Cote d'Ivoire: Mamadou Touré - "Guillaume Soro doit ce qu'il est à Alassane Ouattara"

7 Novembre 2019

Parrain de la sortie du mouvement «Les Sentinelles» le dimanche dernier au palais de la Culture de Treichville, Mamadou Touré, a invité les ivoiriens qui, pour une raison ou une autre, sont partis du RHDP de revenir à la maison. Avant de dire ses vérités à l'ex-président de l'Assemblée nationale. Ci-dessous, de larges extraits de son allocution.

« Je voudrais à l'entame de mon propos, madame la présidente, à vous-même et à l'ensemble des membres des Sentinelles, vous adressez les chaleureuses félicitations de monsieur le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly.

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly qui suit personnellement cette activité me demande de vous apporter tout son soutien et ses félicitations pour cette grande mobilisation.

Après le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, je voudrais vous réitérer aussi les félicitations du ministre Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP et de l'ensemble de la direction exécutive pour votre retour à la maison, c'est-à-dire, votre retour au sein du RHDP.

Je voudrais vous féliciter d'autant plus que, il y a quelques semaines, quand nous sommes rencontrés pour préparer cette cérémonie, vous nous aviez dit que vous rassemblerez le maximum de vos camarades qui sont parties de la maison et qui ont décidé de retourner à la maison, en faisant en sorte qu'au cours d'une cérémonie, ces personnes puissent officiellement annoncer leur retour à la maison.

Je me réjouis que l'engagement que vous avez pris, ait été respecté, en témoigne cette mobilisation, mais surtout la qualité des personnes qui vont assurer un succès à vos activités. Madame la présidente, il y a deux mois, nous avons lancé à Paris, «L'opération retour à la maison».

Je voudrais profiter de cette tribune, ici à Abidjan, lancer «L'opération à la maison». Parce que vous l'avez dit, beaucoup de nos frères ont été trompés.

Ce qui a occasionné le départ de certains de nos frères, ça a été un moment, des manquements à notre niveau, nous-mêmes. La solidarité qui était le ciment de notre lutte, certains ont eu le sentiment à un moment donné que cette solidarité n'existait plus.

Mais depuis quelques années, nous avons retrouvé ces fondamentaux. Nous avons par moment oublié que même en gérant le pays, il fallait aussi en même temps que la solidarité qui a été le ciment de notre action politique depuis des années soit de mise.

C'est une orientation du président Alassane Ouattara, c'est une orientation du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, c'est une orientation du ministre Adama Bictogo.

Nous ferons en sorte que ce qui a été notre ciment, ce qui nous a permis d'être une grande famille, une grande famille réunie au sein du RHDP, que cette solidarité continue de se faire.

Parce que, c'est à cette seule condition que ceux qui trompent et qui veulent continuer à tromper, ne pourront pas prospérer. Nous étions convaincus que la voie qui a été empruntée ne pouvait aboutir qu'à ce que nous constatons aujourd'hui.

Une politique qui est basée sur le mensonge et la manipulation, sur la tromperie ne peut pas prospérer longtemps.

En réalité, il n'y a pas d'homme nouveau en Côte d'Ivoire. L'intérêt des élections qui arrivent dans quelques mois est qu'il n'y a pas d'hommes nouveaux. Même si certains veulent faire croire qu'ils sont les «Macron» ivoiriens. Ils ne peuvent pas être des «Macron» ivoiriens.

Parce que Macron était nouveau. Il n'avait aucun passif. Des gens qui sont sur la scène politique depuis bientôt 30 ans ne peuvent pas venir dire qu'ils sont des hommes nouveaux. Ils ne sont pas des hommes nouveaux.

Nous étions convaincus que tôt ou tard, la vérité ferait jour et que nos frères qui pensaient trouver un espace politique meilleur allaient se rendre compte de la duperie, de la tromperie.

Vous l'avez dit vousmêmes, lorsqu'on crée un mouvement et qu'on dit que ce mouvement est un mouvement de soutien aux actions de la République, et qu'on dit ce mouvement, c'est un mouvement pour la réconciliation, de soutien au chef de l'Etat, bien évidement des gens qui se reconnaissent au président de la République, à ses actions sont amenées à adhérer à ces mouvements.

Beaucoup de nos frères étaient membres du RACI parce qu'on leur a dit que ce mouvement était en cohérence avec les actions du chef de l'Etat, Alassane Ouattara. Mais, lorsque chemin faisant, on se rend compte que les discours changent .

