Congo-Kinshasa: Beni - Des inconnus attaquent un centre de santé impliqué dans la riposte contre Ebola près de Mangina

Partager

Vers 21h locales de ce mercredi 6 novembre, des assaillants non encore identifiés ont pris d'assaut une structure sanitaire, à quelques kilomètres de la commune rurale de Mangina, en territoire de Beni (Nord-Kivu). Ces derniers ont alors réussi à détruire quelques chambres et trois motos ont été calcinées.

Selon la société civile de Mangina, depuis que cette région est redevenue épicentre de l'épidémie d'Ebola, le centre de santé Ngoyo qui a été ciblé, s'est beaucoup penché dans l'éradication de la maladie.

Cependant, devant l'engagement communautaire contre Ebola toujours non effectif dans la région, où de nombreux paysans demeurent dubitatifs au sujet de la présence de la maladie, les risques de résistance contre les équipes de la riposte s'accentuent de plus en plus. Les forces vives de Mangina attribuent ainsi cette attaque à la résistance populaire face à la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

D'ailleurs, elles indiquent que l'infirmier titulaire de ce centre de santé était également visé. Mais, celui-ci s'est sauvé de justesse à l'arrivée de l'envahisseur. Le domicile du comptable de la structure a aussi été envahi, même si aucune perte en vie humaine n'est à déplorer.

« C'est vers 21h qu'à Ngoyo, au Sud de Mangina, à au moins 25 km où il y a des personnes qui ne sont pas encore identifiées qui ont brûlé deux chambres construites sur place et elles ont brûlé trois motos. Et l'infirmier titulaire de ce centre de santé a été la cible mais Dieu aidant, il a fui. La résidence du comptable de ce centre a aussi été attaquée. Cela est présidé par rapport à la maladie à virus Ebola puisque aujourd'hui, c'est Ngoyo qui devient maintenant l'épicentre où des cas confirmés viennent de là. Et là, les gens continuent avec la résistance contre les équipes », dit-il.

Actuellement, dans les zones touchées par Ebola, la balance est en baisse par rapport au nombre des cas positifs et l'espoir est peu à peu permis, si l'on s'en tient même aux statistiques livrées par le ministère de la santé ces dernières semaines. Cependant, dans certains coins du Nord-Kivu et de l'Ituri, la résistance contre les équipes de la riposte n'a toujours pas faibli en dépit des milliers de citoyens déjà décidés de l'épidémie. Toujours incrédules, certains refusent de collaborer avec les agents de santé qu'ils soupçonnent de politiser la question. Mais pour leur part, les autorités sanitaires dénoncent ce blocage qu'elles considèrent toujours comme cause principale de la persistance d'Ebola à l'Est du pays.

Des miliciens Maï-Maï pointés du doigt

La société civile reconnait que des groupes armés, essentiellement des Maï-Maï, rôdent autour de la commune de Mangina. Leurs faits et gestes depuis de nombreux mois déjà tendent à faire penser qu'ils sont auteurs de plusieurs abus dans cette partie. Pour le cas échéant, les forces vives les soupçonnent d'être auteurs du vandalisme contre le centre de santé Ngoyo et rappellent qu'il y a peu, ceux-ci ravissaient régulièrement des armes aux agents de la police commis dans les positions proches avant que les autorités ne décident de les redéplacer vers des milieux plus sûrs.

« Puisque cette partie Sud de Mangina tel que Ngoyo, Kalibo, Madiwe, est contrôlée par des Maï-Maï, je pense bien que ce pourra encore être eux qui ont commis ces atrocités. Puisqu'il y avait même des recoins où on a déjà enlevé les positions de la PNC puisque ces miliciens ravissaient régulièrement des armes à ces agents de sécurité. C'est pourquoi, nous croyons ça serait toujours eux », dit-il

Dans la région de Beni, une certaine accointance se lit de plus en plus entre miliciens locaux et combattants ADF. Militaires congolais, forces vives et ONG sont presque maintenant convaincues que les Maï-Maï seraient bien à la solde de cette rébellion ougandaise et qu'une collaboration tacite entre les deux mouvements armés serait bien avérée. Ce qui appuie cette thèse, c'est qu'à chaque fois que les FARDC ont décidé d'attaquer avec détermination l'ADF jusque dans les profondeurs du territoire de Beni, les Maï-Maï agissent par derrière pour détourner l'armée de sa mission et l'obliger de replier vers les centres urbains. Ce qui inquiète au plus haut degré la société civile qui redoute que la guerre traine à cause de la ruse des milices locales.

Il faut indiquer qu'au cours de la même nuit du mercredi, nombreuses maisons de commerce du centre de Mununze, à près de 10 kilomètres de Mangina étaient en train d'être mises en sac par un autre groupe d'hommes soupçonnés Maï-Maï.

correspondant à Beni

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.