Cameroun: Le MRC est- il un parti violent?

12 Novembre 2019
analyse

Comme un traînée de poudre, le RDPC et ses satellites essayent de distiller dans l'opinion, l'idée selon laquelle le MRC serait un parti politique violent et qu'il est judicieux de s'en prémunir, en le privant systématiquement de tous les droits politiques, notamment des libertés politiques, voire en le suspendant.

La sortie de MESSANGA NYAMDING ci-dessous, dans une des émissions phares de la RADIO TÉLÉVISION EQUINOXE, dans laquelle il justifie l'ostracisme dont est victime le MRC, par le fait que ce parti fait peur, parce que violent, ne doit pas faire rire. En réalité cette attitude procède d'un élément de langage désormais rodé, dont l'un des inspirateurs est Mathias OWONA NGUINI. Ce cliché qui commence à irradier, a été repris par un des alliés supposé du MRC, en l'occurence PAUL ERIC KINGUE, qui qualifie les militants ou sympathisants du MRC de TALIBANS.

Le caractère caricatural et excessif d'un tel propos, tant du côté du pouvoir que de l'opposition, cache mal, l'inaptitude des pourfendeurs du MRC à lui répondre sur le terrain des idées et sur le terrain politique, tant effectivement ce parti, fait peur, par sa capacité à séduire et donc à susciter l'adhésion des masses populaires.

Une observation plus fine du discours des partis politiques camerounais et de la démarche militante de ses membres et sympathisants ne saurait aucunement justifier de tels excès de langage.

En réalité, moi qui ai connu, en tant que militant et responsable politique, le positionnement des entités politiques de l'opposition nées dans les années dites de braise, dont le SDF, je trouve la démarche politique du MRC extrêmement modérée.

La fougue supposée des MRCISTES, est de loin moins " brutale" que celle qu'affichaient nos responsables et militants au SDF... Il faut rappeler pour l'histoire que des résolutions ouvertement violentes furent adoptées par le SDF dans l'optique de protester contre les abus du régime RDPC ... Qui ne se souvient des résolutions sur le BOYCOTT ACTIF ? Qui ne se souvient des conflits internes au SDF qui ont coûté la vie à un militant ? On peut multiplier ces exemples...Évidemment comme il n'y avait pas les réseaux sociaux, le fighting spirit qui animait ce parti n'est connu que des acteurs de l'époque et historiens aujourd'hui. Pour traduire ce côté teigneux, des observateurs nous qualifiaient de TÉMOINS DE JEHOVAH. Évidemment, cet esprit, même si encore incarné par des leaders, comme Jean Michel NINTCHEU, s'est évaporé de ce parti.

En revanche, le MRC à aucune occasion ne s'est inscrit dans une logique violente. Le changement dans la paix qui est le leitmotiv de son leader Maurice KAMTO, est même perçu par certains nostalgiques des années de braise, comme une forme de lâcheté.

En résumé, qualifier le MRC de violent est pour le pouvoir le joker argumentaire de celui qui n'a pas d'arguments face à plus fort sur le terrain des idées et sur le terrain politique. Par ailleurs, de tels propos venant d'un allié du MRC, procèdent d'un mauvais tacle politique...

La violence sociale et politique devenue endémique au Cameroun, dont on a des déclinaisons dans le NOSO et récemment à EBOLOWA et l'absence d'éducation politique, qui s'expriment par une forme de violence du verbe sur les réseaux sociaux, que l'on recontre tant chez les partisans de l'opposition, que ceux du pouvoir, ne doivent pas, par un exercice de communication faire porter au MRC la responsabilité du marasme camerounais, dont le seul artisan est PAUL BIYA et son régime barbare RDPC .

Me Amédée Dimitri TOUKOAncien conseiller Juridique du SDFAncien secrétaire Provincial du SDF-OUESTMilitant - Analyste Politique

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