Congo-Kinshasa: Barrage Inga 3, le projet à polémique

Barrage hydroélectrique Inga 2 (SNEL)
6 Novembre 2019

La polémique ne cesse d'enfler depuis la publication du rapport conjoint de deux ONG sur le manque de transparence dans le projet du barrage hydro-électrique d'Inga 3. La structure en charge du suivi se veut rassurante.

Selon les projections le projet Inga III nécessite quatorze milliards de dollars pour produire plus de 11.000 Mégawatts.

Mais deux groupements ayant consulté les documents relatifs au projet à savoir l'ONG belge Ressources Matters et le Groupe d'Etude sur le Congo (GEC), centre de recherche rattaché à l'université de New York , relèvent que la population locale (congolaise) serait privée de cette électricité.

Elisabeth Caessens, travaille pour Ressource Matters, elle estime que "le projet Inga III fait rêver beaucoup de Congolais qui n'ont aujourd'hui pas d'électricité" et donc la question qu'on se pose poursuit-elle "c'est justement dans ce projet gigantesque quelle sera la partie qui sera réservée à la population qui souffre d'un déficit énergétique très important. A l'heure actuelle on parle de neuf pour cent peut-être de la population qui a accès à l'électricité, donc il faudra trouver ce juste équilibre pour que ce projet puisse se faire", souligne Elisabeth Caessens.

Deux consortiums, le groupement Chine Inga et le groupe ProInga, majoritairement espagnol ont signé fin 2018 avec l'ancien gouvernement de Joseph Kabila un accord pour développer le projet. A ce stade, tout reste à financer pour la réalisation de ce méga projet. Ressources Matters et GEC appellent l'actuel président président Felix Tshisekedi à être prudent dans les négociations avenir, pour que le projet Inga puisse aider à électrifier une bonne partie de la RDC.

Une affaire de politique nationale

Réagissant au rapport de ces deux organisations, l'Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Grand Inga (ADPI), une structure rattachée a la présidence de la république, affirme que ce projet est avant tout une affaire de politique nationale.

Patrick Kabuya est chargé de communication de l'ADPI, il explique que " c'est un projet de 11,050 Mégawatts, sur ces onze mille mégawatts il y a six mille qui seront prévus pour les besoins internes. Trois mille mégawatts sur les six mille seront prévus pour les industries et ménages pour la ville de Kinshasa et la province du Kongo-Central (Sud -Ouest) et autres trois mille pour les miniers de l'ex province du Katanga. C'est un projet congolais pour des congolais et par des congolais. Je ne vois pas pourquoi on devrait oublier la population Congolaise", déclare le responsable à la communication del'Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Grand Inga.

Plusieurs partenaires dont l'Afrique du sud, la Chine, l'Egypte, l'Espagne et la Banque africaine de développement ont manifesté leurs intérêts pour le financement de la construction de ce barrage.

La banque mondiale avait suspendue en juillet 2016 sa contribution de 73 millions de dollars qui consistaient essentiellement à financer l'expertise technique du projet.

Le projet du barrage hydroélectrique d'Inga III a pour ambition de fournir du courant à l'Afrique tout entière.

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