La politique, ce sont des valeurs. Si pour le respect de nos valeurs, nous devons perdre le pouvoir, nous sommes prêts à le faire. Nous ne sommes attachés à rien d'autres qu'aux valeurs auxquelles nous croyons : la paix, le développement, le respect du chef.

Notre divergence profonde avec Guillaume Soro, parce que c'est de lui qu'il s'agit, nous n'accepterons jamais, nous n'accepterons jamais les impolitesses au président Alassane Ouattara.

Tant qu'il sera dans cette dynamique, il trouvera en face de lui, des jeunes de sa génération pour le lui rappeler. Nous avons des valeurs.

Alassane Ouattara a été le ciment de notre lutte. Alassane Ouattara n'est pas le chef qui était couché à Paris ou à Washington et qui a laissé ses soldats sur le terrain et qui est venu prendre les fruits, une fois la lutte terminée.

Le président Alassane Ouattara, c'est le chef qui a abandonné tous les privilèges, qui s'est sacrifié pour venir auprès de ses populations, auprès des Ivoiriens. Qui a subi toute sorte d'humiliation. On a vu sa mère qui a été interrogée pendant des heures et des heures sous le régime Bédié.

Même si le président a pardonné. Sous Robert Gueï, la tentative d'enlèvement de sa femme ici, au Plateau, l'attaque de sa résidence à Cocody. Sous le président Gbagbo, les tentatives d'assassinat contre sa personne. Nous avons un chef qui a accepté tout cela pour nous. Un chef qui a perdu certains de ses proches.

Le capitaine Dosso qui a été assassiné, son gardien qui a été assassiné. Le corps de sa pauvre mère déterrée au cimetière de Williamsville.

Pendant la crise post-électorale, pendant que nous étions au Golf, ses militants étaient martyrisés dans les quartiers. Des militants l'ont appelé en pleurs pour lui demander d'abandonner, de laisser tomber, tellement la souffrance était dure.

Le président a maintenu le cap. Il a maintenu le cap, parce qu'il s'est dit qu'il ne peut pas nous abandonner. Avec Alassane Ouattara, nous sommes à nouveau respectés dans le monde.

Ce n'est pas une affaire de pouvoir. Nous, pour nous, être au pouvoir, c'est être au quotidien auprès de nos concitoyens. Nous ferons en sorte de tous les jours mériter la confiance des Ivoiriens.

C'est une question de valeurs, c'est une question de principes. L'un des principes, c'est que nous n'accepterons pas les impolitesses au président Alassane Ouattara. S'ils enlèvent les impolitesses au président de la République, il n'y a pas de raison que nous puissions nous retrouver. Dans toute famille, il peut avoir des divergences, mais le plus important, c'est d'avoir le cadre pour en parler.

Ce n'est pas parce que dans ta famille il y a des incompréhensions que tu prends tes bagages pour aller ailleurs. Ce n'est pas parce que dans ta famille il y a des incompréhensions qui tu prends tes bagages pour aller pactiser avec ceux qui ont été à la base des malheurs de ta famille. Lorsqu'il y a des problèmes, on les pose et on en parle. C'est la raison pour laquelle je vous dis que dans le fond, il n'y a pas de divergence.

La seule chose que, nous, on demande, c'est que nous avons une ligne rouge. Cette ligne rouge, c'est le président Alassane Ouattara. Au-delà de cela, tout est possible, tout est jouable. Continuez à parler à nos frères pour qu'ils reviennent. Je voudrais vous saluer et saluer aussi deux de nos sœurs qui sont dans cette salle.

Mme Sali Fondasso qui était ex-coordonnatrice RACI du Benelux, qui vient de démissionner. Elle était la femme de «H» Camara. Elle vient de démissionner du RACI. Je voudrais saluer Massendjé Diarrassouba, coordinatrice adjointe RACI France qui vient aussi de démissionner. Elles sont venues à Abidjan spécialement pour cette activité. Ce n'est pas encore fini. Il y en a qui ont déjà démissionné.

Mais que nous n'avons pas encore rendu officiel. Ils auront le temps eux-mêmes de faire leur déclaration de retour. Je voudrais vous saluer parce que vous venez de très loin pour témoigner par votre présence, votre retour à la maison.

Je voudrais saluer quelques coordonnateurs : le frère Francis Bonzou, Palé Sansan, Téa Herman, Sanogo Souleymane, Kader Zongo. L'adhésion à un parti est libre. Vous nous accusez nous RHDP injustement, le fait de faire pression sur des cadres, sur des Ivoiriens pour qu'ils adhèrent officiellement au RHDP, de donner des milliards à des gens d'adhérer au RHDP.

