Cote d'Ivoire: Sécurisation foncière rurale et forestière - Les populations du Cavally et Guemon exhortées à avoir des titres fonciers

7 Novembre 2019

La propreté foncière avec le titre foncier à l'appui. Ce document pourra mettre fin à nombre de conflits minant l'ouest de la Côte d'Ivoire. Notamment les régions du Cavally et du Guémon. Cette conviction, la ministre de l'Assainissement et de la Salubrité, Anne Désirée Ouloto, par ailleurs présidente du conseil régional du Cavally, l'a partagée avec ses «frères et sœurs » des deux régions.

Ces derniers ont effectué massivement le déplacement le jeudi 31 novembre dernier, à l'hôtel du district, au Plateau, pour suivre la conférence-débat portant sur le thème : «Sécurisation foncière rurale et forestière en Côte d'Ivoire. Quelle politique du gouvernement dans les régions du Cavally et du Guémon».

Une initiative du l'Union pour le développement des régions du Cavally et du Guémon (UDR-CG). Présidant la cérémonie, Anne Ouloto a exhorté les populations de ces deux régions à disposer de titre foncier et surtout à ne pas vendre leur terre.

«La terre est souvent à l'origine de grand conflit et dans nos régions, nous avons de grosses problématiques avec les forêts classées, l'occupation illégale de ces forêts et des infiltrations au niveau du mont Péko qui est un parc national.

Nous avons le défi de la paix, de la cohésion et du développement avec des opportunités à offrir à nos jeunesses. La terre ne se vend pas. On peut la louer», a-t-elle déclaré, non sans interpeller les uns et les autres sur leurs responsabilités dans la crise du foncier dans ces deux régions.

Une crise qui heureusement, à l'en croire est sur la voie d'être résolue, faisant, à cet effet, référence à l'évacuation des populations des forêts classées, mais aussi au travail de l'Agence foncière rurale (Afor). «On a de bonnes avancées avec l'Afor.

Aujourd'hui, en termes de délimitation des terroirs villageois, les informations sont très rassurantes. Si le cap est maintenu, il n'y aura plus de conflits entre les villages. Nous devons mettre l'accent sur la propreté foncière avec le titre foncier», a-t-elle exhorté.

Abondant dans le même sens, le ministre des Eaux et Forêts, Alain Richard Donwahi, a annoncé la reconstitution à 80% du couvert forestier. Sur la préservation de la flore ivoirienne, il a indiqué qu'aucune forêt classée ne sera déclassée.

Aussi, toutes les plantations qui pullulent dans les forêts classées, seront détruites sans autre forme de procès. Bamba Cheick énumère les 6 piliers de la politique foncière rurale Animateur principal de la conférencedébat, le ministre Bamba Cheick Daniel a fait une communication sur la politique du foncier rural ivoirien et sa mise en œuvre.

Le Directeur général de l'Afor a rappelé la démarche scientifique de l'Etat de Côte d'Ivoire aux fins d'aboutir à la sécurisation foncière rurale.

Cette démarche, a-t-il révélé, est principalement tenue par deux axes : la délimitation des territoires de villages et la délivrance des certificats fonciers. Six piliers, a-t-il ajouté donc, permettent aujourd'hui de conduire sereinement la politique foncière rurale de la Côte d'Ivoire.

Il s'agit de la clarification qui a débuté en 1998 avec les missions conjointes des partis politiques dans toutes les régions du pays, à l'effet de susciter l'adhésion des populations aux dispositions pertinentes de la future loi sur le domaine foncier rural.

La promulgation de la loi en ellemême le 23 décembre 1998 en est naturellement le deuxième pilier, avec le pouvoir maintenu entre les mains des populations locales par la création des Comités villageois de gestion foncière rurale (Cvgfr). A ce jour, 6000 Cvgfr ont été créés par les sous-préfets. La redevabilité est l'autre aspect important. Ce sont les villageois euxmêmes qui rédigent les procès-verbaux de leurs réunions.

Puis, la traçabilité, en d'autres termes, qui répond des actes administratifs délivrés dans le cadre de la sécurisation foncière rurale ?

«C'est le Préfet qui signe le certificat foncier et il en répond. L'Afor a un rôle d'encadrement pour faciliter et améliorer la procédure», fait savoir le conférencier. Enfin, la déconcentration. Le processus repose sur le corps préfectoral car l'Afor n'est pas un organe judiciaire.

Toute chose qui justifie également la création des secrétariats villageois de gestion foncière rurale et la promotion de la contractualisation pour protéger les droits des propriétaires terriens. Le conférencier a invité les élus, les cadres et toutes les forces vives du Cavally et du Guémon à s'impliquer dans le processus de sécurisation foncière rurale.

Seyo Edmond, chargé des structures déconcentrées de l'Afor a saisi la tribune pour expliquer les opérations de délimitation des territoires de villages et la procédure de délivrance des certificats fonciers, et d'en donner les résultats dans les deux régions.

Il ressort que le Cavally et le Guémon sont de bons élèves avec respectivement 97% et 87% de villages délimités et bornés.

Cependant, les résultats ne sont pas flatteurs au niveau des certificats fonciers avec à peine 2% de certificats fonciers délivrés dans les deux régions.

Les raisons de ce peu d'engouement sont l'absence de programme financé dans le Cavally et le Guémon, et les pesanteurs sociologiques.

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