Maroc: Bach appelle les Etats à resserrer l'étau sur l'entourage des sportifs

Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a souligné "l'urgence" de resserrer l'étau de l'antidopage sur l'entourage des sportifs, tout en renvoyant la balle aux autorités publiques, mardi à l'ouverture de la conférence mondiale sur le dopage à Katowice (Pologne).

Dopage en Russie, opération Aderlass ou Nike Oregon Project, Thomas Bach a cité "tous ces cas, aussi différents soient-ils" qui "soulignent l'urgence de se concentrer davantage sur l'encadrement des athlètes".

"L'athlète n'est pas le seul coupable", a-t-il poursuivi, énumérant les entraîneurs, agents, officiels et médecins qui les encadrent, et contre lesquels les organisations sportives ont peu de moyens d'action selon lui.

"Quand, par exemple, le CIO identifie un médecin impliqué dans un cas de dopage, la seule chose que nous pouvons faire est de le renvoyer des Jeux olympiques (...) Mais ensuite, le médecin rentre chez lui dans la plupart des cas et peut poursuivre ses activités néfastes sans aucune conséquence", a ajouté Thomas Bach, jugeant ce décalage "inacceptable".

"C'est pourquoi nous encourageons les gouvernements" à légiférer pour "punir sévèrement" les encadrants, a demandé Thomas Bach, devant quelque 1.500 officiels de l'antidopage et des gouvernements, réunis en Pologne par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Un docteur impliqué devrait également voir "retirer sa licence médicale, à tout le moins", a-t-il encore déclaré, alors que l'ancien médecin de l'équipe britannique de cyclisme et de l'ex-Team Sky (devenu Ineos), Richard Freeman, comparaît actuellement devant un tribunal de l'ordre des médecins dans son pays, notamment pour des achats de testostérone, un produit interdit par l'AMA.

Le mouvement olympique et les Etats, les deux piliers et financeurs de l'AMA, se renvoient régulièrement la responsabilité des failles de la lutte antidopage ou de son budget insuffisant.

Alors que le futur président de l'AMA, le ministre polonais des Sports Witold Banka, a souligné le niveau "ridicule" du budget de l'organisation (environ 32 millions d'euros en 2019), Thomas Bach a rappelé que le CIO avait signé un chèque de 30 millions de dollars (27 M EUR) pour créer l'Autorité internationale de contrôles (ITA, International testing agency).

Il s'est aussi engagé à mettre 5 millions de dollars (4,5 M EUR) supplémentaires pour le stockage et la conservation, en vue d'éventuelles réanalyses pendant dix ans, de "dizaines de milliers d'échantillons" du programme de contrôles précédant les JO de Tokyo-2020, qui s'ajoutera au stockage des flacons recueillis pendant les Jeux.

Il a aussi promis 5 millions de dollars (4,5 M EUR) pour le budget de recherche scientifique de l'AMA et son service d'enquêtes, à la condition que les Etats mettent la même somme sur la table.

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