Afrique de l'Ouest: Cédéao/Crise en Guinée-Bissau - Le président Vaz grand absent du sommet

Le palais du gouvernement à Bissau, le 1er novembre 2019.

Les chefs d'État de la Cédéao sont à Niamey, capitale du Niger, ce vendredi. Un sommet extraordinaire, à huis clos, pour examiner la situation politique en Guinée-Bissau.

Il y aura un grand absent à ce sommet de Niamey : José Mario Vaz ne fait pas le voyage. Pas très surprenant après les récentes déclarations du président bissau-guinéen, qui dénonce « une ingérence étrangère ».

Le bras de fer actuel est pourtant né d'un compromis sous les auspices de la Cédéao. En effet, en juin dernier, c'est elle qui a permis au président de rester à la tête de l'État malgré l'expiration de son mandat, mais avec des pouvoirs limités, jusqu'aux élections.

Et désormais, c'est l'impasse depuis le limogeage du gouvernement d'Aristide Gomes par le président, la semaine dernière.

Depuis, chacun campe sur sa position : le président a demandé aux forces de défense et de sécurité d'installer son nouveau cabinet par la force. Un appel non suivi d'effet pour l'heure.

De son côté, la Cédéao a lancé un ultimatum aux membres du nouveau gouvernement pour qu'ils démissionnent, ce qu'a fait le ministre des Ressources naturelles et de l'énergie, ce jeudi. Et l'organisation ouest-africaine compte taper du poing sur la table.

Vers une intervention militaire ?

Elle brandit aujourd'hui la menace de sanctions individuelles. Cela pourrait être des gels d'avoir, des interdictions de voyager.

Ce qui peut être dissuasif dans un pays où ceux qui ont les moyens vont se faire soigner à l'étranger. La Cédéao pourrait aussi aller plus loin, retirer à José Mario Vaz son statut de président, puisque son mandat a expiré.

L'option forte serait de faire intervenir sa force armée sur place, l'Ecomib. C'est ce qu'avait l'organisation en Gambie en 2017 pour déloger Yaya Jammeh.

La décision dépendra aussi de la cohésion des chefs d'États ouest-africains sur ce dossier. Mais selon un observateur, « la Cédéao est agacée par cet État membre en permanente instabilité. Elle ne peut pas se permettre de laisser pourrir la situation. Question de crédibilité. »

Assise sur une chaise en plastique à l'ombre d'un arbre, Chadmila écoute distraitement les nouvelles à la radio. Cette trentenaire a passé plus de 20 ans aux États-Unis. Elle est rentrée au pays il y a tout juste un an.

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