Cote d'Ivoire: Affaire « Révocation du commandant Fofana » - La preuve par 4 que Guillaume Soro est dans la manipulation

11 Novembre 2019

En politique, dit-on, tous les coups sont permis. Guillaume Soro semble avoir fait sienne cette maxime. Dans sa guerre contre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), il use de tous les moyens, y compris la manipulation, pour discréditer ses adversaires.

L'exemple le plus récent en date est ce que l'on pourrait appeler affaire «révocation du commandant Fofana».

Récemment en Espagne, l'ex-Pan a brandi la révocation de son ancien aide de camp le commandant Abdoulaye Fofana, comme l'un des symboles de l'acharnement du régime contre lui et ses partisans ; contre l'opposition. En clair, selon Guillaume Soro, ce militaire a été viré des effectifs de l'Armée ivoirienne parce qu'il est « soroïste». En réalité, il n'en est rien. B

ien plus, plusieurs faits confondent Guillaume Soro et achèvent de convaincre qu'il a tout faux, dans cette affaire. D'abord, il faut savoir que le commandant Fofana n'est plus l'aide de camp de Guillaume Soro.

En effet, après sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro a délibérément choisi comme aide de camp le commandant Kouassi Jean-Baptiste dit J.B, qui est en position de détachement et mis totalement à sa disposition. Soro n'a donc pas porté son choix sur le commandant Fofana.

Ensuite, Guillaume Soro n'a pas droit à deux officiers pour sa sécurité, mais à un seul. Ce qui signifie qu'il ne peut pas garder ces deux hommes près de lui. Même le chef de l'Etat a un seul aide de camp. Et ce que l'ex-PAN ne dit pas, c'est qu'il n'a pas fait la demande d'un officier supplémentaire.

En clair, du moment que Guillaume Soro a choisi le commandant J.B comme son aide de camp, le commandant Fofana ne peut donc prétendre à ce poste, à ses côtés. Par ailleurs, l'officier s'est rendu coupable de désertion.

Sur la question, les textes sont clairs. Lorsqu'un militaire ne se présente pas dans son unité pendant plus de 15 jours, alors qu'il n'est pas officiellement en position de détaché et ne bénéficie ni de permission ni d'ordre mission, il tombe sous le coup de la loi N° 2018- 861 du 19 novembre 2018 portant ratification de l'ordonnance N° 2018- 515, qui indique, notamment en son article 3, que «tout militaire totalisant plus de 15 jours de désertion est radié des effectifs».

Tout militaire signifie simplement tous grades et toutes catégories confondues. Au lieu d'un délai de grâce de 15 jours, c'est plutôt de ... 150 jours dont le commandant Fofana a bénéficié pour régulariser sa situation.

Une preuve que sa hiérarchie lui a donné toute la latitude de rentrer en caserne. Disons-le tout net, l'attitude du commandant Fofana n'est ni plus ni moins une défiance à l'autorité. Il est même informé de l'ouverture d'une procédure de désertion contre lui par son unité (Garde Républicaine) depuis le 27 mai.

Qu'importe pour cet officier, il continue de refuser de répondre aux injonctions de ses chefs et est régulièrement aperçu sur les réseaux sociaux au cours de meetings en Europe.

Toutefois, son sort au sein de l'Armée n'est pas encore totalement scellé, car la révocation, comme le dispose l'article 6 de la loi N° 2018-861 du 19 novembre 2018 portant ratification de l'ordonnance N° 2018-515, ne devient définitive pour les officiers, qu'à la suite de la prise d'un décret confirmant la décision du Chef d'EtatMajor Général des Armées (CEMGA).

La première étape de la procédure de révocation, amorcée par la constitution d'un dossier de désertion, est donc du ressort du chef d'Etat-Major Général, contrairement à ce que d'aucuns prétendent. Le commandant Fofana a donc, s'il le désire vraiment, une chance de se rattraper, en se présentant à sa hiérarchie, avant la prise du décret par le président de la République.

Ainsi, il sera alors conduit devant le Tribunal militaire, la désertion étant une infraction pénale. Le juge décidera alors de la sanction à lui infligée.

Tout cela montre que Guillaume Soro joue ouvertement la carte du dénigrement du pouvoir et de l'intoxication des populations. Pour un homme politique de sa trempe, qui a été ministre, Premier ministre et président de l'Assemblée nationale, c'est tout simplement affligeant.

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