Burkina Faso: Gestion durable des terres

12 Novembre 2019

La Coordination nationale de l'Initiative de la grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMSS) a organisé, du 4 au 8 novembre 2019, une caravane de presse dans la région du Plateau Central.

Cette sortie a permis aux journalistes de visiter des réalisations faites dans le cadre de la mise en œuvre de l'IGMVSS en vue de vulgariser les bonnes pratiques en matière de gestion durable des terres au Burkina.

Dans la nouvelle dynamique de rendre ses actions visibles sur le terrain, la coordination nationale de la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel (IGMVSS) a organisé, du 4 au 8 novembre 2019 une caravane de presse dans la région du Plateau central, pour visiter les réalisations faites dans le cadre de la mise en œuvre de l'IGMVSS.

Une trentaine de journalistes venus des régions du Centre, du Centre-Nord, du Sahel et de l'Est ont sillonné les communes de Ziniaré, de Zitenga et de Dapelogo pendant la période pour découvrir différentes techniques de récupération des terres dégradées et de préservation de l'environnement.

Les caravaniers se sont d'abord rendus à la ferme agro écologique de l'Association interzones pour le développement en milieu rural (AIDMR), située dans le village de Betta à 30 kilomètres de Ziniaré. Bâtie sur un vaste terrain (5 hectares), la ferme comprend un Centre de formation à l'agro-écologie alliant théorie et pratique, des habitats et une zone d'élévage.

Pour le coordonnateur de l'AIDMR, Ablacé Compaoré, elle est destinée à l'expérimentation des techniques enseignées au Centre.

Ainsi par le Zaï, les demi-lunes, les cordons pierreux, l'andropogon et surtout la plantation d'arbres fruitiers, le terrain sans couvert végétal, à la création de l'association en 2000 est aujourd'hui un exemple de réussite qui oblige les paysans à emboîter le pas.

Des mangues, des papayes, des goyaves, et bien de produits maraîchers y sont récoltés en permanence grâce au forage et un château alimenté par le solaire.

Les retombées sont réinvesties dans la ferme et en soutien aux membres de l'association pour vulgariser des pratiques dans leurs localités respectives (Kaya, Léo, Ziniaré, Kongoussi ... ..).

De l'avis de celui qui était qualifié de fou par les habitants de Betta, à ses débuts, l'agro écologie associe agriculture élevage et plantation d'arbres, mais elle n'est pas une simple technique de production : « C'est un mode de vie qui induit impérativement des changements de mentalité et de comportement afin de collaborer avec la nature tel qu'elle est composée plutôt que de vouloir supprimer une vie pour permettre à une autre de bien se porter ».

L'épaisseur de vie qui donne au sol sa fertilité, fait savoir Ablacé Compaoré, comprend différents éléments vivants qu'il faut se garder de détruire. L'agro-écologie s'oppose à la pulvérisation du sol par des produits chimiques visant à éliminer des vies d'espèces végétales ou animales.

La régénérescence naturelle assistée

Après Betta, c'est le village de Komnogo qui a accueilli les caravaniers pour la visite de la mise en défens de Saïdou Oudédraogo.

Située dans la commune de Zitenga, ce site de 6 hectares clôturés et répartis en deux terrains de 3 ha chacun constitué principalement de pierres et considéré comme impropre à l'agriculture par la famille est devenue une forêt comprenant une soixantaine d'espèces végétales.

Cela grâce aux efforts de son propriétaire âgé de 63 ans qui y travaille depuis 2010. En plus de la plantation d'arbres utilitaires, celui qui se fait appeler couramment « Le jeune » met l'accent sur la régénérescence naturelle assistée d'une technique qui consiste à tailler les plantes pour leur permettre de profiter davantage de la sève nourricière et prendre de la hauteur.

La vente des cailloux sauvages et les produits forestiers non ligneux sur le site lui rapporte entre 300 000 et 500 000 F CFA d'économie par an, hormis les divers profits qu'en tire sa famille. Sans oublier les réserves de pâturage qui permettent de nourrir les animaux tout en les gardant sur place grâce à la clôture.

Pour « Le jeune », son attachement à la nature, et le plaisir de faire ce qu'il aime sont les seuls déterminants de son activité.

« Quand je suis ici je me sens mieux, ce qui fait que j'y passe le plus clair de mon temps. C'est devenu mon bureau, et chaque jour je fais ce qui doit permettre à la ferme de présenter une bonne physionomie et aussi me faire de l'argent », a-t-il indiqué.

La visite des réalisations de l'Association inter-villages zoramb naagtaaba (AZN) situées à Guiè dans la commune de Dapelogo a mis fin à la tournée de cette caravane dans le Plateau central.

Vieille de 30 ans, elle est un regroupement de 11 villages et s'illustre dans les techniques de bocage, un aménagement où champs, prairies et habitations sont séparés par des haies d'arbres et des bosquets.

De la cellule d'aménagement foncier à l'encadrement technique et l'équipement rural en passant par le Centre de formation des aménageurs ruraux, la ferme-pilote de Guiè a su intégrer la sauvegarde de l'environnement dans l'agriculture sahélienne au Burkina Faso.

Le directeur régional en charge de l'environnement du Plateau central, Louis Ouédraogo, s'est réjoui de cette sortie.

« Les actions de l'IGMVSS restent peu connues du grand public et cette caravane va permettre d'améliorer la visibilité, et surtout contribuer à la vulgarisation des bonnes pratiques en Gestion durable des terres (GDT), a-t-il expliqué. Un théâtre forum sur la préservation de l'environnement s'est aussi produit à la place de la gare de Ziniaré.

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