'un animateur radio en territoire de Mambasa par des inconnus porteurs d'armes blanches assimilés aux miliciens Mai-Mai.

Au cours d'un point de presse animé, lundi 4 novembre à Butembo (Nord-Kivu), David Gresly a tenu à exprimer la consternation de la mission onusienne en RDC, après le meurtre de Papy Mahamba, annonçant par la suite que, les casques blues vont renforcer leur présence dans ce coin du territoire de Mambasa pour accompagner les agents de santé.

Par ailleurs, le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU en RDC promet que les Nations vont s'associer aux efforts des autorités du pays en vue de découvrir le mobile qui a présidé à la mort de cet agent commis dans la prévention et le contrôle dans la zone de santé de Mandima, afin de mettre la main sur les fugitifs.

En plus de la sécurisation de la zone, David Gresly émet le vœu de voir la justice être rendue aux victimes de la barbarie qui a entouré la lutte contre Ebola dans les provinces concernées.

« Pour cette situation, je crois, ça va demander une meilleure sécurisation de cette zone mais ça va aussi demander une poursuite de la justice. On ne peut pas seulement sécuriser une zone. Ça, c'est nécessaire pour l'accès pour ceux qui sont là pour répondre à l'épidémie. Mais, on doit chercher justice aussi pour les personnes qui ont été attaquées. De notre côté, au nom des Nations Unies, on va voir comment on peut déployer des troupes dans cette zone, on va voir comment on peut aider les enquêtes qui sont déjà en cours », indique-t-il.

Une avancée significative dans la riposte

Selon David Gresly, les signaux sont de plus en plus au vert dans le cadre de la régression des cas confirmés d'Ebola dans les zones épidémiologiques, principalement au Nord-Kivu. Cependant, le coordonnateur des interventions d'urgence des Nations Unies pour la lutte contre Ebola déplore que cette amélioration soit encore très fragilisée par des attaques qui ont visé et qui visent encore le personnel soignant et d'autres acteurs impliqués dans la riposte.

A ce sujet, il exhorte les populations à redoubler d'efforts dans l'engagement communautaire contre Ebola pour que le virus soit complètement défait.

Bien plus, David Gresly plaide pour la mutualisation des efforts entre tous, moyen efficace pour mettre fin à l'épidémie.

« On a fait beaucoup de progrès avec la lutte contre cette épidémie. Franchement, il n'y a plus de transmission, il semble ici dans les zones de Butembo, même chose à Beni, c'est le même cas à Komanda et ailleurs. C'est déjà un progrès important bien que fragile. On doit saisir l'opportunité qu'on a, maintenant que le virus se trouve dans cette zone », exhorte-t-il.

Selon la situation épidémiologique dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri rendue publique lundi 4 novembre, depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 3.274, dont 3.157 confirmés et 117 probables. Au total, il y a eu 2.185 décès (2068 confirmés et 117 probables) et 1055 personnes guéries alors que 447 cas suspects sont en cours d'investigation. Aucun nouveau cas, ni même un nouveau décès n'a été confirmé.

Une personne guérie est sortie du Centre de traitement en Ituri à Mambasa et aucun agent de santé ne figure parmi les nouveaux cas confirmés. Le cumul des cas confirmés/probables parmi les agents de santé est de 161 (5 % de l'ensemble des cas confirmés/probables), dont 41 décès.

Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 246.824 personnes ont été vaccinées. Le seul vaccin à être utilisé dans cette épidémie est le vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck, après approbation du Comité d'Éthique dans sa décision du 20 mai 2018.

correspondant à Beni

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