Congo-Brazzaville: Route nationale n°2 - L'axe Owando-Yié interdit d'usage aux poids lourds à compter du 20 décembre

L'ultimatum, donné par le ministre de l'Equipement et de l'entretien routier, Emile Ouosso, le 7 novembre à Oyo, dans le département de la Cuvette, résulte d'un compromis avec les forestiers, un mois plus tôt, dans l'unique but de préserver le patrimoine routier.

« Nous avons fait des réunions, il y a bientôt un mois, et nous avons tous convenu avec les forestiers qu'à partir du 20 décembre, la circulation sera interdite aux grumiers et aux transports lourds entre Owando et Yié. A cette occasion, ils ont pris l'engagement de terminer la construction de la route dite des forestiers qui contourne donc la voie bitumée RN2 et RN1 », a fait savoir le ministre.

« La RN2 étant en travaux, il n'est pas décent que ceux-ci soient perturbés par un trafic des grumiers. Raison pour laquelle certains forestiers souhaitent déjà utiliser le port d'Oyo. C'est une très bonne chose, mais nous devons auparavant mettre à niveau la chaussée entre Owando et Oyo qui est en ce moment très fragilisée », a souligné Emile Ouosso.

A cet effet, il est prévu une route de contournement et d'accès au port d'Oyo. Le tracé de cette route achevé, le démarrage des travaux effectué par le ministère de l'Equipement, reste plus qu'à mettre de la latérite à la norme forestière pour rendre cette voie plus viable. Ainsi, « Ils pourront passer tranquillement déposer leur bois au port d'Oyo, que ce soit le bois grume ou transformé qui constitue l'essentiel de leur production », a assuré le ministre.

« A nous maintenant de terminer les équipements qui manquent au port d'Oyo, d'assurer le balisage de l'embouchure de l'Alima sur le fleuve Congo », a-t-il confié à la presse, avant d'appeler les transporteurs privés, intéressés par le transport fluvial, de saisir cette opportunité en s'organisant en entreprise « véritablement rentable », car a annoncé le ministre, « il y aura du trafic ».

Des postes de pesage et péage fonctionnels

En mission de travail du 5 au 7 novembre dans les départements de la Sangha et de la Cuvette, le ministre de l'Equipement et de l'entretien routier a visité, entre autres, les postes de péage et les stations de pesage fonctionnels à Kokoua et Ketta (Sangha), ainsi qu'à Obouya (Cuvette), gérées par la société Afrique pesage Congo.

Aussi, la visite des trois dernières stations situées entre Sembé et N'Tam, qui seront « bientôt opérationnelles », selon le ministre de l'Equipement, a également été l'objet de cette mission.

Pour passer au crible les poids lourds, la société Afrique pesage dispose d'un équipement de pèse essieux de type 7 et 10 qui permet aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes d'êtres pesés pour voir si la charge limite de cinquante tonnes ou de trente tonnes -selon les dispositions de la loi- est respectée. « Sur la facturation qui va être donnée à l'usager essieu par essieu ou par groupe d'essieux, sera marqué le poids autorisé. Et s'il y a surcharge, l'usager se doit de payer l'excédent. Souvent, on est confronté à une réalité. Le camion peut avoir cinquante tonnes mais son chargement est fait de sorte que l'essieu avant est conforme mais il a tout chargé par l'arrière. Dans ce cas, l'essieu arrière présente automatiquement une surcharge », a expliqué Lamine Thiam, directeur d'exploitation d'Afrique pesage Congo, avant de remettre en cause leur technique de chargement.

Selon la facturation de la surcharge, les camions en excédent de zéro à cinq tonnes devront payer vinq-cinq mille fancs CFA la tonne, de cinq à dix tonnes une somme de cinquante mille francs leur est imposable par tonne, et de plus de dix tonnes, un montant de soixante-quinze mille francs la tonne. « La première pesée que j'ai eu à faire du site d'Obouya, le grumier était en surcharge de trente-neuf tonnes en partance de Pointe-Noire. C'est dire que sur un tronçon, il n'y a que trente tonnes d'autorisées, le camion a un poids total de soixante-neuf tonnes », a confié le directeur d'exploitation d'Afrique pesage Congo. Et le ministre de promettre : « Très bientôt, nous aurons terminé avec les comportements inciviques de ces transporteurs qui surchargent leur camion ».

Et Lamine Thiam de poursuivre:« Le poids du camion n'abîme pas les bitumes mais plutôt l'agressivité faite groupe d'essieux par groupe d'essieux sur le bitume qui vient s'affaisser, surtout que nous sommes dans un pays où il pleut beaucoup. Ce qui fait que les routes qui étaient prévues pour quinze ans se détériorent au bout de deux ans ». Il a profité de cette occasion pour appeler à une « sensibilisation continuelle » auprès des syndicalistes, des transporteurs et des usagers, car a-t-il rappelé: « L'Etat congolais dépense des milliards par an pour l'entretien de ces routes », avant de citer le ministre de l'Equipement. L'usure de la route par les poids lourds est « considérée comme un délit parce que c'est le patrimoine routier qui en prend un coût ».

En outre, le ministre Emile Ouosso a effectué une mission de contrôle et d'évaluation des travaux de cantonnage dans ces deux départements. « Actuellement, la chaussée reprend le dessus sur la végétation parce qu'entre-temps, c'est le phénomène inverse », a-t-il expliqué.

Pour l'entretien de la route, deux entreprises ont été installées à demeure sur le tronçon Ouesso-Ollombo. D'Ollombo jusqu'à Mambili, les travaux de cantonnage s'exécutent sur 246 km par la société Sotrab. Et la société Nocotec est à pied d'œuvre de la Mambili à Ouesso, soit 226 km. « Le premier test grandeur nature c'est Obouya-Owando. Cela donne satisfaction et c'est ce calibrage qui sera réalisé pour les autres tronçons. Nous avons en tête évidemment aussi d'autres routes bitumées pour lesquelles nous allons réfléchir à comment mettre des entreprises équipées pour faire que ces routes ne se referment pas et ne s'abîment pas rapidement », a promis le ministre.

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