Sénégal: Lancement de la chaine «Sunu Yeuf» - Faire du réchauffé, en attendant la coproduction

7 Novembre 2019

«Sunu Yeuf», c'est la nouvelle chaîne du groupe Canal+ disponible à partir d'aujourd'hui dans ses bouquets. Dédiée uniquement aux téléfilms et au théâtre sénégalais, elle va rediffuser, pour l'instant, les productions qui sont déjà passées à la télévision.

Ce qui pourtant constitue une aubaine chez les producteurs. Pour cause, disent-ils, les chaînes de télévisions nationales, en plus de ne pas payer à temps, vivent sur leur dos.

Selon la Directrice des chaînes thématiques internes de Canal+ International, Clémentine Tugendha, et le directeur de Canal+ Sénégal, Sébastien Punturello, une coproduction est bien possible à l'avenir.

Ils étaient en conférence de presse hier, mercredi 6 novembre. Par conséquent, «Sunu Yeuf» pourrait déstabiliser les télévisions nationales quand on sait que depuis quelque temps, elles diffusent les séries locales très regardées par les populations.

Les amateurs des saisons précédentes des séries «Pod et Marichou», «Dikoon», «Mbettel», «Idoles», peuvent se réjouir. Ils vont désormais les retrouver dans la nouvelle chaîne du groupe Canal+ dénommée «Sunu Yeuf».

Les programmes de cette chaîne exclusivement dédiée aux téléfilms et théâtre sénégalais, démarrent ce mercredi 7 novembre.

«"Sunu Yeuf" se positionne comme une chaîne de catalogue, on achète des séries et du théâtre qui ont déjà été diffusés, mais on capitalise un peu sur le succès de ces séries que les gens ont envie de revoir», a fait savoir la Directrice des chaînes thématiques internes de Canal+ International, Clémentine Tugendha hier, mercredi 6 novembre, lors de la conférence de presse de lancement de «Sunu Yeuf».

Depuis quelque temps, on assiste à une percée des séries sénégalaises qui suscitent un véritable engouement chez les populations.

Mais, à la question de savoir si «Sunu Yeuf» va constituer une menace pour les télévisions nationales sénégalaises qui trouvent leur compte dans la diffusion de ces séries locales, Clémentine Tugendha répond par la négative.

«En aucun cas, on va marcher sur les talons des chaînes sénégalaises, ce n'est pas notre volonté.

On est vraiment complémentaires et on va lancer, main dans la main, la production sénégalaise», a tenu à préciser la Directrice des chaînes thématiques internes de Canal+ International.

Pour le directeur de Canal+ Sénégal, «"Sunu Yeuf" est une chaîne qui se positionne dans les chaînes de droit de l'audiovisuel. On va essayer de lutter contre le piratage, en améliorant l'accessibilité à travers les prix et la présence dans tout le pays».

UNE COPRODUCTION EN VUE

Les responsables de Canal+ n'excluent pas de faire de la coproduction à l'avenir. «Pour l'instant, on achète les films et dans quelque temps, on pourra coproduire avec des télévisions sénégalaises ou avec d'autres sur de nouvelles séries», a fait savoir Clémentine Tugendha.

Ce qui fait dire à Sébastien Punturello que son groupe offre «aux réalisateurs et aux producteurs la possibilité d'être rémunérés à plusieurs moments de l'histoire».

Pour autant, «Sunu Yeuf» pourrait, en quelque sorte, révolutionner le paysage audiovisuel sénégalais. «Sans productions, il n'y a pas de télévision. On va jouer un rôle de dénicheur de talents et d'accompagnateur.

Et, à travers cela, on va développer le soutien à la production sous une forme de collaboration», a expliqué Sébastien Punturello. Cela entre dans le cadre du soutien aux producteurs locaux.

PRODUCTEURS ET ACTEURS APPRECIENT

En effet, c'est en grande pompe que les producteurs ont accueilli la nouvelle chaîne, même si, pour l'instant, il s'agit de rediffusion. «Nous produisons et proposons aux télévisions, on se partage les revenus des sponsors.

Tout le monde croit que ce sont les télévisions qui produisent alors que ça ne se passe pas comme ça, au Sénégal. Et nous courrons derrière leurs responsables souvent pour recevoir nos finances.

Elles ne peuvent pas nous laisser faire tout et après venir prendre une grosse partie des revenus. Il faut qu'on trouve une solution», confie Moussa Diop. Pour ce producteur, «Sunu Yeuf» fait partie de ces solutions.

«Elle va remettre au goût du jour nos films car nos télévisions ne les rediffusent pas. Et l'achat de nos produits va nous permettre de reprendre la production», a-t-il expliqué.

Producteur de la saison 1 de la série «Dinama Nekh» qui avait crevé le petit écran il y'a quelques années, Hamidou Djigo embouche la même trompette. «Ça nous permet d'avoir un peu d'argent de plus parce que c'est des films déjà passés, déjà amortis.

La production coûte très chère et, malheureusement, les télévisions sénégalaises ne paient pas. Tu fais ta production, tu viens, tu cherches tes sponsors et tu partages ça avec eux. C'est de l'arnaque», dixit le producteur qui diffuse maintenant ses séries sur l'internet.

Le producteur Leuz Niang a lui aussi salué l'arrivée la nouvelle chaîne de télévision de Canal+. «Il faut qu'il y ait une concurrence car ça va permettre aux télévisions de payer», a-t-il dit.

Il faut dire qu'aujourd'hui, les séries et téléfilms sénégalais percent bien auprès du public. C'est fort de ce constat que Canal+ a lancé «Sunu Yeuf ».

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