Cameroun: Théâtre - A l'écoute d'Alep

L'écrivain et dramaturge togolais Gustave Akakpo a présenté une lecture théâtralisée, impressionnante de réalisme autour de cette ville de Syrie, le 17 juin dernier à Yaoundé

Est-ce la complicité suscitée par le confinement qui rend cette pièce plus vivante que jamais ? Dans la médiathèque de l'Institut français le 17 juin dernier, un public assis en cercle a pour épicentre d'attention du Togolais Gustave Akakpo auteur et narrateur de « Habbat Alep », une lecture théâtralisée. Le principe est celui de la pièce radiophonique, l'imagination et l'éveil du spectateur étant sollicités au possible. Les personnes venues embrasser cette aventure inédite, mise en scène par Cédric Brossard, sont bien aidées par la musicalité signée Pierre-Jean Rigac.

Les bruits, les odeurs, les visages, sont enrobés de réalisme grâce à aux éléments sonores qu'il insère avec subtilité à chaque passage. La musique est alors une boussole rassurante, un instrument d'orientation. Et en une heure et 20 minutes de lecture, repères et concentration demeurent aussi vivaces qu'à l'entame. On est emporté au cœur d'Alep, en Syrie, aux côtés d'un homme en quête de réponses sur son identité. Le cousin, peut-on appeler ce personnage anonyme mais sur qui pèse la profondeur de la pièce, est le fruit d'une union entre une Togolaise et un Syrien. Il se rend dans ce pays du Proche-Orient pour des recherches sur le « Mina », une langue morte que peu de Syriens parleraient encore (l'auteur fait une transposition, le mina étant en réalité une langue du Togo).

Coup de chance ou coup du sort, un membre de sa famille éloignée en maîtriserait les rouages. Se dessine alors une épopée intimiste et touchante, épicée d'une pointe d'humour, même si le drame couve. Le cousin se retrouvera au cœur d'une tragédie : une grossesse non désirée qui jette le discrédit sur toute une famille, dans une région où religion et tradition dictent toute morale. En bout de course, une conclusion peu évidente et pourtant inéluctable à la tragédie : la mort, oui mais pour qui ? « Habbat Alep » est l'héritage d'un voyage de Gustave Akakpo en Syrie en 2004. De ce séjour d'une vingtaine de jours, l'auteur déniche un éblouissant carnet de route. « Une chape de plomb pesait sur cette très belle ville et j'ai compris qu'elle allait finir par exploser. Cette pièce pour moi, raconte la violence de la tradition, son hypocrisie aussi », a révélé Gustave Akakpo. L'écrivain et dramaturge togolais était au Cameroun en juin dernier pour dévoiler sa vision contemporaine, musicale et impertinente du théâtre.

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