Cameroun: 37 ans de règne d'un parti-Etat - La prophétie des évêques sur les turbulences du Renouveau

5 Novembre 2019

Le renouveau de Paul Biya, 2eme président du Cameroun indépendant a 37 ans. La politique de rigueur et de moralisation de tous les espoirs a fait du chemin. Que d'attentes non comblées. Les regards restent agars.

Le tableau est plutôt sombre. On fait exécuter la danse Bafia. Un pas en avant, deux pas en arrière. Les années passent et les frustrations s'accumulent. Le pays est l'ombre de lui-même, « le petit clan de ceux qui dirigent en grande parti les militants du RDPC, parti au pouvoir ont mis le pays à terre ». Pour le quotidien Le Messager « Les hauts fonctionnaires nommés entretiennent une confusion entre l'Eta et le Rdpc, entre les biens de l'Etat et ceux du parti » Avec pour trame, la corruption, les détournements de deniers publics, la fraude qui ont plombé le développement économique du pays. Avec comme illustration, le Social Democratic Front (SDF), principal parti de l'opposition qui monte à la charge « Le Rdpc a tué ce pays.

Tous les grands voleurs à col blanc sont de ce parti. Ils ont à eux seuls pillé plus de 1000 milliards » Un son de cloche qui n'est pas partagé en face. Pour un cadre du parti de la flamme au pouvoir à Yaoundé « Le Bilan global de 37 années montre que Paul Biya a réalisé beaucoup de choses. Notamment l'unité et la concorde nationales, la paix, sans oublier la démocratie qu'il nous a apporté. Finalement conclut Le Messager « Entre querelles internes, batailles de leadership et détournement de deniers publics, le parti au pouvoir a définitivement cloué le renouveau au pilori »

Et pourtant écrit le quotidien La Nouvelle Expression, il ya eu, en novembre 1996, la « Prophétie des évêques » . Dans une lettre pastorale, les évêques condamnaient fermement le tribalisme et les discours haineux qui font les ravages. De fait et pour le journal « Depuis l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, on assiste à la résurgence du tribalisme et des discours haineux » Avec comme illustrations, les récents événements d'obala et Sangmelima ou l'on a assisté à des stigmatisations tribalo-ethniques. Toutes choses qui engagent la responsabilité de l'Etat et des élites politiques dans le maintient de la paix et la concorde. Et dont les discours prêtent à confusion. Les évêques l'avaient d'ailleurs souligné « Rien ne serait plus artificiel et dangereux que de tenir un discours qui gommerait les différences.

Le danger serait plutôt de tenir deux langages. L'un artificiel qui célèbre les richesses et la variété humaine de la Nation, l'autre privé, secret, qui dénonce systématiquement le particularisme du voisin » Pour le journal Emergence, Paul Biya a eu « Le chaos en héritage ».

A côté du vivre-ensemble qui est profondément remis en cause, les multiples affrontements et catastrophes qui jonchent la vie de la nation ces derniers temps, prouvent que le pays accuse les effets pervers des décennies de mal gouvernance.

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