Ce qui est totalement faux. Quand vous dénoncez cela, vous ne faites pas vous-même du terrorisme intellectuel contre des cadres qui décident de vous quitter.

Traquer systématiquement tous les ex-membres de la galaxie Soro qui décident de quitter. Injurier, insulter, menacer, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Ils sont libres. Ils ont adhéré librement à votre mouvement. Ils sont libres d'en partir.

Soyez fermes sur votre conviction. Leurs pratiques sont des pratiques anciennes. Kader et les autres, vous êtes revenus, nous sommes fiers de vous accueillir.

«L'opération retour à la maison» ne fait que commencer. Je souhaite que dans trois mois, nous organisons encore un grand rassemblement de 10 000 personnes avec tous les autres frères qui sont prêts à venir. Beaucoup se gênent à revenir. Il faut leur dire qu'ils ont un père qui s'appelle Alassane Ouattara qui pardonne, qui ne regarde pas le passé, qui a les bras ouverts.

Il y a certains qui pensent que la politique, c'est l'art de tromper les gens. On s'assoit dans un pays. On dit soimême que le fait que des politiciens mentent, que ces mensonges sont de nature à fragiliser les hommes politiques. Pendant qu'on dit cela, on ment à soi-même.

Nous n'avons jamais dit que Guillaume Soro n'a rien fait dans ce pays. Qu'il n'a pas apporté sa contribution dans notre lutte. Ce qu'on dit, c'est de réduire toute notre lutte à Guillaume Soro et faire croire que nous devons tous, ce que nous sommes aujourd'hui à Guillaume Soro.

Alors que Guillaume Soro doit ce qu'il est à Alassane Ouattara Comment notre frère Guillaume Soro peut s'assoir à Paris et dire que c'est lui qui a mis à la disposition du président des éléments de sécurité quand il était Premier ministre.

Nous savons tous qu'à la faveur des accords de Marcoussis et de Kleber, c'est sous Seydou Elimane Diarra, Premier ministre que des dispositions particulières ont été prises pour que tous les leaders politiques, en dehors du président Laurent Gbagbo, bénéficient d'une sécurité rapprochée. Ce qu'il dit n'est pas vrai.

C'est du mensonge. Comment peut-il dire, depuis là où il est que la Côte d'Ivoire est un pays surendetté et qu'aucun pays développé au monde ne s'endette. Là où, dans des pays comme les Etats-Unis d'Amérique, en 2017, le taux d'endettement était de 105%. En France, le taux d'endettement avoisine les 90%.

Même l'Italie où il est actuellement, le taux d'endettement frôle les 100%. Le taux d'endettement de la Côte d'Ivoire est autour de 45% là où dans le cadre de l'UEMOA, il est admis que cette dette ne dépasse 70% de son PIB. La Côte d'Ivoire est largement en deçà de ce taux. Un pays se gère comme une famille.

Une dette n'est pas mauvaise quand elle ne remet pas en cause l'équilibre de la famille. La banque vous prête l'argent parce qu'elle sait que vous pouvez rembourser l'argent qu'elle vous prête.

Avant que les bailleurs ne donnent l'argent à notre président, ils s'assurent que le président peut rembourser. Jamais les banques ne donnent l'argent à quelqu'un qui ne peut rembourser. Le débat sur la dette ivoirienne, ne se pose pas en termes de dette pure.

Mais, c'est qu'est-ce qu'on fait de cet argent qu'on prend avec les partenaires au développement. Cet argent, c'est tout le vaste programme de développement du pays. Il n'y a aucun pays au monde qui s'est développé, sans recourir à la dette...

De 2000 milliards de budget en 2012, nous sommes aujourd'hui à 8000 milliards de budget... Sur la sortie de crise, il y a des témoins qui sont encore là.

Je voudrais dire à Guillaume Soro que celui qui a été l'interface entre tous les acteurs politiques, s'appelle Me Camara qui est conseiller spécial du premier ministre aujourd'hui.

Pour que les Forces nouvelles puissent venir à Abidjan, dormir au Golf hôtel, parce qu'ils posaient des problèmes de sécurité, celui qui s'est assuré d'avoir un cadre propice, c'est-à-dire le Golf hôtel, s'appelle Me Camara. Lorsque vos contemporains existent, ce n'est pas la peine d'aller refaire le monde et distiller des mensonges... »

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