Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi - Cap sur Paris et Berlin !

Agenda fort chargé. Travail titanesque. La détermination de Félix Antoine Tshisekedi est telle qu'il n'a aucune minute à perdre, ni s'amuser à la tête du pays. Aujourd'hui, en effet, il est à Paris où il aura à prendre, une fois de plus, la parole pour faire entendre la voix de la RD. Congo à l'échelle internationale. 48 heures après, il ira à Berlin, en Allemagne, pour sa première visite officielle.

Partout où il passe, le tapis rouge lui est déroulé en guise de reconnaissance de la légitimité de son pouvoir à l'aune des joutes électorales du 30 décembre 2018. Mais, que faudrait-il attendre de tous ces périples à n'en point finir ? "Sans doute qu'il ramènera, comme cela devenu une habitude, un panier de promesses aux conditionnalités multiples", disent ses pourfendeurs, tapis dans l'ombre.

Au-delà de quelques questions en rapport avec des relations bilatérales, ces voyages, loin d'être une promenade de santé, ne peuvent valoir leur pesant d'or que si et seulement si les congolais y trouvaient leurs comptes.

Puisqu'après tout, ils occasionnent des dépenses faramineuses, au regard de la composition des équipes d'accompagnement et, surtout, de la kyrielle de membres des délégations en mission d'avance, il est tout à fait indiqué qu'en retour, les congolais soient tenus au courant de retombées immédiates ou escomptées, pour ne pas se berner devant cette espèce de chapelet de bonnes intentions dont font montrent la plupart des pays ainsi visités ou en voie de l'être dans les prochains jours ou mois à venir.

On a parlé à un certain moment de la diplomatie agressive. Doit-on croire que Félix Tshisekedi serait-il engagé sur cette voie-là ? Pas si sûr, pensent encore les sceptiques.

Car, en définitive, ce qui lui est demandé parait autant difficile qu'impossible à réaliser, sans casser les œufs de la coalition FCC-CACH sur lesquels il marche, depuis son investiture, le 24 janvier 2019.

A titre illustratif, il suffit de prendre le cas de la conclusion d'un programme avec le FMI, pour cerner les contours de ce que cachent, au juste, les réformes profondes tant réclamées ou les remises en question des contrats signés sous le règne de l'ère Kabila.

Les affaires d'Inga III, du Pont rail Kinshasa-Brazzaville ou la révision du code minier qui figurent aux premières loges de ces pressions des lobbies internationaux sont autant des sujets ultra-sensibles sur lesquels Félix Antoine Tshisekedi, quoique devenu Président de la République, reste, néanmoins, incapable de donner une suite conséquente s'il n'entre pas en contact avec Kabila dont l'aversion pour ces genres de manigances de nature à lui inspirer l'idée effroyable des immixtions, est connue de tous.

Même là aussi, puisqu'il s'agirait des matières à problème, leur solution passe forcément par des préalables sur fond des discussions directes.

Comment alors espérer qu'en un temps relativement si court, que Félix Antoine Tshisekedi retrouve la baguette magique qui ferait, curieusement, plier l'échine à Kabila, plus particulièrement, sur ces points précis ?

"Donc, le dur reste à faire. Et toute la suite de la consolidation de la coalition en dépend", susurre-t-on, dans plusieurs milieux pensants.

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