Congo-Kinshasa: Floribert Anzuluni - « Le système que nous continuons à combattre est toujours en place »

11 Novembre 2019

Après quatre ans d'exil en Europe, le coordonnateur du Mouvement citoyen « Filimbi », Floribert Anzuluni, a réitéré son engagement de continuer son combat contre un « système » caractérisé par les antivaleurs freinant le développement du pays.

Rentré depuis dimanche 10 novembre 2019, le coordonnateur du Mouvement citoyen « Filimbi », Floribert Anzuluni, n'a pas voilé ses pensées. Il promet de continuer à mener de différentes actions pacifiques afin d'éradiquer l'ancien système, en incitant l'actuel gouvernement à travailler pour le véritable atterrissage d'un État de droit. « Le système que nous continuons à combattre est toujours en place. Nous allons très clairement continuer à mener différentes actions pacifiques et non violentes en vue de combattre et éradiquer ce système », a-t-il dit déclaré. Et d'ajouter que : « Nous allons conscientiser la population, afin qu'elle comprenne que le véritable changement ne viendra que lorsque ce système sera déraciné ».

Quant à lui, ce système est caractérisé pas les antivaleurs, notamment la corruption, le détournement des fonds publics, violences politiques, la prise en otage d'une minorité par et des violations des droits de l'Homme.

Dans cette logique, il a révélé que l'Accord du 31 décembre 2016 lui a donné l'accès de retourner au pays. « Officiellement j'ai été blanchi depuis l'accord de la Saint Sylvestre qu'il était reconnu que je faisais partie des personnes victimes du régime de l'époque, et puis aujourd'hui le message est clair. Nous demandons aux exilés politiques de retourner en RDC », a-t-il poursuivi.

A noter que Floribert Anzuluni est bénéficiaire de l'Accord du 31 décembre 2016, conclu entre le camp Kabila et l'Opposition sous la médiation de l'Église catholique. Ainsi donc, dudit accord consacré la mise en place d'une commission des « hauts juges » en vue de tabler sur les cas des exilés politiques.

Sur la même lancée, Floribert Anzulini a jugé le moment « propice » pour son retour plus de neuf mois après l'investiture du nouveau chef de l'État Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre. Dans cet ordre d'idées, il se félicite que « la mobilisation interne et externe » ait empêché Joseph Kabila de se représenter, puis d'imposer son « dauphin », Emmanuel Ramazani Shadary, comme vainqueur de la présidentielle.

À propos des élections du 31 décembre 2018, il a accusé la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d'avoir organisé des élections très chaotiques en faveur du Front commun pour le Congo (FCC). « Pour nous ce processus électoral n'a pas été suffisamment transparent et démocratique », a-t-il conclu.

Cadre bancaire spécialisé dans la gestion des risques, M. Anzulini avait quitté la République démocratique du Congo en mars 2015 après un coup de filet de la police visant Filimbi et des activistes des mouvements Balai citoyen (Burkina Faso) et Y'en a marre (Sénégal), rappelle-t-on. Et en son absence, quatre militants de son mouvement « Filimbi » (« coup de sifflet » en swahili) ont été emprisonnés près d'un an sous l'ancien régime de Joseph Kabila. Ils ont été libérés juste avant les élections du 30 décembre 2018.

Plusieurs opposants sont rentrés de l'étranger en RDC depuis l'investiture du président Félix Tshisekedi. Le plus célèbre est l'ancien gouverneur du Katanga minier Moïse Katumbi, rentré le 20 mai dernier après trois ans en Belgique.

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