Burkina Faso: Crise dans le secteur du Trading - Le gouvernement s'explique

12 Novembre 2019

Le ministre de l'Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré et celui du Développement de l'Economie numérique et des Postes, Hadja Fatimata Ouattara, ont répondu à des questions de députés, le vendredi 8 novembre 2019, au cours d'une plénière à l'Assemblée nationale.

Dans le cadre de leur prérogative constitutionnelle de surveillance de l'action gouvernementale, des députés ont interpellé le gouvernement à travers des questions en lien avec le trading et l'implantation de pylônes des compagnies de téléphonie mobile sur des parcelles à usage d'habitation.

L'hémicycle a consacré sa séance plénière du 8 novembre 2019 aux responsables des départements concernés pour y répondre.

Le ministre de l'Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), Lassané Kaboré est monté le premier sur l'estrade pour répondre à la question sur le trading, notamment à propos des investisseurs auprès de ces sociétés qui défrayent la chronique.

Le député interpellateur, Emmanuel Lankoandé, partant du principe qu'il revient à l'Etat de protéger les intérêts des populations, a demandé «comment une situation aussi explosive a pu se produire» et si le gouvernement peut rassurer sur un dénouement rapide de la problématique.

Le MINEFID s'est d'abord référé aux dispositions qui régissent la profession de l'appel public à l'épargne et à la réglementation bancaire.

Il a relevé que la législation prévoit que toute entreprise désireuse d'exercer dans ces domaines requière une autorisation préalable et dispose d'un agrément de l'autorité compétente, ce qui n'a pas été le cas des sociétés exerçant dans le domaine du trading et qui recevait des épargnes d'investisseurs à faire fructifier. «Certaines ont été créées pour faire de la formation et de la sensibilisation», a-t-il indiqué.

En outre, a-t-il poursuivi, le gouvernement a senti le besoin d'interpeller les acteurs lorsque les sociétés se sont mises à proposer des rendements mirobolants. « D'autres situations de ce genre ont eu lieu dans des pays voisins et ont donné lieu à des arnaques », a rappelé le MINEFID.

Les pylônes pour un service de qualité

Par ailleurs, Lassané Kaboré a indiqué que la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), soupçonnant des possibilités de blanchiment d'argent par le biais de cette activité, a saisi la justice qui a ordonné le gel des comptes des sociétés qui reçoivent des fonds des investisseurs.

Pour le ministre, il s'agit donc de deux procédures parallèles. Néanmoins, il a rassuré que ceux qui ne sont pas concernés par le blanchiment d'argent pourront bénéficier du remboursement de leur investissement et que la démarche du gouvernement vise à protéger les épargnants.

A sa suite, sa collègue en charge de l'économie numérique, Hadja Fatimata Ouattara, a donné des éléments de réponse au député Nabié Nimayé qui s'est inquiété de la proximité des pylônes des compagnies de téléphonie mobile avec les habitations alors que, selon l'élu, cette proximité prolongée peut être source de maladies.

La ministre de l'Economie numérique a battu cet argument en brèche. «Aucune étude ne permet d'affirmer cette nocivité.

Mais des normes ont été établies sous l'égide de l'OMS et servent de base au contrôle de puissance des équipements qui produisent des rayonnements électromagnétiques», a soutenu Mme Ouattara.

A l'entendre, les études de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) en 2016 ont conclu que ces normes sont respectées au Burkina Faso.

Quant à l'implantation des pylônes sur des parcelles à usage d'habitation, la ministre a expliqué que la principale raison est essentiellement d'ordre technique.

Cela participe à l'offre d'un service de qualité, a-t-elle dit. Les impératifs de couverture réseau impliquent que les usagers puissent capter des ondes qui leur sont proches et le nombre d'installations dépend de la taille de la population, a-t-elle détaillé.

Cette donne, a relevé Mme Ouattara, n'a pas été prise en compte par les plans d'aménagement urbain obligeant les opérateurs des télécommunications à utiliser des parcelles à usage d'habitation.

En tout état de cause, Hadja Fatimata Ouattara a rassuré que le gouvernement travaille à l'adoption d'un document de planification pour encadrer toutes ces questions.

Les députés ont encouragé l'exécutif à être au diapason de l'évolution technologique et à établir la confiance entre populations et opérateurs de téléphonie mobile.

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