Madagascar: Ils ont fait le buzz - Marco Ilaimaharitra, victime de plus du racisme footballistique européen

Le racisme et le football européen, deux bons compagnons inséparables dans les stades

L'affront raciste subi par Marco Ilaimaharitra lors de son match en club dans le championnat belge le 3 novembre, a soulevé l'indignation de la planète « réseaux sociaux » malgaches. C'est qu'il ne fallait pas toucher à ce tôlier des Barea de Madagascar. Ce soulèvement numérique revêt encore plus d'intensité puisque l'équipe nationale malgache va affronter les éthiopiens samedi.

En fait, le milieu de terrain ne sera pas la seule ni, sûrement, la dernière victime de ces invectives racistes dans les stades européens. Il est sans doute temps de rappeler que les Samuel Eto'o, Prince Guano, Mario Balloteli, les frères Boateng... ont tous été confrontés à cette haine des africains ou des originaires de l'Afrique par des supporters « blancs » prônant la suprématie d'une race. Et ce ne sont pas des joueurs de seconde zone, ces noms appartiennent à des footballeurs de classe mondiale.

On a beau dire que c'est pour déstabiliser, par tous les moyens, le meilleur joueur sur le terrain. Du coup, il suffit de laisser aller l'imagination. Si pendant les Jeux des îles accueillis par Madagascar, les spectateurs malgaches criaient « sale méduse », aux joueuses blanches de ping-pong de l'équipe réunionnaise. Ou encore, si le public faisait des grognements de cochons ou traitait de terroriste barbare un pugiliste arabe lors d'un championnat d'Afrique de boxe dans le Palais des Sports de Mahamasina.

Ce qui est presque sûr, c'est que le gars il va directement en prison. Ensuite, tout le monde applaudira son sort. Et si encore par imagination, un politicien créait un parti d'extrême droite malgache. Prônant des slogans chers à l'antisémitisme comme « dehors tous les étrangers, retournez chez vous et cessez d'exploiter les malgaches ». En plus, si on se réfère à la très belle démocratie européenne, ce parti extrémiste pouvait se rassembler à Analakely tous les mois avec l'autorisation des dirigeants d'Antananarivo, de la préfecture à la mairie. Pancartes en main, banderoles, etc...

Puisque ces racistes dans les stades européennes se retrouvent souvent lors des rassemblements des partis d'extrêmes droites de leur pays. Leurs gestes sont alors condamnés par la FIFA ou la CAF, mais leurs partis sont autorisés à exercer allègrement par les politiques. Alors, comme l'Europe est un modèle de bonne conduite et de bonne morale, pourquoi ne pas faire de même à Madagascar ? Il suffit de voir les crimes perpétrés par ces groupuscules, bien terrés dans des partis politiques légaux, envers leurs concitoyens pour se rendre compte de leur utilité ou non dans leur pays.

Si Marco Ilaimaharitra a pleuré, c'est parce qu'il a du cœur, un respect pour le football et une fierté pour son pays. Il est fort probable que tous les joueurs des Barea de Madagascar ayant participé à l'exploit malgache en Egypte, ont acquis quelque chose allant au-delà de tout ce qui est clivage. Ils ont unifié le pays pardi. Tout en lui permettant de rêver malgré sa pauvreté. Donc, lui classer parmi les singes n'a pas été une très bonne idée.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.