Ile Maurice: Vikram Hurdoyal - «La sécurité de Navin Ramgoolam était ma responsabilité... »

11 Novembre 2019
interview

Vives tensions à l'école Ramnarain Roy, à Bel-Air, aux petites heures samedi. Cela, après que Navin Ramgoolam, candidat battu, est revenu au centre de dépouillement avant la proclamation des résultats. Salué sur la Toile pour son comportement, Vikram Hurdoyal, candidat MSM élu en tête de liste au n°10, revient sur le déroulement des événements...

Tôt samedi matin, alors que le counting est sur le point d'être terminé et que Navin Ramgoolam a déjà quitté les lieux, voilà qu'il revient...

Effectivement, Navin Ramgoolam était présent à l'école jusqu'à très tard. Vers 1 h 30 du matin, il est parti. La tendance était déjà claire que nous allions vers une grande victoire. L'écart de voix entre Sunil Bolah et le leader des Rouges était de 300. Je suppose que ce dernier espérait pouvoir rattraper le coup à la dernière minute. Le comptage était sur le point d'être finalisé vers 2 heures quand nous avons appris que Navin Ramgoolam revenait dans le centre de dépouillement.

Dès cette annonce, les esprits ont commencé à s'échauffer. Pourquoi ?

Des partisans m'ont appris qu'il était en route pour le centre de dépouillement car il voulait demander un recount. Il n'était pas convaincu par la façon de faire. En l'apprenant, les partisans qui attendaient la proclamation des résultats n'étaient pas contents. D'une part, tous étaient fatigués, y compris les fonctionnaires qui étaient à pied d'oeuvre depuis 7 heures du matin, la veille. Si vers 20 heures, au moins 2 000 personnes étaient présentes dans la cour de l'école, il n'en restait qu'environ 500 à 2 heures du matin. Ils s'impatientaient depuis un moment déjà et demandaient au Returning Officer (RO) de proclamer officiellement les résultats. Ensuite, des rumeurs ont circulé, faisant croire que des partisans de Navin Ramgoolam, furieux, étaient également en route pour l'école. Et qu'ils comptaient faire du désordre. C'était complètement faux mais cela a eu l'effet escompté, les gens étaient remontés.

Donc, à deux heures et quart, Navin Ramgoolam arrive, accompagné de son avocat, Ritish Ramful. Les insultes pleuvent. Que se passe-t-il ensuite ?

L'ancien Premier ministre a rencontré le RO et lui a fait part de ses grounds of objection. Il disait qu'il voulait un nouveau comptage.

Sur quoi étaient basées ses objections ?

Plus tôt, des 22 classes où se déroulait le comptage, Navin Ramgoolam était en avance sur Sunil Bholah dans deux d'entre elles - la 12 et la 15. Il ne comprenait pas comment il avait pu être rattrapé. Ensuite, il disait qu'il manquait des tampons sur certains bulletins. En réalité, il y en avait. Ils n'étaient pas trop visibles mais ils y étaient. La foule est devenue hostile pendant que les discussions se poursuivaient. Finalement, le RO et Navin Ramgoolam sont allés dans une salle de classe pour s'entretenir.

C'est à ce moment-là que vous vous êtes adressé à vos partisans pour calmer les esprits, avant de rejoindre Navin Ramgoolam dans ladite salle. Pourquoi ?

Oui, c'est exact. Je sentais la tension et je ne voulais pas de dérapage. Je n'hésite pas à le dire, certains des partisans étaient sous l'influence de l'alcool. Il fallait que j'intervienne, que je leur parle moi-même. Navin Ramgoolam, comme n'importe quel candidat, avait le droit de demander des précisions. Il fallait faire preuve de respect et de discipline. De plus, Navin Ramgoolam est un leader et un ancien Premier ministre. Le respect est important. J'ai informé les partisans que j'escorterai personnellement Navin Ramgoolam. Qu'il quitterait le centre à mes côtés. Sa sécurité était ma responsabilité.

Avez-vous eu l'occasion d'échanger avec le leader des Rouges ?

On s'est parlé dans la salle. Il m'a dit qu'il n'arrivait pas à croire qu'il n'avait pas été élu dans cette circonscription. Il était déçu mais il a gardé son calme pendant toute la durée du counting et même quand il est revenu. Li ti cool ek konpréansif. Après les discussions, le leader des Rouges était satisfait et il a décidé de quitter les lieux. Il était d'accord que je l'accompagne et que je l'assiste.

Vous a-t-on promis un maroquin?

Non, on ne m'a rien promis. Nommer les ministres, c'est la prérogative du Premier ministre. Que je sois ministre ou député, je serai toujours un homme de terrain. Je privilégierai toujours la proximité avec mes mandants. Travay pou kontinié parey.

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