Afrique: "Égalité des genres en Afrique rurale", des décideurs du continent veulent passer des engagements aux résultats

11 Novembre 2019

Ils viennent de divers pays de l'Afrique de l'Ouest et du continent africain. Ce sont des décideurs du continent africain pour ce qui est de la question genre et aussi du milieu rural du continent africain.

Ces acteurs ont répondu présents à la Conférence annuelle 2019 du ReSAKSS (Système régional d'analyse stratégique et de gestion des connaissances), qu'organise à Lomé, l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) en collaboration avec la Commission de l'Union africaine (CUA).

Pour cette édition, il est question de la revue et du dialogue autour de l'agenda de mise en œuvre du Programme Détaillé de Développement de l'Agriculture en Afrique (PDDAA).

Honneur a été fait au ministre de l'Agriculture, de la Production animale et halieutique du Togo, Noel Koutéra Bataka, d'ouvrir les travaux de cette 19ème rencontre ce Lundi 11 Novembre 2019. Il a salué, dans une brève historique, les acteurs qui ont contribué à la réactivation du ReSAKSS en 2009 au Togo.

Le membre du gouvernement togolais a invité les délégués à produire des éléments qui aideront à la rédaction de meilleures politiques nationales, sur l'équité genre.

Pour ce qui du Togo, il est revenu sur le fait qu'en lançant en Mars dernier le PND (Programme National de Développement), le Chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, inscrivait l'agriculture au rang d' "un des moteurs de la transformation de notre économie".

Et donc comme une sorte d'exhortation, il a ajouté que "nous devons mettre la houe dans les musées et mécaniser l'agriculture".

C'est d'après le ministre Bataka, un moyen de faciliter la tâche aux femmes et aux jeunes des milieux ruraux qui s'adonnent à l'agriculture et amener d'autres encore à s'y investir.

Outre le ministre Bataka qui ouvrait les travaux de cette conférence, diverses autres interventions ont meublé la cérémonie.

Entre autres intervetions, il y a celle de Dr. Afeikhena Theo Jérôme, Conseiller spécial auprès du Commissaire, Département de l'Economie rurale et de l'Agriculture, Commission de l'Union Africaine (AUC-DREA), qui intervenait de la Commission de l'UA.

Il a formulé un plaidoyer en faveur du genre et précisément de la gent féminine. D'autres encore ont mis l'accent sur la politique genre dans les politiques nationales.

Un message de la CEDEAO a aussi été livré aux participants. Sur le thème de cette conférence, la CEDEAO espère un partage des bonnes pratiques pour le bonheur du milieu rural africain.

Il est constaté à regret qu'un écart de 34% reste à combler entre les hommes et les femmes sur le continent, et qu'en Afrique de l'ouest, l'écart vairie entre 30 et 42% et s'est aggravé avec le terrorisme.

"Ceux qui vivent dans les lieus ruraux tout comme ceux des milieux urbains, ont le même droit d'accès, à la santé, à l'éducation, ....", a relevé le responsable du département Agriculture, de l'Environnement et des Ressources hydriques de la Commission de la CEDEAO.

C'est pour traduire cette volonté dans les faits que son département travaille en étroite collaboration avec le département des Affaires sociales et genre...

De ce rapport 2019, on en retient d'après la Chercheure senior à l'IFPRI et coéditrice du rapport, Agnes Quisumbing, que « l'élément nouveau avec le rapport ATOR de cette année, c'est qu'il souligne les nombreux coûts de l'inégalité entre les genres à tous les niveaux : de l'individu à la nation, en passant par le ménage et la communauté ».

Ainsi, le rapport indique que les normes sexo-spécifiques et l'inégalité entre les genres sont à l'origine des disparités dans les revenus, les actifs, la capacité de production, le capital humain et le bien-être général des hommes et des femmes.

Par exemple, des femmes qui ne bénéficient toujours pas des mêmes droits fonciers que les hommes. Malgré les récentes réformes agraires favorables à l'égalité des genres dans plusieurs pays, l'accès des femmes à la terre diminue dans certaines localités.

Aussi, note-t-on que les femmes ont également un accès restreint aux services et aux produits financiers. Les services tels que le crédit, l'épargne et l'assurance peuvent améliorer les perspectives économiques des femmes.

Cependant, en matière d'inclusion financière, l'écart existant entre les hommes et les femmes est souvent aggravé par le manque d'accès des femmes au téléphone mobile, leur faible niveau d'alphabétisation et les normes qui limitent leur mobilité et leurs droits de posséder des actifs.

Et parlant de l'inclusion financière, Jemimah Njuki, Responsable de Programme senior au Centre de Recherches pour le Développement international (CRDI) a déclaré : « l'inclusion financière est un mécanisme qui permet aux femmes de faire prospérer leurs entreprises et leurs investissements ; il est donc essentiel de combler l'écart de sorte que les femmes soient en mesure de réaliser les investissements dont elles ont besoin ».

« Cela signifie qu'il faut s'assurer que les institutions financières répondent aux besoins des femmes, et non pas changer les femmes pour qu'elles s'y conforment" a-t-il ajouté avant de poursuivre, "nous pensons trop souvent à rendre les femmes solvables, alors que ce que nous devrions faire, c'est adapter les institutions financières aux besoins des femmes".

Une certitude qui se dégage, c'est que "les données et les résultats de la recherche obtenus grâce à des outils comme l'indice IAFA et d'autres indicateurs peuvent aider les décideurs à aller au-delà de leurs engagements en intégrant l'égalité des genres dans les programmes et les politiques.

La recherche montre que des politiques bien conçues peuvent améliorer simultanément l'égalité des genres et les résultats du développement grâce à une mise en valeur du potentiel inexploité représenté par les femmes et les filles".

En tout cas, avertit la Directrice de AWARD, Wanjiru Kamau-Rutenberg, "les défis majeurs du continent africain vont tous exiger le meilleur leadership possible" et "si nous parvenons à résoudre les inégalités entre les genres à l'échelle du continent, nous aurons accès à la trempe des leaders de premier ordre dont nous avons besoin pour résoudre ces problèmes".

Pour information, chaque édition du rapport se donne pour mission d'analyser un sujet d'actualité qui revêt une importance stratégique pour l'agenda du PDDAA.

Cette année, le rapport ATOR 2019 met en lumière les progrès et les résultats de la recherche sur l'égalité des genres, un thème transversal de la Déclaration de Malabo et un engagement majeur de la Déclaration solennelle de 2004 pour l'égalité des genres en Afrique.

Les politiques et les programmes sensibles au genre sont les éléments essentiels pour une progression efficace du programme de transformation agricole de Malabo.

L'application d'une perspective sexo-spécifique aux diverses questions concernant les populations rurales facilitera la participation sociale, politique et économique des femmes au développement agricole et fournira les données supplémentaires nécessaires pour faire progresser l'égalité des genres.

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