Afrique de l'Ouest: Le coup de force de la Cédéao

Un bureau de vote lors de l'élections du 13 avril 2014, en Guinée-Bissau.

La Cédéao fait pression pour faire respecter sa feuille de route. L'organisation ouest-africaine a annoncé, vendredi 8 novembre, le renforcement de sa force en Guinée-Bissau (ECOMIB) et l'envoi d'une délégation de chefs d'État avant la présidentielle prévue le 24 novembre. C'est un nouveau désaveu pour le président José Mario Vaz.

José Mario Vaz a limogé, la semaine dernière, le chef du gouvernement Aristides Gomes, et nommé son propre Premier ministre, Faustino Imbali. Mais celui-ci a fini par démissionner, vendredi.

Pour le moment, il n'y pas de réactions du président. José Mario Vaz, également candidat à la présidentielle, poursuit sa campagne à l'intérieur du pays et ne sera pas de retour, dans la capitale, avant ce dimanche.

Ce samedi matin, l'un des responsables de la campagne de « Jomav », comme on l'appelle ici, a émis une réponse évasive : « Nous sommes occupés sur le terrain. Nous n'avons pas reçu le communiqué de la Cédéao. Nous verrons cela à notre retour à Bissau. »

Et dans le QG de campagne, dans la capitale, les conseillers bottent en touche, en distinguant le candidat du président.

Réaction très virulente, en revanche, du côté du candidat du MADEM-G15, premier parti d'opposition au Parlement. Pour Umaro Sissoko Embalo, le communiqué de la Cédéao est une « honte nationale », une « atteinte à la souveraineté » de la Guinée-Bissau. Il demande à José Mario Vaz de « mettre fin à sa campagne » et de le soutenir.

Du côté du gouvernement d'Aristides Gomes, en revanche, en majorité issu du PAIGC, c'est un sentiment de satisfaction qui prévaut après le soutien réaffirmé de l'organisation régionale. « C'est logique, c'est sa position depuis le début du bras de fer », affirme son entourage, avant d'ajouter que José Mario Vaz a pris des décisions « illégales ».

Réactions à la démission de Faustino Imbali

L'équipe d'Aristides Gomes n'a jamais reconnu de légitimité à ce Premier ministre et son gouvernement. Par conséquent, pour elle, cette démission annoncée est « une évidence ».

Le candidat du MADEM Umaro Sissoko Embalo avait appelé, pour sa part dès vendredi, Faustino Imbali à démissionner, face au blocage. Il salue donc sa décision.

Cette démission - il faut le souligner - n'a pas encore été acceptée par le président. Faustino Imbali a déposé sa lettre au palais présidentiel. José Mario Vaz la trouvera donc à son retour, à Bissau.

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