Cote d'Ivoire: Lutte contre la piraterie maritime - Des magistrats ivoiriens renforcent leurs capacités

8 Novembre 2019

Le Secrétaire permanent du comité interministériel de l'action de l'Etat en mer (Sepcim-Aem), Abroulaye Fofana, a indiqué ce vendredi 8 novembre 2019, lors d'une conférence de presse à la Primature, que des textes sont en cours afin de permettre aux magistrats ivoiriens de condamner les actes de piraterie maritime.

Neuf magistrats, un gendarme, un policier et un représentant du Sepcim-Aem ont pris part à un exercice d'immersion à bord d'un navire français dénommé « La somme ». Cet exercice organisé par le Sepcim-Aem et l'Office des nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) et financé par l'Union européenne, s'est déroulé au cours de la traversée entre les ports de Téma (Ghana) et d'Abidjan (Côte d'Ivoire) du 7 au 8 novembre. Et s'inscrit dans le cadre de l'exécution de l'exercice sous-régional dénommé « Grand African Nemo ».

Cet exercice vise à familiariser, à renforcer les capacités de ces agents d'application de loi sur les procédures de collecte et de traitement des preuves en mer dans la conduite des poursuites judiciaires liées à la criminalité maritime en Côte d'Ivoire.

Pour Abroulaye Fofana, l'objectif est de renforcer les capacités de la chaîne pénale et que cet exercice fait suite au procès fictif organisé en juin 2019 à Abidjan, sur la piraterie maritime. Il a par ailleurs expliqué que la plupart des pays du Golfe ne disposent pas de textes juridiques pouvant permettre aux magistrats de condamner les pirates. « Aucune condamnation en matière de piraterie maritime n'a été encore enregistrée dans ces pays », a-t-il révélé. Toutefois, a poursuivi M. Fofana, la Côte d'Ivoire a pris des textes (en cours) pour y remédier.

Il a, en outre, indiqué que l'action de l'Etat en mer repose sur cinq missions, à savoir les missions commerciale, économique, militaire, diplomatique et judiciaire.

Le chef de section de l'Union européenne, Hadrien Maillard, a pour sa part indiqué que cet exercice est d'une importance capitale dans la mesure où 90% du commerce mondial se fait par voie maritime. « Les eaux du Golfe de Guinée sont les plus dangereuses », dit-il.

Le lieutenant-colonel Kouadio Aké José-Nicole, qui était de la partie, a souligné que l'exercice s'est très bien déroulé. « Cet exercice consistait au renforcement des capacités de nos magistrats principalement. Ils ont été mis à bord d'un navire français du Ghana jusqu'en Côte d'Ivoire, afin qu'ils vivent les réalités des marins. En tout cas, cela a été une expérience enrichissante », a-t-elle expliqué. Avant de souligner que les magistrats ont été instruits sur le droit maritime. Ils ont eu droit à un exercice pratique où ils ont appris comment appréhender par exemple un suspect et surtout le respect de ses droits.

Diakité Mamadou, avocat général au parquet général près la cour d'appel d'Abidjan, se dit également satisfait de cet exercice qui a été pour lui d'un apport appréciable. « Lorsqu'un pirate est pris en mer, on parle de rétention et non de détention. Ensuite, la garde à vue commence quand il quitte la mer », s'est réjoui l'avocat. Il a remercié les autorités ivoiriennes qui se soucient de leur formation.

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