Congo-Kinshasa: Bientôt 370 millions USD du FMI au titre de la facilité de crédit rapide

11 Novembre 2019

L'appui du Fonds monétaire international (FMI) se fait toujours attendre en République démocratique du Congo. À la Banque centrale du Congo, on se dit optimiste

La République démocratique du Congo (RDC) attend du Fonds monétaire international (FMI) un montant de 370 millions de dollars américains soit un peu plus de 166 millions de DTS en terme de facilité de crédit rapide. Le décaissement de ce montant se fera au mois de décembre 2019, en une seule tranche. Cette information a été livrée, le vendredi 8 novembre à Kinshasa, par le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo Mwana Nyembo. C'était au cours d'une conférence de presse qu'il a animée à l'issue de la 9ème réunion du Comité de politique monétaire (CPM) pour l'exercice 2019.

« La mission du FMI qui est en RDC prendra fin le 15 novembre 2019. À cette date, nous allons finaliser la validation de tous les critères quantitatifs ainsi que tous les autres critères structurels du programme de référence. La mission déposera son rapport au conseil d'administration du FMI. Je pense que les choses évolueront normalement. Autour du 16 décembre 2019, c'est-à-dire avant même la première évaluation prévue à fin décembre, la RDC pourra bénéficier de la facilité de crédit rapide. Un montant de plus ou moins 370 millions USD, soit un peu plus de 166 millions de DTS. Le décaissement sera fait en une seule tranche au mois de décembre 2019. Ce montant représentera au moins 25% de notre quotte part », a-t-il annoncé.

Il faut noter qu'une mission du département Afrique du FMI séjourne à Kinshasa depuis le mois d'octobre dernier. Cette mission du FMI fait suite à une précédente effectuée du 22 mai au 5 juin 2019, au titre de consultation en vertu de l'article IV des statuts du FMI, portant sur l'évaluation générale des indicateurs du cadre macroéconomique de la RDC.

À en croire le gouverneur de la BCC, l'objet de la mission actuelle de la direction du département Afrique du FMI, c'est de mettre ensemble, avec la partie congolaise, les conditions de mise en œuvre du programme économique du gouvernement. Programme qui sera appuyé par l'assistance technique des services du FMI ainsi que des appuis financiers de celui-ci.

« Actuellement, nous sommes en train de travailler pour valider les critères de performance économique, afin de parvenir à la réalisation du programme. Lorsque la mission de fin mai et début juin a remis le rapport au Conseil d'administration du FMI, ce dernier a estimé que le rapport était satisfaisant et que la RDC pouvait bénéficier des appuis du FMI pour son programme économique. En même temps, il avait été estimé nécessaire de faire passer la RDC par une première étape d'ajustement qu'on appelle Programme de référence. Ce programme de référence va prendre six mois, à compter de début octobre 2019 », a précisé Déogratias Mutombo.

Efforts supplémentaires

Et d'ajouter : « C'est n'est qu'une première mission. Il y en aura encore deux autres au mois de décembre 2019. Une mission du département juridique et financière du FMI fera une évaluation de la gouvernance institutionnelle au niveau de la RDC et une évaluation du cadre national de lutte contre la corruption. Il ne s'agit pas d'un audit tel que certains le présentent. Le FMI va consulter toutes les structures étatiques dont les ministères, la banque centrale et les entreprises qui sont impliquées dans les activités qui impactent l'activité économique du pays. On procédera à un état des lieux de la gouvernance. A l'issue de la mission, le FMI proposera des mesures d'amélioration de cette gouvernance. Il s'agit là d'un repère structurel. Une fois que nous nous mettrons d'accord sur ces repères structurels, la RDC devra s'y conformer pour les réaliser. La troisième mission va se pencher sur l'évaluation de la sauvegarde de la Banque centrale du Congo. C'est également une mission d'évaluation de la gouvernance au niveau de la Banque centrale du Congo, pour voir si notre système de comptabilité donne des informations fiables sur notre patrimoine, sur les fonds que nous recevons du FMI... . Il sera question d'évaluer le système de contrôle interne, évaluer les procédures de contrôle interne : qui sécurise les opérations ? Comment fonctionne le service d'audit ? Sont-ils indépendants des autres directions ? L'indépendance opérationnelle de la BCC sans interférence extérieure sera aussi évaluée », a expliqué Déogratias Mutombo.

Signalons par ailleurs que le Programme formel avec le FMI ne pourra être mis en œuvre qu'au second semestre 2020 mais il devra être assorti des critères de performance. Ce qui devra déclencher les appuis budgétaires des autres institutions financières internationales. L'objectif final de toutes les missions que le FMI effectue en RDC, c'est de s'assurer que les fonds qui seront mis à la disposition de la RDC via l'Institut d'émission soient bien gérés. Et, à terme, qu'ils soient bien remboursés, de manière à servir les autres Etats membres du FMI.

Pour Deogratias Mutombo, c'est la visite effectuée en avril 2019 à Washington (USA) au siège du FMI, qui a enclenché tout ce processus de reprise de la coopération formelle avec le FMI.

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