La mise en œuvre efficace de la ZLECA peut créer 2 millions d'emplois pour l'Afrique de l'Est, déclare Mme Songwe

5 Novembre 2019

Asmara — La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) peut générer des gains de bien-être s'élevant à 1,8 milliard de dollars américains et créer deux millions d'emplois pour l'Afrique de l'Est, une région nécessitant 8,5 millions d'emplois supplementaires pour les nouveaux embauchés annuellement, dit ce mardi, Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique (CEA).

Dans son allocution, lors de la 23ème réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et experts d'Afrique de l'Est (ICSOE) à Asmara, en Érythrée, Mme Songwe déclare que la ZLECA est le programme d'investissement pour le continent.

« En signant la ZLECA, les pays africains et les dirigeants africains se sont unis pour donner et offrir à cette région et au reste de l'Afrique un plan de croissance. La ZLECA n'est pas qu'un simple accord commercial, il s'agit essentiellement d'un programme d'investissement pour l'Afrique ; c'est un programme d'investissement pour la création d'emplois et l'intégration régionale et comment, en tant que continent, nous pouvons réaliser collectivement le rêve d'une Afrique prospère », ajoute-t-elle.

Mme Songwe poursuit : « L'Afrique n'a pas besoin d'un plan Marshall, elle a la ZLECA. Elle dispose d'un instrument plus puissant pour accélérer son intégration régionale et économique ».

Un grand nombre des nouvelles opportunités d'emploi créées par la ZLECA se trouvent probablement dans des secteurs où la main-d'œuvre féminine est fortement prédominante, contribuant ainsi à l'émancipation économique des femmes dans la région.

Mme Songwe indique esssentiellement que la ZLECA accélérera l'industrialisation de la région, car l'industrie manufacturière sera l'un des principaux bénéficiaires de l'intensification du commerce et des investissements intrarégionaux.

Elle dit que l'Afrique ne peut pas réaliser les avantages de la ZLECA sans la paix qui, selon elle, conduit à l'investissement, à la création d'emplois et à la prospérité. Mme Songwe salue également l'Érythrée pour ses progrès réalisés dans une nouvelle ère de paix.

« La valeur de la ZLECA ne réside pas seulement dans le fait que nous fabriquons dans un pays, mais aussi dans la construction de la chaîne d'approvisionnement dans la sous-région. C'est pourquoi, lorsque nous parlons de la ZLECA, nous parlons également de la libre circulation des biens et des personnes », ajoute-t-elle.

Mme Songwe affirme que la pleine réalisation des avantages potentiels de la ZLECA nécessitera une ratification rapide et une mise en œuvre effective de l'Accord, ainsi qu'une série de politiques de soutien visant à supprimer les obstacles au commerce, à l'investissement et à l'industrialisation.

Elle dit que le secteur de la santé, dont la valeur atteindra 259 milliards de dollars américains en 2030, illustre bien le potentiel de la ZLECA.

« Si nous ne distinguons que le sous-secteur des produits pharmaceutiques, l'Afrique fabrique aujourd'hui moins de deux pour cent des médicaments qu'elle consomme, alors qu'elle importe environ 70 pour cent de ses besoins de l'extérieur du continent pour un coût annuel de 14,5 milliards de dollars. L'Accord veut que nous produisions nous-mêmes les médicaments et les commercialisions ; développions des chaînes d'approvisionnement capables de créer ces entreprises manufacturières qui puissent à leur tour créer des emplois », déclare Mme Songwe.

Pour sa part, la Coordonnatrice résidente des Nations Unies pour l'Érythrée, Susan Namondo Ngongi, applaudit le fait que l'Érythrée « envoie un message d'engagement et qu'elle ouverte aux affaires », permettant ainsi à de plus en plus de personnes de réaliser qu'Asmara a les atouts nécessaires pour jouer son rôle d'organiser des évènements sur les sujets internationaux et partager ses efforts en faveur du développement durable.

« Grâce à mes interactions avec le Gouvernement d'Érythrée, je sais que tous ces thèmes (le commerce régional, la création d'emplois, dynamiser le tourisme régional, investissement dans l'énergie, les infrastructures et l'économie bleue) sont à la fois pertinents et utiles pour un pays déterminé sur la voie à suivre pour entrer dans une nouvelle ère de paix. En outre, l'Érythrée manifeste clairement son intérêt pour la coopération régionale et l'intégration économique. Nous, au sein de la famille des Nations Unies, tenons à accompagner, autant que possible, les efforts et les besoins de cette nouvelle Érythrée et sommes ravis que cette conférence ait lieu ici, en ce moment même », déclare Mme Ngongi.

La réunion qui se déroule sous le thème, « Tirer profit des nouvelles opportunités de l'intégration régionale en Afrique de l'Est », fait suite à une mission conjointe de haut niveau UA-ONU en Érythrée dirigée par la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, Mme Amina Mohammed, et au processus de Khartoum.

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