Tchad: Un mort - Appel à la démission du président de l'Assemblée nationale

Photo d'illustration
6 Novembre 2019

Artistes et activistes demandent le départ de Jacques Haroun Kabadi après la mort d'un jeune homme, abattu par l'escorte du président de l'Assemblée. Ce n'est pas la première affaire de ce type.

Ils veulent donc la démission de Jacques Haroun Kabadi. Artistes et activistes ne digèrent toujours pas la mort d'un jeune conducteur de taxi-moto, abattu par l'escorte du président de l'Assemblée lundi 4 novembre dernier. Le jeune homme était coincé dans un embouteillage au moment où est passé le cortège. Il a reçu deux balles tirées par un membre de la sécurité et est décédé peu de temps après à l'hôpital.

D'autres affaires dans le passé

Les militaires en charge de la protection du président de l'Assemblée nationale, Jacques Haroun Kabadi, n'en sont pas à leur premier forfait avec la mort du jeune Bonheur Mateyan Manayel ce 4 novembre. En juillet 2018 la garde du président de l'Assemblée nationale avait tiré, dans des circonstances similaires, sur un autre jeune, qui avait survécu après plusieurs jours d'hospitalisation. Pour plusieurs activistes et artistes tchadiens, ce nouveau crime ne doit donc pas être ignoré et Jacques Haroun Kabadi doit démissionner.

"C'est la énième fois que la protection du président de l'Assemblée nationale arrache des vies aux citoyens", se fâche l'artiste rappeur Alfred Ngueita Felix, alias N2A, un des meneurs de ce mouvement de contestation. "Si c'était la première fois on pourrait encore se dire que ce sont des choses qui peuvent arriver mais il y a eu des précédents. Cette fois-ci c'est trop." Alfred Ngueita Felix promet déjà d'autres actions. "Cette fois-ci, ils doivent comprendre qu'ils ont à faire à une jeunesse qui est en colère, une jeunesse qui en a marre."

"Il n'y a pas eu sommation"

Brice Mbaimon Guedoumbaye, le président du Mouvement des patriotes tchadiens pour la république, un parti d'opposition, parle d'une réaction légitime. "Si Jacques Haroun Kabadi, le président de l'Assemblée nationale, respecte le poste qu'il occupe, alors il doit rendre son tablier. C'est inadmissible, dans un pays normal des choses comme ça ne passent pas", estime-t-il. "Cela pourrait arriver dans le cas extrême ou le cortège d'une haute autorité serait bloqué, il pourrait y avoir des tirs de sommation pour libérer la voie. Mais dans ce cas précis il n y a pas eu de sommation. On a simplement ciblé et abattu ce jeune homme."

Face à cette indignation, le parquet de N'Djamena, dans un communiqué signé par le premier substitut du procureur de la République, a déclaré avoir ouvert une enquête qui a permis d'interpeller quatre personnes qui sont actuellement placées en garde à vue. Elle doivent répondre des charges de meurtre et complicité de meurtre.

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