Afrique de l'Ouest: Opérations Bourgou IV et Takouba - Branle-bas de combat dans le Sahel

Les pays membres du G5 Sahel et leurs partenaires se sont-ils enfin réveillés et décidés à prendre l'hydre terroriste par les tentacules ?

C'est la question qu'on se pose à la faveur de la récente tournée sahélienne de la ministre française des Armées qui s'est successivement rendue au Tchad, au Burkina et au Mali. Coup sur coup en effet, ce sont deux opérations d'envergure qui ont été annoncées à un moment où beaucoup se demandent si le pronostic vital de cet avorton qu'est le G5 Sahel n'était pas engagé.

Dans la capitale burkinabè, Florence Parly a en effet annoncé l'imminence d'une opération dénommée Bourgou IV qui sera conduite par la force française Barkhane, avec la participation de nos armées nationales, notamment de deux compagnies burkinabè.

Une opération prévue pour se dérouler dans les prochains jours dans la zone dite des trois frontières, véritable triangle des Bermudes sahélien entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en passe de devenir une zone de non-droit où les terroristes vont et viennent comme ils veulent et font à peu près tout ce qu'ils veulent.

En parlant de Bourgou IV, on suppose qu'il y a eu trois opérations similaires précédentes, même si, à l'évidence, elles n'ont pas permis d'éradiquer le fléau, qui s'est même aggravé, en tout cas en ce qui concerne le Mali et le Burkina.

C'est d'ailleurs sur un véritable terrain miné que la locataire de l'hôtel de Brienne s'aventurait, puisqu'elle débarquait au lendemain de l'assassinat d'un député-maire, celui de Djibo, et de la mort d'une cinquantaine de soldats maliens à Indélimane.

En fait, Florence Parly semble avoir réservé à chacune des capitales visitées une importance annonce, puisqu'à Bamako, elle a parlé d'une autre opération conjointe, baptisée Takouba (sabre en tamasheq), en même temps qu'elle brandissait le scalp d'Abou Abderramane Maghribi, alias Ali Maychou, l'un des dirigeants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GISM), qui aurait été tué par les forces françaises.

Bourgou IV, Takouba, c'est donc un véritable branle-bas de combat qui se profile à l'horizon, avec éventuellement la participation de forces spéciales européennes.

On ne peut que se réjouir de ces initiatives hardies pour venir à bout de la bête immonde, même si on est en droit de se demander si ce genre d'opération ponctuelle annoncé à l'avance et à grand renfort de publicité pourra véritablement arrêter la propagation de ce cancer qui a fini depuis longtemps par se métastaser au grand dam de nos dirigeants, mais surtout des populations qui semblent livrées à elles-mêmes.

D'ailleurs, pendant que Parly et ses partenaires sahéliens faisaient leurs grandes annonces, un convoi transportant des travailleurs de la mine d'or de Boungou, à l'est du Burkina, est tombé dans une embuscade après que le véhicule de sécurité qui leur ouvrait la voie a roulé sur une mine.

Le bilan au moment où nous bouclions faisait état d'au moins 30 morts et de blessés graves. Une nouvelle tragédie qui survient alors que la région, suite à l'opération Otapuanu menée courant mars 2019, semblait être redevenue plus sûre.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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