Afrique: Menaces et provocations du FCC - La patience de Tshisekedi a des limites

12 Novembre 2019

Le président de la République prend l'opinion tant nationale qu'internationale à témoin

Entre le CACH du chef de l'Etat Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila, c'est l'hypocrisie qui règne. L'on tente juste de sauver les apparences alors que sous leur coalition sourd un volcan à même d'entrer en éruption à tout moment. L'objectif du FCC est connu : faire échouer Félix Tshisekedi pour une récupération probable du trône présidentiel en 2023. Les menaces et autres provocations de ses principaux ténors mettent à nu son plan d'attaque. Pendant ce temps, Fatshi consolide sa toile diplomatique et peut surprendre en rebondissant pour remettre les pendules à l'heure

« Je suis pleinement président ». C'est la déclaration fracassante faite par le chef de l'Etat Félix Tshisekedi lors d'une interview accordée dernièrement à France 24 et RFI. Dans l'opinion, cette déclaration a eu l'effet d'un coup de tonnerre entendu comme un terme à toutes les rumeurs qui présentaient Fatshi comme un président faible, inféodé à Joseph Kabila, autorité morale du FCC.

En déclarant tout haut qu'il était « pleinement président », Félix Tshisekedi a lancé un message clair aux nostalgiques du FCC qui se croiraient encore forts, jusqu'à dicter la marche de l'Etat. Depuis le 24 janvier 2019, date de passation de pouvoir entre le sortant Joseph Kabila et l'entrant Félix Tshisekedi, l'alternance est de mise. Le pouvoir a changé des mains et Joseph Kabila appartient au passé. Son temps est révolu. Malheureusement, dans les rangs du FCC, ils sont peu nombreux à comprendre cette dure réalité.

Le spectre d'un retour aux affaires de Joseph Kabila en 2023 hante les esprits. Pour s'en convaincre, le FCC a déployé ses pseudo-juristes pour baliser la voie. Ceux-ci tentent de créer le doute dans l'opinion en interprétant de manière unilatérale et subjective les dispositions constitutionnelles qui bloquent l'éligibilité de Joseph Kabila. Le modus operandi s'est étendu aux déclarations à l'emporte-pièce et autres actes dignes de provocations en règle. Objectif : fragiliser Félix Tshisekedi et entamer ses chances en 2023.

Fatshi ménage sa monture...

Curieusement, les menaces et diverses autres provocations du clan de Kabila ne semblent pas émouvoir le chef de l'Etat. Fatshi reste serein. Lorsque le FCC tente de le sortir de sa tanière, le chef de l'Etat se recroqueville, préférant garder le cap du schéma qu'il s'est tracé pour ses cinq ans de mandat. Pour le moment, il élargit et tisse calmement sa toile diplomatique. L'Europe et les Etats-Unis lui ont grandement ouvert leurs portes, sans compter le Japon et la Chine qui lui ont rassuré toute leur disponibilité.

En Afrique, des pays qui étaient présentés comme totalement acquis à la cause de Joseph Kabila n'ont pas hésité à tendre la main à Félix Tshisekedi. Yoweri Museveni de l'Ouganda, Paul Kagame du Rwanda et Joao Lourenco d'Angola ne cachent pas non plus leur admiration envers Félix Tshisekedi.

C'est dire que Fatshi s'est créé des appuis - et non des moindres. Après dix mois d'exercice du pouvoir, le chef de l'Etat a finalement une base arrière sur laquelle il peut compter pour asseoir son autorité. En interne, son parti, l'UDPS, est une machine inébranlable qui est prête à se lever à tout moment. Les premiers mois de Félix Tshisekedi l'ont en même temps rapproché du peuple.

Face au FCC, Félix Tshisekedi a finalement de quoi opposer une farouche résistance. Il est par ailleurs couvert par les prérogatives que lui confère la Constitution en sa qualité de chef de l'Etat.

Un adage renseigne que « la vengeance est un plat qui se mange froid ». Le FCC ferait mieux d'intérioriser cette sagesse. Félix Tshisekedi n'est pas faible. Loin de là. Il a promis de « déboulonner » le système Kabila. A ce jour, il n'a jamais renié cette déclaration. Comme un bon aiguilleur, Félix Tshisekedi prend son temps. Il sait que d'ici à 2023, le temps jouera en sa faveur. « Il est pleinement président », rappelait-il à l'époque. Au moment opportun, il va s'interposer et ramener tout le monde dans les rangs, même tous ceux qui, par nostalgie, peinent à tourner définitivement la page Kabila.

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